‹ Lettres sur la vie d'un nommé Jésus (volume 2)Chapitre 151 sur 180 · CHAPITRÉ QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRÉ QUINZIÈME

abréger, ce petit incident d'un Pape condamné pour bérésie par un Concile œcuménique. Dépareilles fal^ si fications sont-elles donc tolérables? > Un scribe! des falsifications! mais au nom du cid, qu'avez-vous fait de votre bon sens, mon Père, pour traiter de scrîbe inconnu, des hommes comme les correcteurs du Bréviaire romain ? un scribe, Baronius ? et vous êtes Oratorîen, mon Père! Des falsifications ? mais le titre d'académicien a-t-il donc ie privilège exceptionnel de vous faire oublier même le sens des mots français ? Une falsification ! dites-vous, mais est-il besoin qu'on vous rapi elle qu'une falsification est un acte frauduleux par lequi'l on cherche k dénhturpr le sens d'un texte, pour établir une opinion du faussaire? Et depuis qnaud a-t-on donné ce nom à la suppression légitime et pleinement justifiée qui réhabilite un in" nocent t

En supposant que vous puissiez l'ignorer encore, apprenez donc, enfin, qu'il existe des savants dont la croyance apﻫyée, d'ailleurs, sur des raisons capables d'impressionner, est que les actes du Vie Concile ont été dénaturés par une main coupable, qui a su y ajouter frauduleusement le nom du pape Honorius. Qu\n partapre ou qu'on rejette cette manière de voir, toujours ett-ii que des hommes fort compétents l'admettent et la professent. Je ne crois pas qu'il soit besoin de ïa développer ici ; mais si vous désirez la connaître, vous la trouverez longuement et habilement soutenue, dans la nouvelle histoire des Conciles . généraux, publiée par Mgr Vincent Tizzîxni, arche - * vêque de Nisibe (Rome, 1867; t. I, p. 403 et suiv.)-

Or, Mgr Tizzani n'est pas l'inventeur de cette opinion, qui remonte beaucoup plus haut que le XK® siècle, et que nous retrouvons dès le XVI% adoptée par des hommes d*une valeur incontestable, tels que Bellarmin et Barouius. Maintenant, si vous daignez seulement remarquer ces deux noms de Bellarmin et de Baroniics, et vous souvenir que ces deux hommes illustres ont travaillé à la correction du Bréviaire romain, sous Clément TIII, ce qui vous indigne si fort, vous deviendra facile à comprendre. — Il suffirait de lire ce. prodige d'érudition historique, que l'on nomme Annales ecolé.uasttqttes9 pour prévoir, sans beaucoup de chances d'erreur, que le nom d'Honorius a dû disparaître de la leçon de saint Léon, au moins à partir de la révision de Clément VIII. Il n'était pas, d'ailleurs, besoin de Teffaoer alors, puisqu'on ne le rencontre pas davantage dans le Bréviaire de saint Pie V. Les correcteurs de la fin du XVr siècle avaient sans doute jugé la question dans le même sens que ceux des premières années du XVIIe, et les uns et les autres^ ont cru faire, et ont fait, un acte de conscience, en ne permettant pas que le nom d'Honorius fût joint, dans le Bréviaire, aux noms des hérétiques réellement anathématisés. Mais, mon très-cher Père, quoique cette question du Bréviaire n'ait pour moi/ qu'une importance relativement subalterne ; puisque , quelque respectable qu'il soit, ses légendes ne sont cependant pas articles de foi dans l'Eglise, et que, d'autre part, comme vous l'avez vu, je fonde ma conviction de l'innocence d'Honorius sur d'autres motifs que les vénérables'-

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