‹ Lettres sur la vie d'un nommé Jésus (volume 2)Chapitre 103 sur 180 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

on arriverait à l'eutychianisme; et qu'en employant l'expression rf^wo?* opérations, on courait risque de tomber dans le nestorianisme. Les termes une ou deux opérations en Jésus-Christ, pouvaient être obscurs pour beaucoup d'esprits, et pour le sien en particulier ; car il faut se rappeler qu'à cette époque, la science anthropologique et christologique n'avait pas atteint ce développement qu'elle a pris depuis. Il trouva donc un grand danger dans l'emploi de ces expressions, et crut que leur sens n'était pas suffisamment fixé pour qu'on pût autoriser les fidèles â s'en servir. Pensant, en outre, qu'on ne les avait mis en usage que depuis peu de temps, il jugea prudent d'en conseiller la suppression, pour s'en tenir à la profession de la vérité, exprimée sans les mots qui faisaient l'objet du débat. Et telle fut, sans aucun doute, la raison qui lui fit écrire à Sergius : € C'est une chose inepte, — ineptum est; — (parce qu'il y voyait de dangereuses conséquences), de penser et de dire (sentire etpromere) que Jésus-Christ a une ou deux opérations ^ »

C'est que, dans sa pensée, le terme, une opération, pouvait conduire, et conduisait en effet, à ne reconnaître qu'une nature en Jésus-Christ ; et que celui de deux opérations , pouvait amener à admettre deux personnes en Jésus-Christ. — • Que personne n'entreprenne donc, disait-il encore à Sergius, d'en-

1 . Il est clair que nous raisonnons ici au point de vue de racole qui admet Tentiôre authenticité des lettres d*Honorins, point sur lequel nous faisons, dès ici, nos réserves.

sdgner une oudeux (qifa^tkms dans leObeist, dm mx>ment où ni les Conciles, ni les Autocités caïKmiqiies n'ont expliqué ces choses que ni les Evangiles, ni les lettres apostoliques» ni l'examen des Conciles nV>nt déterminées avec précision : € Que» neque S^smodales ap<- » ces super hoc examinantes, neque Auctontatescano» » nicas vis» sunt explanasse, ut unam vel duas » energias aliquls prsBsumat Christ! Dei jjnrssdicare, » quas neque Evangelicse, vel Apostolicœ litera», » neque Synodalis examinatio super his vis» sunt » terminasse. » — En résumé, Honorius ne voulait certainement pas définir la question des termes « opération unique ou double, » parce qu'Ole oe hiî paraissait pas suffisamment éciaircie; et croyant qiie ces termes pouvaient être entendus dans un sens nestorien ou eutychien, il les supprimait toiK» les deux, pour s'en tenir à la profession de Ibl catholique, d'un opérateîtr, Jésus-Chr»t, dont les deu» natures opèrent chacune ce qui lui est propro af«o la participation de Fautre.

Il est donc évident que, dans sa conduite, Hoaortits n'eut pas à se reprocher d'erreur contre la foi, puisqu'il ne rejetait que des mots dmit la portée ne lui paraissait pas claire, et dont ie vr Concile ^sca» ménique ne devait déterminer it^^ pl^^ tardie Met» et la portée, et, qu'en même temps, il professait la vérité exprimée par ces mots.

Ainsi, en raisonnant même dans l'hypothèse — qui n'est pas la nôtre, — que le pape Honorius futcoupaUe dans la question da mouothélisme, il ae le fat que d'avoir ^oit XHie lettre purenwrt tnlMîiÉRtpattya»

0t fo Jeoto espreffiioa •9s'«€b omisse lu refrocàer, mm pQÈBà te yn» ^d^amtiqiie, c'est eeHe qtot traite dïn^fK f»^ le tecme diine ou d^n: ^volomtés appliqué à Notre* ietgnew JésnifrObrist i imôs nous y^^ums de ¥oir (pant ce mot n'avait aucun sens dogmatique dans la èsttre^ dVcnorivsL

«OaaiEt à vovs, aiim ctarar Père, ye«s pouYcz,^ hem tous awrifcle, Mmîner contre hui persoBoa^ la même eMQBfflmiiicatk» <j^ celle dont voofô ayez fra^ Mgr Manoaliif ; maâs jaème réduit à ces tomes, qui sont Ies^«rarais, M aows est srapossifele de trôner daas cet acte d^adasaistiattion, la moindre trace dliérésie fcTBséHe, et de ptas âneus est aicore dtfâdle de qua- Ufler d'ioqmJieDt» tsar oe feint, te pape Hooocîiis; ce cpii «xpUque «t justifie ia thèse du cardinal Baro&ius.

Cest une eoutunie ^es scmyerains Pontifes, et ime coatcme ?M»-8afe de ste pas se ixAba* de âéâsiir ks^ points centroversès quand ia oeriitude ne leur apfoi'rattf as mifëère. C'est encore une autre coutim» àm^ grande pnHl^Qce, lorsque l'aigreur des disputes, ou l^efiaportement des partis, fait craindre <¥B)ek|i]Ud graye^ dâsordre "dans l'Eglise, d^us^ de la toute-puîssaoce pastorale pour imposer silence aux deux camps. Nous en ayons ^e nombreux exemples; et sans rappeler lesaïîcîens, nous nous souyenons qu'il y a peu d'année» encore, S. S. Grégoire XVÎ, yoyant que, je ne sais quelle question relative à la coulpe du péché, jecroîs, commençait ià «'Bnyenimer entre les Révérends PIrw de la Société de Wsus et le Pèsre Rosœmi, «t que les écrtts Hhdessus, «n peu aigres de part «t d'autre, tendafent* se répaiwto^e et à produire quelq^e^

scandale, imposa tout bonnement silence aux uns et aux autres, quoique son opinion personnelle fut favorable à Rosmini, jusqu'à ce que la question, ayant été plus et mieux étudiée, ait été résolue par un jugement définitif.

Comme le Saint-Père, cette fois, avait afi&ire à de saintes gens, le résultat de ses ordres fut de produire effectivement le silence, et, à la suite du silence, la paix. Nous croirions faire injure à votre connaissance de l'histoire contemporaine en vous rappelant encore ce qui s'est tout récemment passé sous le pontificat même de Sa Sainteté Pie IX, à l'occasion de querelles philosophico-théologiques qui s'étaient produites en Belgique ; querelles que, dans des circonstances matérielles presque identiques àxelles où se trouvait le pape Honorius, notre Saint-Père crut devoir éteindre par la même injonction. Et, ici encore, l'humble soumission des partis donna raison à la prudence pontificale, et rendit utile la loi du silence prescrit. Mais comme le pape Honorius se trouvait en présence d'un ^ Grec et d'un Grec hérétique, ses ordres ne furent point exécutés, et sa lettre produisit l'effet contraire à celui qu'il en avait attendu. Toute la faute en doit donc retomber sur la désobéissance et la fraude de l'hérésiarque, et le Pape ne peut être raisonnablement rendu responsable de l'effet occasionné par la révolte et par la trahison.

Son crime fut de n'avoir pas été obéi : et, ceci soit dit pour votre édification, mon Révérend Père, c'est à l'insoumission de Sergius qu'est due la résurrection actuelle d'un scandale vieux de douze siècles, comme

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