CHAPITRE TREIZIÈME WT
Et je VOUS le diSj du plus profond de ma conscience^ si je m'étais rendu coupable d'un, semblable* attentat contre l'honneur d'un de mes Pères, et si, étant averti de ma faute, je ne m'ea purifiais^ de suite par la plus éclante des rétractations, je vous le dis em vérité, mon révérend Père, je ne me croirai» plus» honnête homme.
Yoilà^ pourtant, réduites à leur juste valeur, qudleest la portée de vos prétendues condamnations pontÎK flcales. Né voulant, ni ne pouvant faire ici un livre de haute science, je me borne, sur ce point, à vou» rappeler les conclusions que donnent la pïus grande et la plus saine partie des théologiens et des histo-riens catholiques.
Les uns vous disent et vous démontrent, comme Ta. Mt, tout récemment encore, dans ses admirable» lettres, si paternelles et si solidement raisonnées, lesavant et pieux archevêque deMalines, que les lettreflr^ que vous alléguez contre le pape Honorius prouvent directementen sa Êaveur et contre vous, déterminant la^ vrai sens et les limites des condamnations du Concile.
Les autres^ fondés sur des autorités» que vous nepouvez méconnaître, concluent à. l'altération ûe^ actes du VI* Concile, dans lesquels on avait fraudi^ leusement introduit le nom dfHonorius.
Et les derniers enfin^ quoique admettant comme simplement plus probable la réalité de cette condamr^ nation,, dans le sens très-mitigè qui résulte de la lecK ture attentive des actes, affirment que Iôs souverains- Ponti&s. n'cmt jamais entendoi ratifier oètte condam-
nation ni s'associer à ces anathèmes ; et que les ses sions, où il est question du fait d'Honorius, ne peuvent et ne doivent être» en aucune façon, considérées comme œcuméniques.
Et.Ies raisons sur lesquelles ils s'appuient» ne sont pas sans valeur.
Je les résume.
Il est impossible de concilier l'approbation prétendue, donnée par FEglise romaine à la condamnation d'Honorius, avec la vénération dont il n'a jamais cessé de jouir dans cette même Eglise.
Adrien H, que vous citez, affirme que cette condamnation est le fait des seuls Orientaux^ dans un Concile où toute l'Eglise catholique se trouvait pourtant réunie.
L'approbation du Concile fut, plus probablement, donnée par le pape Agathon, et nous en ignorons les termes.
Si elle est le fait de saint Léon IL il est moralement certain que c^tte approbation n'a eu lieu que pour les parties dogmatiques, et que le texte qui nous est parvenu, de ces lettres, a été vicié par l'intrusion du nom d'Honorius. Cette falsification est comme démontrée par Sangallo et par Pietro Ughi, qui se fondent sur certains anachronismes dont il était impossible au Pape de se rendre coupable ; sur des phrases entières qui ne sont pas romaines, et sur la lecture du contexte même qui, dans tous les lieux où il s'agit d'Honorius, témoigne des interpolations par une latinité de superfétation embarrassée et incorrecte.
La vénération non interrompue de la mémoire