CHAPITRE SEIZIËaiE. S
doctriae, ne vous gênez pas, mon BéTérend Père, ¥Ous n'avez qu'à parler.
Quant âu fait cFun Pape se jugeant par fa propre bouche, devant des évéquQn qui ne le jugent pas^on le rencontre ailleurs qu'à Sinuesse; et vous nous saurez gré certaiuement de vous apprendre, qu'il en fut ainsi dans le Synode poœain, tenu au sujet du pontife saiat Léon lU, et pour i époodre au désir de •Charte*magne K
C'est le récit d'un contemporain, de Tannaliste Xiambecianus ^. En avet2-vous assez, maintenant, avec votre Concile de Slnuesse ?
ie ne vous dirai que deux mots de la leçon 0, au second n<iclurne de la fêie de saint Marcel. — Vous prétendez qu'elle prend sa source dans une décrétale feusse. C'a^t encore bien possible; mais, peut-être au$si, s'ai>puie-t-elle sur quelque autre document ignoré de vous, mon cher Père. — On ne sait pas tout; si docte que l'on soit. — Dans tous les ca^, pourquoi transformer une erreur, si erreur il y a, eu un odieux mensonge? Des hommes tels que BaroniuStBellarmin, et tous ceux qui ont été jugés dignes de la confiance du Saiut-S.ége, ont au moins le droit d'invoquer l'application d'une règle qui suffirait aies faire absoudre par tout tribunal, à moins que œ
1. a Visum est piiseimo Principî, et nniverais Epîpcopis, el sanctisPatribu*, qui ibi adfuerunt^ ut si ejus (summi Pontificis) VOLUNTAS fuisset, et ipi^e petisset, non tamen per eorutn
judicium ma spontaxea voluntate se purificaie debuiaset : « ^eit faotum est. »
2. Ballerifli, De potestate ecclesiastica;ete.; e. V. 12, «**.8.
tribunal n*eût perdu le sentiment du juste. Consentez donc au moins à écouter cette règle et daignez en profiter. La voici : — Dans le doute, on ne présume pas un homme coupable, maison attend que le crime soit prouvé : I/i duhio nemo maliM prœsumitur, fUsi probetur. Je me suis procuré en latin cette sentence de droit et je vous en fais hommage. Il est vrai que vous me pourrez répondre : Je ne présume rien, mon cher Jean Loyseau, j'affirme tout.
Il y a chez vous une insinuation qui semble un peu perfide, involontaire, sans doute, mais dont je veux faire bonne et prompte justice; la voici : — La lettre de saint Marcel est une fausse décrétale : Baronius a flétri les fausses décrétales ; et cependant, la lettre est intercalée dans Tantique liturgie, vers le commencement du XVIIe siècle, c est-à-dire à répoque de la révision de Clément VIII, et alors, par conséquent, que Baronius faisait partie des correcteurs du Bréviaire. Donc Baronius a agi contrairement à sa propre opinion, en introduisant dans le livre de la prière sacerdotale, une pièce qu'il savait ne pas être authentique. — Telles sont les conclusions que vous ne formulez pas; mais qu'on pourrait formuler d'après vous. Or, tout cela repose sur une pitoyable ignorance des faits, puisque la lettre de saint Marcel n'a pas été intercalée dans le Bréviaire de Clément VIII (1602), vu qu'elle se trouve déjà, dans celui de saint Pie V (1568), ainsi que pourrez vous en convaincre vous-même, si vous vous donnez la peine de recourir à l'édition du Bréviaire romain, de 1574 (Parisiis, apud Jacobum Keroer), et à celle