CHAPITRE TREIZÈME
d'hérésie agissante, et celui-ci pour sa négligence à les poursuivre et à les condamner.
Il semble que vous ayez pressenti l'objection et ■ que vous désiriez y répondre ; aussi pour prouver que le sens de la première lettre de saint Léon est bien réellement qu'Honorius a été hérétique en plein, et nullement négligent, vous recourez à la seconde de ses lettres, la lettre, également problématique, qu'il écrivit aux évêques d'Espagne, et que vous faites précéder de ces mots : « Voyez si ce second texte contredit le premier! > Voyons ce second texte. « Honorius qui, manquant au devoir de son autorité apostolique, au lieu d'éteindre la flamme de Thérésie, la fomente en la négligeant.,., negligendo con^ fovit. • Et c'est là ce qui prouve qu'Honorius ne fut point coupable de négligence ; mais « d'hérésie agis* santé, effective et coupable ! •
€ Négliger l'incendie qui éclate au centre de la foi... ce n'est pas là seulement un fait de négligence. » (pag. 28) Un fait de quoi est-ce donc , s'il vous plaît, mon Pèret, que le fait de négliger f
Je vous demande un peu ce que, pour démontrer que le pape Honorius ne fut coupable que de négligence et ne fut condamné que comme tel, pourraient trouver de plus décisif en leur faveur les partisans du système catholique qui consiste à dire qua ce Pape ne fut point condamné comme activement coupable d'hérésie ; mais pour en avoir été passive* ment le fauteur ?
Ce sera, peut-être, la lettre au roi Erwig qui va
178 LE CHANT DU CYG^aB GAIXICAN.
expliquer les deuK nutras ; la voLei emâp^ iëA» ^e vous la traduisez :
• Tous les auteurs de x^tte doctriae impie » — suivent les noms — « et avec eux Honorius de Eome qui consentit d laisser maculer la foi immaculée qui lui avait été transmise par ses prédécesseurs. » -^ (P. 29).
Et c'eat là ce qui prouve Thérésie agissante !
Et c'est parce qu*il a ^ laissé faire » (1" lettre)* qu'il a « négligé d'éteindre > (2* lettre) qu'il a € permis » qu'on souillât (3* lettre), c'esfr pour cela que vous concluez avec l'air, d'un triomphateur api^ès une grande victoire :
€ Vous le voyez, Monseigneur, la cause est pom^ tcment jugée. A .moins de rejeter.... la. déclarât ion 4^ Papes, vous voyez que le pape Honoiûus fut condamné pour hérésie, » (P. 30).
Sapristi ! si Mgr Dechamps, n'est pas illuminé après cette dissertation brillante, je ne sais pas ce qifil lui faut.
« Vous voyez que le pape Honorius fut condamné pour hérésie ! » Je vous donne ma parole d'honneur que je ne vois rien du tout. Je vois que tous (Mez l'autorité de deux Papes, Adrien et saint Léon, sur les vingt dont vous savez par cœur les textes. Ceuxci seront, sans doute, les plus forts, et vous aurez voulu les supprimer par égard pour Honorius, ou pour ne pas écraser d'un coup l'hydre de l-ultramontanisme. Je vois que le premier — non en date — • affirme que le pauvre Honorius fut accusé et condiunné par les ^seuis Orientaux dans-^n Concile de