‹ Lettres sur la vie d'un nommé Jésus (volume 2)Chapitre 120 sur 180 · Ëpist. Agat. ad Imperat · texte numérisé non relu

Ëpist. Agat. ad Imperat

CHAPITE DOUZIÈME 161

foi catholique sur les points controversés. L'examen des sessions offre un puissant intérêt.

La foi catholique est, en grande partie, historique et traditionnelle ; aussi, les trois premières sessions furent-elles consacrées à la lecture des actes des Conciles d'Ephèse, de Calcédoine, et du premier de Constantinople. Ce ne fut seulement qu'à la quatrième que furent lues les lettres, dogmatiques cette fois, d'Agathon et du Concile, tenu à Rome, de l'Eglise d'Occident.

Je remarque déjà, mon cher Père, dans la lettre du Pape, couverte des acclamations du saint Concile, une phrase qui m'a fait trôs-particulièrement réfléchir ; la voici : t Malheur à moi, » dit le saint Pontife en s'adressant à Tempereur, € malheur à moi, si je néglige de prêcher cette doctrine de mon Seigneur, que nos prédécesseurs ont sincèrement prêchée, > ne cessant jamais de combattre l'hérésie et d'exhorter et de conjurer les hérétiques € de se désister des erreurs de leurs dogmes pervers, au moins en gardant le SILENCE. Ut a pravi dogmatis hœretico errore^ sal- TEM TACENDO désistèrent, • * Je le répète, mon cher Père, ces expressions veulent bien dire quelque chose, et la conduite d'Honorius, traditionnellement connue à Rome, n'est-elle pas, par son saint successeur, désignée avec une transparence très-limpide et appréciée avec une merveilleuse exactitude ?

Daignez y penser un peu, mon Révérend Père, et

1 . Voir la note ci-dessus, relative au silence catholique et au silence monothélite.

Id2 1.B CHANT DV CYGNK GALLICAN,

VOUS tronyerez dans cette petite phrase le réeiue^é de la conduite de tous les Papes, arec leur juste 4lQge, depuis et y compris le pape Hoaerius.

Mais ce n*est pas tout encore. De«Lx hommes tenaient avec acharnement à l'hérésie monothélite; c'étaient Georges de Constantinople, et Macaire d'Antioche. Celui-ci, surtout, héritier des traditicois impies, et plus habile que son collègue, était chargé de citer des textes en faveur du monothélisme et s'acquittait de sa tâche en apportant à la défense de l'hérésie des passages des Pères, que les légats apostoliques lui démontraient avoir été par lui tronqués et corrompus. Car la science grecque ne consistait pas seulement à dénaturer les écrits des contemporains, mais à adultérer même les textes des écrivains morts les plus connus et les plus vénérés. La V® et la Vie session se passèrent dans ces luttes ; et, jusqu'alors, ni Georges ni Macaire ne portèrent en faveur de leur doctrine aucun écrit du pape Honorius : pas même cette fameuse lettre dont l'Eglise entière entendait parler depuis bientôt un demi-siècle.

Dans la Vil* session, les légats ayant proféré les textes authentiques des Pères et des Conciles et la définition du saint pape Agathon, les deux métropolitains rebelles demanîièrent du temps pour y répondre. Georges était sans doute de bonne foi, car à la session suivante (Ville), il se déclara convaincu, affirma professer la foi d'Agathon, et offrit de rétablir le nom du pape Vitalien dans les sacrés dyptiques. Ses suffragants suivirent son exemple, et ce fut un magnifique triomphe pour l'Eglise. Les Pères du Con-

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