CHAPITRE DOUZIÈME
afin de diminuer l'effet produit par les condamnations pontificales y il était, dis-je» très-important pour eux, d'essayer de trouver uuq appui dans l'Eglise romaine elle-même, et de combattre l'autorité des Papes, par la parole d'un autre Pape. C'était vers ce but que devaient tendre tous leurs efforts et toute leur fourberie, et leur pensée se tourna naturellement du côté d'Houorius» et sur les fameuses lettres à Sergius» dont le monothélisme avait déjà voulu détourner à son profit, mais sans succès, la catholique doctrine sur l'unité de volonté humaine en Jésus- Christ ».
Il y avait d'ailleurs, 42 ans qu'Honorius était mort. Les réclamations devenaient difficiles ; et avec l'habileté grecque, cette habileté qui falsifia les actes du V* Ck>ncile, on pouvait faire beaucoup ; — on le fit en effet.
Et ne perdez pas de vue, mon Révérend Père, que ce beaucoup consistait en bien peu de chose, à ajouter, comme je vous l'ai dit, les petits mots : ou d,eux. Il n'en fallait pas davantage, et la tentation devait être bien forte pour des faussaires.
Jusqu'à la douzième session du YP CoAcile, on n'avait encore entendu parler que d'une lettre d'Honorius à Sergius. Voici qu'à ce moment une seconde apparaît, lettre trouvée, dit-on, dans les archives de l'église de Constantinople, par les soins d'un diacre, Tarôhiviste Georges (Georgius Chartophylax) ; c'est lui qui rencontre cette deuxième lettre à Sergius,-
1* V. dans les Œuvres de saint Maxime, la Discussion orec Pyrrhus.
ignorée jusque-là. *. — Cette lettre^ vous en eonviendrez, laisse bien quelque chose à désirer au point de yme de Tautheaticité.
Quant à la première lettre d'Honorius, qui fut remise nu Concile par l'hérétique Macaire d'Antioche ', elle avait été produite comme à regret et par eoatrainte, ce qui fait craindre qu'elle ait été retoudiée pour les besoins de la cause. — Montrez-nouB les autorités sur lesquelles vous croyez pouvoir yo«i8 a^ puyer, avait-on dit à Macaire (6' session); -^ et ce fut alors que celui-ci apporta la pièoe assaisonnée à rasage du monothélisme.
Ainsi donc, les monotbétttes pour défendre leur erreur, devant les Pères de Constantinople, ont produit des lettres dHonorius touted neuyes et d'wse authenticité très-discutable* Ils ont su donner à ces lettres l'apparence de l'authenticité ; et le Coft^be, dont la bonne foi fut surprise, eommit sans doute, en les condamnant, une de ces ^reurs de taiU daas lesquelles les Conciles, mêmes généraux, peuvrat tomber, de l'aveu de tous tes théologiens. Sn un MA : la première lettre d'Honorius a été interpolée par lés hérétiques, dans les parties où elle conseille également le silence, à l'égard de l'opération unique oîi double; et la seconde n'a peut-être jamais ^é éedte à Sergius; elle serait alors, dans tioa entier, TidUTre de gens habiles, et habitués à foire sauter la cottpe et À, tricher à ce jeu.