CHAPITRE QUATORZIÈME WT
Honorius eût été hérétique formel, et condamné comme tel, la condamnation ne porterait que sur un acte qui ne présente: aucuû des caractères requis pour constituer un enseignement pontifical dogmatique et solenneU où, en d'autres termes une définition eœ cathedra.
Voilà qui est démontré pour tout esprit qui cherche réellement et veut voir la vérité. Et c'est après avoir acquis cette certitude, par la simple lecture deadocuments que vous connaissez, que nous avons la surprise et la douleur de vous entendre dire, à la- fin de votre VI® chapitre : « Ce qui demeure absolument incontestable, c'est qu'à cette époque les Papes, les Conciles œcuméniques, toute l'Eglise, n'avaient pas le plus léger doute sur la compétence des Conciles à condamner comme hérétique un Pape dans ses plus sole^inelles déclarations^ en des lettres dogmatiques destinées à fzxbr L'sNSEiâNBMBNT do dogmb dans toute V Eglise onientale, par conséquent dans VEglise^ en^ tière, »
Mon Dieu ! à quoi donc sert-il d'avoir reçu une belle intelligence, si cette faculté est impuissante à nous garantir de pareilles aberrations?
Et quandge songe, mon Père, que vous n'avez enfanté tous ces rêves et accumulé toutes ces erreurs monst^rueuses que dans le but de foire du scandale autour d'une question dont vous redoutez l'inévitable et prochaine solution I Quand je pense que c'est pour entravei* la marche forte et calme de l'Eglise de Dieu, ' que vous avez os4 imaginer cette &ble puérile d'un parti de bastse flatterie poursuivant, d^uis des
siècles, sous les yeux de Rome» le dessein sacrilège d'arracher une définition mensongère à un Concile œcuménique ; quand je pense à ces choses, je frémis à la vue des excès auxquels la passion et l'esprit de parti peuvent conduire des hommes qui, jusque-là» étaient demeurés des écrivains honnêtes et sensés.
Admettons, ce qui est possible, qu'au milieu de ce nombre immense de théologiens de premier ordre qui ont soutenu le principe de l'infaillibité personnelle du souverain Pontife en matière de foi, parmi les saints Thomas, les Baronius, — dont un Oratorien aurait pu ouvrir les œuvres, — les Bellarmin, les de Lugo et mille autres encore, admettons que quelque flatteur inconnu se soit glissé pour répéter l'enseignement des maîtres, sans en être suffisamment convaincu, et dans le seul but de se rendre agréable à l'autorité suprême ; qu'est-ce que cela prouve et qu'estce que cela fait? c'est une bassesse; et le, nom de ces gens est demeuré dans l'oubli, cette vaste tombe à Tusage des courtisans vulgaires, et des imbéciles de second ordre. Mais qu'ont de plus noble que les flatteurs de couronne, je vous le demande, les solliciteurs de popularité et les courtisans d'un parti?
Au moment où l'Eglise entière se recueille et prie, où l'Esprit-Saint déploie ses chaudes ailes sur le Sénat auguste réuni au Vatican, où le Saint-Père, votre père et le mien, exige que nulle pression, si petite qu'elle puisse être, ne vienne contrarier des études, des controverses et des décisions qui doivent être et qui seront prises dans la plénitude de la plus sainte liberté; choisir ce moment pour jeter une note disco^