CHAPITRE TREIZIÈiMB
d'Honorius. dans l'Eglise romaine, rend impossible toute autre hypothèse, et en particulier sa condamnation par saint Léon II. On ne peut donc admettre l'authenticité de ces lettres qu'à condition de les supposer interpolées et viciées.
Si on objecte la difficulté de ces interpolations : les faits sont là, pour nous enseigner qu'il n'y en avait aucune.
Les Grecs, qui régnaient et gouvernaient à Rome, n'étaient-ils pas les corrupteurs convaincus des textes de Mennas, de Vigile, d'Honorius et de tant d'autres. Peut-on avoir oublié le schisme d'Aquilée qui dormait sous la cendre? Ne* connaît-on pas les différents de Rome avec TEglise d'Espagne, dont pas un évêque n'était intervenu au Concile convoqué par le pape saint Agathon ? et toutes les fraudes ne peuvent-elles pas être supposées dans un siècle monothélite, où l'Eglise se vit exposée à tant et de si terribles secousses ?
Qui sait si les Papes ne firent pas entendre leurs plaintes contre ces trahisons sacrilèges, et si le malheur des temps n'a pas empêché ces plaintes de parvenir jusqu'à nous ? tant d'autres documents de cette époque ont été perdus pour l'histoire ! ou s'ils n'ont pu élever la voix, dans l'état d'appauvrissement où se trouvait l'Italie, qui oserait les accuser?
En tout cas, mon Père, j'affirme que telles sont les conclusions que vous trouverez dans les grands auteurs que je vous cite, et que vous pouvez lire aussi facilement que moi. Si vous préférez croire à la parfaite authenticité des épitres de saint Léon, j'en suis fort
aise ; car elles sont telles que mille antre démonstration ne vaut celle-là pour nous apprendre en quel sens le Vï« Concile flit confirmé, quant à la condamnation du pape Honorius, et pour nous détnontrer qu'en aucune façon il ne fut condamné pour hérésiis.
Il semble inexplicable qu*tine nature comme lisi tôtre, mon Père, se soit laissé aller à de semblables énor* mités : et plusieurs de ceux qui, justement, vousestîment, m'ont demandé la cause d'un fait si triste et si étrange. Voir un homme comme vous, mettant ses piedë dans les traces des faussaires! comment expliquer ce prodige ? — Ce prodige ne peut s'expliquer que parce que vous' avez dit vous-même au- début de votre lettre :
f Nous avons devant nous une écoled'erreur, fondée sur la passion, l'aveuglement, Tèmportement, école aujourd'hui décidée, sans rien voir et sans rien entendre, à tout nier et à tout affirmer dans le sens où elle se précipite. Regardez sa manière d'agir.
« Tous les historiens et tous les théologiens viennent énoncer ce fait que le papeHonorius ne fut point condamné pour avoir enseigné l'hérésie ex cathedra', par trois Conciles œcuméniques, approuvés par les Papes, et quHl fut clairement mis hors de cause par deux Conciles romains présidés par des Papes... Les faits sont sous les yeux de tous, les textes sont* partout, il n'y a rien, ce semble, à contester.
€ A l'instant même, sur le simple énoncé dfe cette
proposition qu'un Pape n*U pu être condamné pour
héréisie formelle, Fécole qui se croît chargée de flétrir
\ Papauté; refuse d'entendre, et se précipite tbut'