FAITS DE LEGENDRE
norrhagie plus ou moins ancienne. J'ai, dans ce moment môme, dans la première salle de mon service, un malade affecté en même temps de blennorrhagie urétrale simple (inoculation négative) et d'un chancre induré de la lèwre supérieure, avec engorgement indolent des ganglions sous-maxillaires; affections concomitantes, mais indépendantes l'une de l'autre.
Je ne citerai plus qu'un autre fait de ce genre, fait souvent cité et opposé à ma doctrine; c'est le fait publié par M. H. de Castelnau pour prouver que le pus de la blennorrhagie s'inocule à l'égal du pus du chancre.
Il s'agit d'une femme qui, en même temps qu'elle avait des flueurs blanches, portait aussi sur le bord libre de la grande lèvre une ulcération, et une autre ulcération sur le col utérin. On fait deux inoculations avec le pus de l'ulcération de la grande lèvre, et l'une de ces inoculations produit la pustule chancreuse. Rien de bien étonnant jusque-là. Mais on va chercher dans la cavité utérine delà matière blennorrhagique avec laquelle on fait aussi deux nouvelles inoculations dont une devient également positive. D'où l'on ne manque pas de s'écrier : Vous le voyez, pus du chancre, pus de la blennorrhagie, c'est tout un, l'inoculation le prouve !
Inoculation mal faite, mon cher ami, résultats très-logiques, très-peu surprenants ; carne voyez-vous pas clairement que cette femme avait deux chancres, et que le pus de la blennorrhagie, si blennorrhagie il y avait, était certainement mêlé au pus du
chancre du col? Cette histoire, dont on a fait grand bruit, n'est qu'une démonstration nouvelle de mes opinions.
En voilà assez, ce me semble, pour vous prouver combien sont fréquentes et insidieuses les causes d'erreur en pareille matière, et pour légitimer mon scepticisme à l'endroit de certaines observations.
Mais je ne dois pas oublier que mon savant confrère de Lyon m'attend toujours avec cinq observations qu'il oppose à ma doctrine. Je dois d'autant plus y revenir, que ces cinq observations avaient suffi pour convaincre l'esprit sévère et réservé de Legendre.
D'abord, ainsi que je vous l'ai déjà dit, une de ces observations est à éliminer, car le malade qui en est le sujet avait eu des chancres antérieurs. Restent donc quatre cas de blennorrhagie simple suivis de syphilis. Mais de ces quatre cas je me permettrai encore d'en éliminer deux, car M. Baumes n'a pas pratiqué l'inoculation; ces cas doivent donc rentrer dans la catégorie nombreuse de ces blennorrhagies pour lesquelles il n'y a pas eu de diagnostic rigoureux. Un fait remarquable, que vous me permettrez de noter chemin faisant, c'est que M. Baumes, qui assure avoir inoculé la plupart des malades qui se présentaient à lui, soit précisément tombé sur deux blennorrhagies syphilitiques, pour le diagnostic desquelles il s'est privé du précieux secours de l'inoculation. Nous en sommes donc réduits à deux autres cas où l'inoculation a été pratiquée avec résultat né