CHAPITRE TREIZIÈME
Si VOUS daignez jeter un regard sur ces légères divergences, et vérifier sur les textes originaux, mon Révérend Père, vous conviendrez que votre version n'est pas brillante. Il s'agissait, pourtant, des textes les plus importants de la cause, puisque ce sont eux qui ont déterminé et qui déterminent encore le vrai sens de la condamnation portée par le VP Concile^ et qui nous font savoir jusqu'à quel point s'étendait, si faute il y a, la faute du pape Honorius.
Quelle confiance voulez-vous que Ton ait en votre appréciation, si vous avez ainsi la déplorable manie de mal traduire, et de consteller de contre-sens les textes que vous alléguez en faveur de votre opinion ? et si vous imitez en cela les fournisseurs de marchandises, quelconques, lesquels, d'après une petite remarque que j'ai cru faire, ne se trompent jamais qu'à leur profit ? Je ne veux pas suspecter votre probité littéraire; mais voyez vous-même jusqu'où peut conduire une aveugle passion, et examinons de sangfroid les trois petits textes qui contiennent la véritable pensée du Saint-Siège, et le vrai sens dans lequel nous devons interpréter le Concile.
Je remarque, d'abord que, nulle part, dans les textes originaux ne se rencontre le mot : Foi, qui se faufile agréablement dans votre texte, et avec une dextérité charmante. Le pape saint Léon adresse donc un reproche à son prédécesseur pour une faute d'administration ; et vous la transformez en un crime contre la foi.
Est-ce de la bonne foi, mon Père ?
Je remarque que ces trois textes, dans Toriginal,
«ont tout-à-fait identiques, quant au sens, et que dans 'iïotre traduction vous trouvez moyen à l'aide d'4in ^tit procédé dont, pour mon compte, j'espère n'user Jatnais, de les faire se contredire 'dans ce qu'ils ontde flus essentiel : et cela toujours dans le but avoué de charger un accusé d'un délit imaginaire.
Est-ce là de la bonne justice, mon Père ? Est-ce 4dnsi que votre parti l'entend ?
Mais entrons un peu dans le détail, et commençons par les plus petits méfaits- Bans la seconde lettre que vous nous citez, en vérifiant sur le texte latin luimême, que je lis dans votre propre pamphlet, pour- <luoi donc, mon Révérend Père, traduisez-vous les tnots : Ut decuit apostolictmi emctoritatem, qui ont toujours voulu dire : comme il convenait à rautorité apostolique, par : manquant au devoir de son autorité apostolique ? Je sais bien que négliger de faire ce qui convient est une faute contre la convenance, mais ce n'est pas précisément c manquer au devoir de sa charge, se montrer traître à la pureté de la tradition, et mériter par là une condamnation étemelle » (P. 28), comme vous nous l'affirmez en guise de précieux commentaire ; que vous a donc fait, oet infortuné Pontife? on dirait que vous avez une dent contre lui. Il faut la Caire arracher, cette dent, mon ^Père.
Mais ce sont là de pures peccadilles.
Voici maintenant ce que j'oserais appeler un véritable péché véniel en matière de grammaire. — Vous seriez bien gentil, mon cher Père, de m'apprendre en vertu de quelle syntaxe nouvelle vous vous êtes per-