CHAPITRE DIXIÊBIE
d^oîr le désagrément d*étre obligé de tous dire au sujet de votre inexactitude comme traducteur de textes latins, après avoir mis le doigt sur cette plaie et signalé les contre-sens qui émaillent votre brochure, je suppose, dis-je, que je conclue mon chapitre par ces mots : — • Le Révérend Père Oratry n'a jamais, en aucune circonstance» commis d'erreur dans les traductions qu'il nous donne des lettres des Papes et des actes des Conciles. • — Vous avouerez, je pense, vous, et tout lecteur sensé, que si Jean Loyseau s'exprimait de la sorte, après la discussion qui précède, ce serait une preuve qu'il n'est pas infaillible, ou bien qu'il parle de choses sérieuses avec une grande légèreté.
Pour mon compte, si, dans un de mes écrits, on surprenait une contradiction de cette force, je vous assure que je me croirais positivement fou : parce qu'on ne pousse pas si loin, même une méchante plaisanterie.
Or, mon cher Père, ce mauvais compliment que Je pourrais mériter, sans que la terre cessât de tourner, vous ne vous doutez pas que si votre argumentation était fondée, il faudrait, ce qui serait bien plue grave, l'adresser en toutes lettres aux Conciles œcuméniques que vous nous avez cités. Et si cela vous étonne, écoutez-moi bien, et vous-même Valiez voir.
Commençons par la VI® Concile» qA fwt^ selon vûttj«coadaiiiné « comme JPape « le paaUfe SoiM>rj(tt$* pour crâne foimel d'iiéréaja, c'âaU4ndîne i^m* a^vâlr m[iSÊit»k€ommff iPt^tf (pajEteiti eop iMttkedanO^ iufie'erreur contre la foi.
Mais, mon pauvre Père, tous n'avez donc pas ouvert les actes du III® Concile de Ck)n8tantinople, et vous ne les avez lus ni en grec, ni en latin, ni en français ?
Ne savez-vous donc pas que lorsque les légats du pape saint Agathon vinrent présider ce Concile, ils apportèrent une lettre du Souverain Pontife, lettre lue avec acclamation devant lés Pères, consignée et transcrite dans les actes de ce même Concile, auquel elle servit de règle, et qui en suivit les prescriptions de point en point? Et faut-il donc vous apprendre, ou rappeler à cette mémoire si fidèle qui possède si admirablement tous ces textes, que cette lettre du pape saint Agathon, proclame que, € avec le secours de Jésus-Christ, TEglise apostolique de Pierre, c'est-à-dire, l'Eglise de Rome, ne s'est jamais détournée du chemin de la vérité, pour embrasser une erreur quelconque, et, toujours toute l'Eglise catholique de Jésus-Christ a accepté son autorité comme celle du prince de tous les Apôtres, comme tous les Conciles généraux ont embrassé sa doctrine ^ >
Mais, dans votre hypothèse, mon cher Père, comment le Pape eùt-il ptt écrire de telles paroles, sans
1 . « Cujus (Redemptoris) annitente prœsidio, haec apostolica ejus (Pétri) ecclesia numquam a via yeritatis in qualibet erroris parte deflexa est : cujus auctoritatem^ ut pote apostolorum omnium principis, semper omnîs catholica Christi Ecclesia, et uniyersales synodi doctrinam amplexi sunt* (Acta conciliorum, etc ; Parisiis, en tjpographia regia ; T. 3, col. 1079). »