‹ Lettres sur la vie d'un nommé Jésus (volume 2)Chapitre 111 sur 180 · CHAPITRE DOUZIËSIiB · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIËSIiB

mn mieux : « L'Ëctkèse n'est pas mon œuvre : elle n'a pas été éorite par mes ordres ; c'est Sergius qui l'a composée, il y a plus de ânq années^ et c'est lui ^ui m'a demandé qu'elle fût publiée en mon nom. »

D'Honorius et de ses lettres « suivant en tout la même doctrine » pas un traître mot. Avouez, mon Père» qu'ici encore la conduite de l'empereur hérétique nous autorise à poser le dilemme : ou bien les lettres d'Honorius n'étai^it pas encore interpolées, et l'on craignait les protestations de témoins toujours vivants, ou bien l'empereur Héraclius était aussi, lui, devenu Ibu.

Et de quatre !

Nous pourrions, mon cker Père, et vous le comprenez très-bien» répéter identiquement notre argumentation au sujet <lu '^yp^ ^^ patriarche Paul, et de riH)probation qui y fut donnée par l'empereur Constant, son père adoptif — quand il y a quelque héréae à produire,^ on trouve toijjours un misérable membre âtt clergé qui llnvente, et un prince qui la patronne, çaânitpar HérodeetPilate; mais ça commence infailliblement par Judas. ^ Nous nous contenterons de signaler la folie de Paul, révéquoi et de l'empereur Constant, gardant tous deux le silence sur le parécieux document des lettres d'Honorius.

Mais oe que nous nie pouvons laisser passer sans remarque, c'est le petit épisode que voici :

Pendant le temps que florissaient le Type et les moyens de persmwîon anodins mis en usage pour le dire accepter au monde chrétien, la coflnscation, l'exil et la mort, vivait un saint, saint ..Haxime, qui

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devait lui-même payer de sa vie son inébranlable attachement à la foi. Ce saint connaissait la lettre du pape Honorius, cette lettre dans laquelle ce Pape € suit en tontes choses la doctrine de Sergius, > et où nous trouvons aujourd'hui, la disposition qui engage les deux partis au silence. Or« à cette même époque, voilà qu'un évêque monothélite. Théodose de Césarée, s'efforce d'amener le courageux et orthodoxe confesseur de la foi, Maxime à « recevoir le Type de Constant, qui impose» dit-il, le silence par amour pour la paix. »

Saint Maxime va se trouver dans une situation bien délicate, mon Révérend Père ; mais écoutons ce qu'il va répondre à la demande de son solliciteur : « Quel fidèle recevra donc une disposition qui condamne au silence des ^expressions dont notre Dieu à tous, à confié la prédication aux docteurs, aux prophètes et aux apôtres ? * »

Une pareille niuveté en semblable circonstance lui eut assurément attiré de la part de Théodose la réponse que voici : — Celui de qui cette disposition émane; mais t'est le vicaire de Jésus-Christ!

Spectacle étrange! voici deux hommes qui semblent jouir de leur bon sens, l'un Théodose de Césarée, et l'autre saint Maxime, qui discutent ensemble, connaissant l'un et l'autre la lettre du pape Honorius, telle qu'elle eocistait encore de leur temps^ et ni l'un

1. Quisnam vero fidelis dispensatlonem recipiat eas yoces silentio damnantem, quasi uniTersorum Deua per apostolos, •tprophetasatque doctores loquendos dispensavit? — S. Maxim. Op. Edit. Combefis, Paris, 1175, T. I. P. XLIX.

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