CHAPITRE DOUZIÈME
paa à pas ; q^ànd on possède un semblable dossier» il £aut en étudier avec soin toutes kft pièces.
Aussitôt après la mort d'Honorius (octobre 638)^ Sergius, comme nous l'avons dit, fait, dansnn conciliabule, approuver son Echtèse, et la fait publier par Héraclius. Quelques jours après, il meurt lui-même, et va rendre à Dieu compte de ses crimes (décembre 638). Au mois de janvier suivant, le patriarche hérétique Pyrrhus lui succi^de (639). C'était un des conjurés monothélites qui étaient convenus entre eux que leurs successeurs devaient souscrire TEcthêse impériale, avant d'obtenir l'approbation de César. Quelles pestes que ces immixtions de l'Etat dans les affairée spirituelles ! c'est ainsi que, peu à peupla servitude s'infiltre dans les veines de l'Eglise, et que la liberté meurt.
Jean, IV succède à Séverin (décembre «640) et, comme: son prédécesseur, il condamne l'Ecthèse. Ce fat alors que, pour la première fois. Ton prononça, sans toutefois qu'on produisit ses lettres, le nom du pontife Honorius, comme favorable à l'hérésie monothélite; mais les témoins étaient encore vivants, et, sur leur témoignante, voici que Jean IV écrit à* l'empereur et au monde catholique, une longue apologie, dans laquelle il se plaint que Pyrrhus ait mis, avec ce nouveau dogme, tout l'Orient en feu ; et où il ajoute ces paroles remarquables, que je vous engage à lire , avec attention, et à méditer, mon Révérend Père, car l'évidence est là. Voici comme Jean IV parle de l'hérétique Pyrrhus : Il ose, dit-il, « interpréter dans son propre sens la pensée du pape Honorius de sainte
mémoire, notre prédécesseur, et lui prêter des intentions complètement étrangères à celles de ce Père catholique^, I
Vous en penserez ce que vous voudrez, mon cher Père; mais malgré le témoignage de Pyrrhus, et en présence de celui du pontife Jean IV, je n'hésite pas un instant à dégager le pape Honorius de toute accusation d'hérésie. Jean IV connaissait les faits mieux, même, que vous et moi ; il avait près de lui le secrétaire de son prédécesseur, que sans doute il avait connu lui-même; peut-être avait-il encore les originaux des lettres incriminées; en un mot, c'était incontestablement l'homme qui devait le mieux connaître la situation, ayant sous les yeux toutes les pièces du procès, tous les témoins et toute l'intelligence suffisante pour juger sainement dans l'affaire : et c'est lui-même, le pape Jean IV, qui entreprend l'apologie de son prédécesseur, qui lui donne le titre de Père catholique, qui déclare sa mémoire sainte^ et qui affirme que l'hérésie monothélite était entière'^ ment opposée à ses sentiments, et cela deux ans et deux mois après la mort d'Honorius I
Je vous avoue que pour moi, quand je n'aurais pas d'autres témoins de la catholicité et de la pleine innocence du pauvre calomnié, la déposition de Jean IV me suffit et surabonde. Je ne saurais où chercher un juge plus compétent et plus instruit.
1 . Ad proprium sensum, quasi sanctse memoriœ Honorium papam decessorum nostrum attrahere festinante, quod a mente catholici patris evdXpenitus aîienum, (Ep. Joan. F )