CHAPITRÉ QUINZIÈME
cardinaux Baronius et Bellarminje ne suis pas fâché d'avoir ici une occasion de vous prendre une fois encore en flagrant délit de candeur transcendante» comme dirait feu l*excelleat M. Renan.
J'espère vous donner une leçon qui vous profite, et dont il vous souvienne, mon Père, pour vous apprendre à parler désormais de votre Bréviaire avec un peu moins d'impudeur. Or, oyez-moi bien; et raa petite iQCon la voici :
Je commence par vous citer en plein :
«t Mais voici encore un témoin (de l'hérésie formelle d'Honorius). >
— «La condamnation d'Honorius est mentionnée dans tous les Bréviaires romains jusqu'au XVI® siècle. J'ai sous les yeux un Bréviaire romain de 1520, où je lis, à la fête de saint Léon, le 2d juin, la condamnation d'Honorius. »
« En ce synode furent condamnés, > etc.. (Nous savons lé reste, c'est toujours le même texte recopié.) « Ce texte est tout particulièrement remarquable. (Je crois bien !) Il est sous mes yeux. Je le transcris entier et continue sans omission d'un mot. — (Merci de la ^onté; à propos, pourquoi donc n'avez-vous pas fait de même au sujet du VP Concile et des lettres de saint Léon?) — Il iènonce simplement qu'Honorius, comme les autres , a été condamné... pour avoir enseigné... l'hérésie du monothélismp. Il n'y a rien ici à contester. > Il n'y a jamais rien à contester avec vous, mais nous allons bien voir.
Vous ajoutez, en guise de corollaire, que vous avez recherché dans les bibliothèques de Paris € un
grand nombre^de Bréviaires romains, antérieurs au XVP siècle, et que, dans tous, vous avez tr«)uvé cette condamnation d'Honorius, » et enfin, vous concluez, avec l'accent du triomphe, par 'ces mofc^qui ont dû remplir de joie votre cœur filial : « Franchement, Monseigneur, tout ceci n'est-il pas trois eî quatre fols décisif? Et n'ebt-il pas véritablement scandaleux qu'en présence d'une telle masse de faits on continue à dispuier? • Pages 32 et suiv.
Ma foi, mon pauvre Père, tant pis si cela votis scandalise; mais, je ne puis résistera la démangeaison de vous faire cette restituiiou-lù. Reprenons donc votre précieux texte et notre sangfroid.
1** Que penseriez -vous d'un auteur — jo ne parte pas de vous — qui dirait sans rire : € Tous les journaux du XVIII» siècle affirment que Napoléon a perdu la batalllede Waterloo, et j'en ai la preuve sous les yeux dans un numéro du Moniteur qui |M>rte la date de 1814? I Prouver par un document du XI X« siècle,' même en l'ayant sous les yeux, que tel fait se trouve mentionné dans les auteurs du XVUr, n*est pas beaucoup plus fort que de nous dire : * Ttius les Bréviaires avant le XVl^ disaient... J'en ai la preuve dans un Bréviaire de 1530. » Avouez qu*elle est bonne, celle-là!
2° M.Js votre naïveté n'a point de limites, redou- Wez, je vous prie, d'attention.
€ Tous les Bréviaires antérieurs au XVI disaient... > Avec votre gracieuse permission, mon bon Père, ces Bréviaires-ià sont bien innocents de celte calomnie