CHAPITRE ONZIÈME
lui est due sa triste naissance. Et môme, si l'on n'y prend garde, ce serait aux rebelles de' notre temps à rendre compte à la postérité des malheurs de l'avenir. On n*a jamais impunément résisté aux lois de TEglise mère, et que Dieu nous préserve des nouveaux Sergius!
Si les Patriarches de Constantinople se fussent conformés aux prescriptions pontificales, l'Eglise compterait bien des hérétiques de moins et, sans doute, un saint de plus ; tandis que la révolte n'a enfanté que le mensonge, inévitable progéniture de Terreur.
Nous aurons occasion de revenir sur ce sujet; mais pour le moment je me bornerai à vous rappeler rhistoire telle qu'elle est, pour expliquer, à vous et à tous, la possibilité de la condamnation d'Honorius, par le sixième Concile, et la sévérité de cette condamnation.
Quarante-deux ans s'étaient écoulés depuis la mort du vénérable Pontife, quarante-deux ans pendant lesquels le schisme et Terreur, après avoir envahi le siège de Constantinople, avaient infecté jusqu'au tr6ne des Césars. Le silence, conseillé par Honorius, avait été imposé par Tévôque rebelle; mais non à tous, comme le Pape le voulait. L'empereur avait couvert Thérésie naissante des plis de son manteau ; etHéraclius avait tout d'abord promulgué l'écrit impie de TEcthèse febriqué par Sergius et prescrivant le silence en effet ; mais en réalité, ne l'imposant qu'à la voix seule de l'orthodoxie et de la vérité.
Après TEcthèse, vient le Type, toujours prescrivant le silence, et toujours dans le but de favoriser Terreur : cette pièce, œuvre d'un autre patriarche hérétique, est
130 LE CHAUT Htt CTona QALLICAN.
^CCTiimig^ée, eett& foi», àe^ rampesOTr Goastant^ eâa pcMoor objet d'étottâer la foxoà^ taiàtoikpie^ à laqiMlte; mm les, peioee les fkw séw^res^ il est AMéi^ cl» ae £iire entoidre. Les aoUbs gcbizf» q«i cottfaWfienAâAt & ces ordres ioipies i^îent leur anâM» 4e la prison^ de bt omfiscfttioQ, ée Texil etméme delà nort. Cm le «koiMtbtiJBsme aneat & fiât dea mar^^»^
Or» quand» a^nrè» pràs «Tua demi sîède ôtt semU»* Mes luttes et d'une oppr esirioo. si doulotoreose» le cettholiciâme put resfÂFer enfin ; quand sous la pvatee*iioA d'un autre empermir eonrerti» le ¥!• Cotteile tiSsnm^kiite eût à se réunk* dans lar pfeénitnde èe sa Iib«*té; quand les Tieux sectateurs de Vbétéiiermnei exposer ^ux Pères réunis qui,, ponr la plupart, aimast si erudlement souffert de cette Im du silence» 1» texte d'une lettre» même administratlye, du pape Henorisis» inconnue à Rome, mais extraite» quarante ans x^rèet la Dftort de ce Pontife, de la poiHBsière des s»rdiives> lot-*, tre preseriTant» elle aussi», ce silence devenu si juste** ment odieux; quoi de surprenant qu'à cette leetore» enridiied^ commentaiares d'un hérédsffquAfoa s'en prévalait, ils se soient letés aussi contre eUe> ek aient prononcé Tana^ème contre son auteur I
Nous Favons dit» à cette époque tout ce qui étant contre l'ordre établi dans riSgUse était quafiâéélé^ résie : ce mot aratt un sens tout [autre et Meo plus large qu'il ne l'a Mipurd'buLOn nommait hérétiques outre les quarto-décimsuits ^ et les sim<miaques,mteie
1 • Quidam Britonum Bomiae tenus hœretisabant de Paschali termine et de aliis paribus ecclesisesticse oi*thodoxitatis institutionilms. Acta sanetorum : vita S. Aklhelim. T» VI, Ma|.
CHAPITRB ONZIÈMS* 13)
cenx QBi us&rpairatle béton pastoral. ^ On étendait t^lement le sens de ee mot» que le pape saint Grégrâre W Omnd S fut contraint dlnterdire qu'en InquiMM jotM prétmte d'hMlsie^ quiconque professait sincère^ ment la foi eatholiqua* Le code JusUnien lui-mèm^ qui est tout à lait TOisin de ces temps> définissant le crime d'hérésie, s'euprime ainsi : t Sont compris sous 4àiomination d'hérétiques et passibles des peines portées contre eux, tous ceux qui]seront reconnus dévier du sentier et des jug^sientsde la religion catholique, mémo sur le point le pluê léger ^. Quoi d'étrange, di*sons-QOtts» que sous l'empire des impressions récentes 4iue le monothéliame avait produites, et les blessures qu'il avait faites à l'Eglise étant encore à peine <âca*catrisées, qaoi d'étonnant que les Pères du Concile, à la vue de ce mot ennemi et de la qualification blessant qui était donnée à une expression conquise à ù grand prix» se soient écriés : Anathème à Vhérétique Honorius l
Faudrait-il vous ap|Hrendre^ mon P^e, qu'une des règles de la saine critique consiste à prendre les mots dauB le sens qui leur est donné à l'époque où (Ma s*ea sert? Nous vivons daact im temps cependant, ou peu d'années suffisent pour faire passer une expression de Fétat de louange à l'état d'injure» ou du sens de