‹ Lettres sur la vie d'un nommé Jésus (volume 2)Chapitre 119 sur 180 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

Tel est, mon Révérend Père, le système qui nous paraît le seul sérieusement soutenable devant une «aine critique, parce que dans ce système tout s'explique en ne s'appuyant que sur des faits absolument incontestés, et sans être obligé, comme pour les autres, de recourir à des suppositions moins probables, ou, comme pour le vôtre, à des absurdités manifestes ou à de manifestes contradictions.

Je viens de vous montrer, mon Révérend Père, par Texamen des faits antérieurs à la célébration du Vï« Concile, la probabilité des falsiflcatfons dont Honorius fut victime, et la certitude morale de son innocence, résultant des pièces mêmes du procès. Il nous reste à étudier le jugement lui-même et les événements qui l'ont suivi; j'espère, après cela, qu'il ne restera pas plus de doute, dans votre esprit, que dans le mien.

J'insiste beaucoup sur ces détails d'une si haute importance, non pas qu'ils intéressent en aucune sorte la question de l'infaillibilité pontificale, puisque nous avons déjà surabondamment rappelé que la lettre du pape Hooorius était un écrit purement administratif, et, par conséquent, ne pouvait, dans sa partie incriwrinëe, ni servir ni desservir la cause de l'enseignement autoritaire suprême; mais parce qu'il est toujours, n'est-il pas vrai, bien doux au cœur d'un fils <}e réhabiliter la mémoire d'un père. S'il votis reste encore un peu d*ainottr pour l'Eglise, vous devez comprendre célé^. Vous devriez faire mieux: applaudir à mes efiforts et m'aider.

Le VI« Concile offrit au monde un magnifique spec-

tacle. Là, l'Eglise et l'Etat se donnaient la main avec loyauté, — chose rare, — dans le dessein de rétablir la paix. Etranger aux discussions théologiques, César présidait la réunion pour veiller à sa défense, la protéger et en faire observer les décrets. Les légats du Pape présidaient dans les régions spirituelles.C'étaieiit des hommes peu habiles dans les sciences humaines, et comme le disait le saint Pontife Agathon, c tels qu'on pouvait se les procurer dans ces malheureux temps, au sein d'une province asservie. Car quelle science peut posséder celui qui vit au milieu des barbares, obligé de gagner son pain dans la fatigue et la sueur ? » Mais si ces hommes étaient dépourvus de l'éloquence du siècle, qui ne peut appartenir à des gens iUétrés, ils y suppléaient par la sincérité de leur foi apostolique \ »

Ces légats étaient au nombre de trois : Théodore et Georges, qui étaient prêtres, et le diacre Jean, le pape Agathon ayant préféré la doctrine aux grandeurs, et l'usage n'ayant pas encore prévalu de donner des titres épiscopaux sans juridiction annexée.

Les légats envoyés par le Concile de Rome étaient venus aussi, comme nous l'avons dit plus haut, pour rendre compte de la foi des Eglises d'Occident, et siégeaient à Constantinople, à un rang inférieur.

Ce fut à cette sainte Assemblée que Ton déféra la cause du monothélisme, et ce fut là que cette hérésie succomba sous la sentence définitive, et sans appel,de l'Eglise universelle, réunie dans le but de définir la

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