CHAPITRE TREIZIÈME
mis de traduire : règle traditionnelle, traditionis régulant^ par les mots : la foi immaculée. J'avais toujours ^ru que la règle était une méthode selon laquelle s'accomplissaient les actes, et que la foi^ au contraire, surtout dans le sens que vous lui donnez, signifiait soit l'enseignement même de l'Eglise, soit le dépôt des vérités confié à cette même Eglise par Jésus-Christ ; savez-vous que, sans pour cela innocenter un coupable, il existe une différence énorme entre laisser maculer la Foi, et laisser faire une tache à cette règle traditionnelle qui consiste à éteindre avec le soin le plus attentif, et dès leur origine, la flamme naissante des erreurs. Pourquoi donc transformer un simple défaut de prévoyance en une faute contre la foi, et une conduite opposée à la tradition constante du Saint-Siège, en un consentement formel, donné à l'hérésie ? Voilà, mon Père, ce que j'appelle une véritable vénialité., parce que je veux être indulgent.
Mais ce qui n'est plus une vénialité, c'est la traduction incomparable que vous nous donnez de la lettre du pape saint Léon à l'empereur Constantin Pûgouat.
Voici le texte grec avec la traduction interlinéaire ; telle qu'elle m'a été communiquée par un individu qui connaît cette langue, et que je transcris ici, au bénéfice des amateurs.
*Ava0e|xaTéÇo^sv toùç lysyperàç t^ç véaç TfXâvijç.
Nous analhëmatiBons les inventeurs de la nouvelle erreur :
TOirréoTt 06o5wpov etC... Oùp-Jjv àXXà /.al 'Ovwpiov,
c'est-à-dire Théodore et et Honorius,
ÔOTt; taÛTTQV TYJV 'A7r00T0).tXïJV 'EîtxXuO'tav OVX ÉTTSy^SipiQO'S
qui cette Apostolique Eglise ne s'efforça pas
SiSoLŒTLOLkla, aTrooToXtx^ç irapoiBàŒiCùç ày^itrat,
par la doctrine' de Tapostolique tradition de défense,
mais par là profane trahison être souillée TEglise immaculée
permit.
Ce qui veut dire, en rétablissant mot à mot le texte, et sans inversions, que la faute d'Honorius consista à laisser maculer TEglise immaculée, au lieu de la défendre contre la trahison profane de Théodore et de Sergius.
Et c'est en présence de ce texte, mon Père, entièrement conforme aux deux précédents et dont ceux-ci eussent dû vous révéler le sens, même s'il eut été obscur, que vous avez le singulier courage de nous donner, dans une petite phrase de cinq lignes, six ou huit contre-sens énormes pour le seul plaisir et le bénéfice unique d'insulter à la mémoire d'un Pape, condamné pour un acte de faiblesse; mais jamais pour avoir trahi ou même abandonné la foi.
Vous enlevez le mot permit qui se rencontre même dans plusieurs versions latines, et qui caractérise le genre de culpabilité que Ton reproche toujours et uniquement à Honorius.
Vous y substituez habilement le mot s'est efforcé qui se trouve un peu plus haut — avec une négation.
Vous traduisez le mot souiller par renversev qui a un sens tout différent, et aggrave encore la culpabilité.
Vous ajoutez le mot foi au texte original, qui parle