‹ Lettres sur la vie d'un nommé Jésus (volume 2)Chapitre 141 sur 180 · CHAPITRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATORZIÈME

La seconde partie du chapitre touche à un point fort important,, et nous devons nous y arrêter un peu.

Votre but, mon Révérend Père, en écrivant votre triste opuscule, a été d'empêcher la définition de Tinfailiibiiité du souverain Pontife : voici en quel termes vous nous annoncez les devoirs que la lecture de vos petites pages impose au Concile du Vatican. Nous devons « nous interdire devant Dieu et devant les hommes, aux yeux de la foi et de Thonneur, de rien proclamer dans ce sens; » et vous daignez ajouter même, que tous ceux qui « oseraient passer outre et prononcer dans les ténèbres, ceux-là en rendront compte au tribunal de Dieu (dernier chapitre). » — Les evêques réunis à Rome vous seront bien obligés du renseignement. Mais vous comprenez, très-bien que, dans le cas même où Ton admettrait avec vous qu'Honorius a été pour son compte, hérétique formel^ et même qu'il a enseigné Thérésie,. tous vos eflRarts sont vains et aboutissent à côté de la question , du moment où Terreur" du Pape ne se. rencontre pas dans un enseignement eœ cathedra.. Il faut donc, à votre thèse, que les lettres à. Ser» gius constituent un enseignement de cette nature, c'est-à-dire une définition solennelle et dogmatique d'un Pape, s'adessant à toute l'Eglise, et liant toutes les consciences par la proclamation d'une vérité, désormais de foi ' çsatholique, dans l'intention du souverain Pontife.

Totre tâche, mon cher Père, est horriblement ardue. Vous prétendez prouver que les lettre^ d'HonoriusàSei^ius sont des lettres dogmatiques renfer-

mant un enseignement donné eœ cathedra. Il faut beaucoup de talent pour démontrer qu'une lettre écrite pour un seul est une Bulle universelle ; qu'un conseil administratif local est une règle de foi générale ; et qu'enfin, un homme qui déclare positivement ne rien vouloir définir sur une question, la définisse ^uand même. C'est bien plus fort que M. Jourdain faisant de la prose sans le savoir; ici c'est un Pape faisant des articles de foi sans le vouloir. Ace comptelâ, un Pape ne pourra plus éternuer sans faire un dogme. Voyons comment vous allez vous y prendre, pour nous faire avaler votre petit boniment.

• Quelques-uns n'ont-ils pas osé dire, — c'est vous, mon Révérend Père, qui parlez de la sorte, — que ces lettres n'étaient que des lettres privées et non des écrits dogmatiques ? Cela n'est pas sérieux. Le Concile en décide autrement. 11 faut nous présenter, y est-il dit, ces écrits dogmatiques, etc, etc. » — Mais, mon cher Père, votre littérature vous égare. Ces quelques-uns qui ont osé dire que « ces lettres sont des lettres privées i c'est simplement tout le monde: et ceux qui prétendent que des lettres privées ne peuvent pas être des écrits dogmatiques, c'est tout bonnement vous.

Cependant, pour l'honneur des principes, vous n'avez pas pu résister à la tentation défaire ici un de ces petits tours de force de sincérité qui paraissent décidément entrer dans vos habitudes. « Le Concile, dites- vous, en décide autrement : il faut nous présenter ces écrits dogmatiques, etc, etc. » Je prendrai humblement la liberté de vous faire observer, mon

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