CHAPITRE XL
Où il est AéBKmtcê que le p£^ Honorius fut cosïàBxané pour les péchés d'autrui. — On explique comment cette con— damnation fut possible, et on termine par une réflexion pratique regardant toutes les époques, et reiatiTe aux gouvernanents qui font des dogmes et aux év^iies qui ont la 1»oaàoiiii« 4e les y inviter.
Je crois, avec presque icmt le monde, mon Père,, qtie dans la questkm du monotfaèfisme, le pape Hono« rras s'est en effet tnmipét mak je creis anssi^ arec l^nanimité des théologiens catholiques, qxre soB erreer fat une erreiir.de ftdt ; et les fiaits, eonmie je roms Fai dit, sont nn terrain où ni Paf^ itî Ck>nciles ne sont infaiHibies, quand ces faits n'ont «vec le dognfte atiCBse connexion réelle. Honorius se tfonypa donc sur les intentions de Sergius, et il lui était difficile d^échapper à ce piège tendu à sa bonitô toi. Dans TopinioTi d'auteurs fort respectables, il se trompa encore, oo pour mieuK 4ire, ftit trompé s«r te véritable état des choses «n Orient, t* commcïicait à poindre rerreur monothéiite,
îl ne faut jamais perdre de V4*e, «quelle soit, d'ail* lettrs, le système qu'il plaise d'adopter, qmi était, â eette époque, l'état des Idées et des^esprits. Rappelons
124 LE CHANT DU GYGNB GALUCAN.
en deux mots ce qui s'était passé avant le pontificat d'Honorius, pour arriver à comprendre le raisonnement de ceux des auteurs catholiques qui admettent l'existence ("es deux lettres de ce Pape, sans recourir au système des interpolations ; thèse qui, du reste, peut parfaitement se soutenir, et qui, comme nous l'avons dit, est assurément la plus facile.
Deux hérésies, non encore parfaitement . éteintes, avaient désolé TEglise : — le nestorianisme , qui admettait en Jésus-Christ deux personnes, l'une humaine, l'autre divine, et dont la doctrine impliquait, évidemment, deux opérations et deux volontés en Notre-Seigneur ; — l'eutychianisme, qui n'admettait en Jésus-Christ qu'une seule nature résultant en quelque sorte, de l'union de la nature divine et de la nature humaine, et dont la doctrine devait aboutir à la croyance d'une seule opération, d'une seule volonté. — Or, lorsque Honorius fut informé par Sergius des discussions. qui régnaient en Orient, au sujet d'une nouvelle doctrine, le monothélisme, dont le principe était l'admission d'une seule opération, d'une seule volonté en Jésus-Christ, il fut effirayé des suites que pouvaient avoir les ardentes lattes théologiques aux^jnelles on recommençait à se livrer, et il craignit avec raison que leur prolongation ne rejeta les uns dans le nestorianisme, les autres, dans Teutychianisme. — Les expressions d'wne ou deu(e opérations, dont on se servait, lui paraissaient des expressions nouvelles, et il se mit à penser qu'en faisant entrer dans l'enseignement ou dans l'exposition de la doctrine catholique le mot une opératîoni