‹ Lettres sur la vie d'un nommé Jésus (volume 2)Chapitre 143 sur 180 · CHAPITRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATORZIÈME

de s'adresser à l'Eglise tout entière, intention qui, d'ailleurs, n'a pas besoin d'être exprimée, quand on prononce sur une question de foi. >

Pour qu'un Pape s'adresse à toute l'Eglise, il n'est pasj[iécessaire que sa définition soit envoyée à tous les évêques. C'est ainsi que saint Innocent P'^, dans sa condamnation du pélagianisme, n'envoya son jugement qu'aux évêques d'Afrique. Mais que la définition soit transmise à tous les évêques du monde, ou qu'il en soit autrement, elle doit, dans tous les cas, s'adresser à toute l'Eglise, dont elle fixe la croyance. Les souverains Pontifes peuvent agir de diverses manières, selon les circonstances ; mais ils indiquent toujours clairement, dans leurs définitions ex cathedra, qu'ils entendent enseigner toute l'Eglise; que leur acte est un acte public ; qu'ils veulent lier les consciences ; et qu'ils commandent et prononcent d'une manière irrévocable.

Voilà ce qui constitue la force et la solennité données aux décisions de cette espèce, et dès lors, il n'est pas difficile d'apprécier votre nouvelle théorie à sa juste valeur. — Honorius a-t-il entendu enseigner à tous quelle est la foi catholiqne? Mais, il déclare qu'il ne faut rien définir. — A-t-il commandé et prononcé d'une manière irrévocable? Mais il se borne,, en quelque sorte, à donner des conseils {hortantesvos, dit-il). — Ses lettres constituent-elles un acte vraiment public? Mais Sergius lui-même, leur trouva si peu ce caractère, qu'il n'obligea personne à les souscrire et les passa sous un prudent et modeste silence, tandis qu'il fit souscrire l'édit d'Héracliusr

connu sous le nom d'Bdhtèse, par les évêques qui se trouvaient à Oonstantinople ; menaçant de déposition tout clerc qui y contreviendrait K

U reste donc établi que les lettres d'Honorîus ne renferment aucune définition eof cathedra; et paa* conséquent, quand mêpae on y rencontrerait vingt hérésies formelles, il n'en résulterait en aucune façon, que le Pape, enseignant eœ cathedra, soit sujet à Terreur. — Maintenant, si Ton demande quel nom et quelle valeur on doit donner aux lettres à Sergîus, je répondrai que ce sont des lettres administratives, mais non disciplinaires, à proprement parler, puisqu'elles ont pour but d'imprimer une direction parement locale , sans donner aucun ordre formel (kor-tantes vos). Si Honorius eut écrit à un évêque d'Occident, il pouvait sans se contredire l'obliger à prêcher contre le monothélisme et improuver son silence. Ou ne saurait donc voir dans ces documents rien de plus qu'un acte de discipline particulière. On n'y trouve, en effet, qu'une ligne de conduite indiquée pour les Eglises d'Orient, en raison de l'état présumé des esprits, des difficultés de la situation existant dans cette partie de la chrétienté.

En définitive, et pour résumer tout ce que nous avons dit jusqu'à présent : Si Honorius fut condamné, il ne le fut que comme fauteur de Théiiésie monothélite ; on ne saurait découvrir dans ses lettres à Sergius, une seule erreur contre la foi ; enfin, dans le cas même où, ce que nous avons démontré faux,

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