‹ Lettres sur la vie d'un nommé Jésus (volume 2)Chapitre 110 sur 180 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

son Ecthèse. Vous vous attendez bien à ce que cette Ecthèse va contenir une mention de la lettre du Pape, fevorable à son erreur, et vous avez raison de vous y attendre ; mais votre attente et la mienne seront déçues et TEcthèse paraîtra sans qu'il y soit fait men" tion même une fois du nom d'Honorius.

Sergius était donc fou, lui aussi ? Cette Ecthèse est composée en Tan 636, du vivant du Saint-Père, ainsi qu'il résulte d'une lettre de Tempereur Héraclius au pape Jean IV, et on attend, pour lui donner les honneurs de la publicité, la mort du Pontife, aujourd'hui accusé de fomenter cette hérésie (638). Avouez, mon Père, que ce silence de l'Ecthèse, et cette précaution de ne la publier qu'après la mort de celui, qui du haut de son autorité suprême, < suivait • comme vous dites si bien « en tout point la môme doctrine » que Sergiu3> ce silence et cette précaution sont> dans votre hypothèse, complètement inexplicables. Ce silence, selon moi, démontre de deux choses Tune : ou que les lettres d'Honorius (634) ont été interpolées plus tard, ou, si elles étaient dans le sens de Sergius, que Sergius en n'en faisant aucune mention, était devenu complètement fou.

Et de trois !

Mais, Honorius étant mort, voici l'hérésie monothélite qui éclate. On l'avait couvée jusqu'à cette heure, absolument comme si on eut redouté l'intervention de celui « qui suivait en tout point cette doctrine. » On attend pour publier un écrit conforme à ses prescriptions que < le plus solide appui du monothélisme, » (c'est vous qui parlez), soit descendu

dans la tombe, et à cette conduite, déjà si étrange, du patriarche, il faudra Joindre celle non moins inexplicable d'Héracltus.

Jean IV occupe la chaire de saint Pierre ; Il continue noblement la latte que lui ont l^ée ses prédécesseurs , contre le monothélisme et TEcthèse : rempereur incriminé lui répond, et dberche, — Sergius étant mort très-peu de t^nps après Bonorius, à trouver des excuses. Si les lettres du Pape, « m* vaut en tout point la même doctrine » sont entre ses mains, la défense d'Héraclius n'est certes pas bien difficile. Héraclius, accusé d'hérésie, n'ayait qu'ose chose toute simple à faire; mais si simple! c'était de répondre à Jean IV en ces termes : « Vous êtes charmant, ô 8aint-Père, de m'ieiccuser d*hér6sie pow un acte d'obéissance quo j'ai fait à votre prédécesseur, Ifonorius de sainte mémoire. Que ftproehezvous à mon Ecthèse? d'avoir imposé sîleaoe sur r«nique ou chuble opération f Mais daignez remarque*» je vous prie, que ces mots sont textuellen^nt extraite de la lettre de ce même prédécesseur, le pape Hoao« rius, et j sont qualifiés d'ineptes ; lalsseB-aotts d(^ tranquille, TEchtèse de Swgius et moi, et a vcw» Avouiez poursuivre quelqu'un, eh bien ! accusez Heoorius lui-môme, dont nous n'avons fait que suivre les ordres avec la plus entière soumission. »

Les Grecs n'ignoraient pas le genre d'argument qu'on appelle ad hominem^ et vous penserez bien que, celui-ci étant si bon et si commode, HéracUus ne va pas manquer de s'en servir. — Erreur, mon Père; l'empereur se contente de répondre en s'excusant de

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