VIII INTRODUCTION
toute la société humaine appuyée par sa forte main.
Puis il yit^ après dix-huit siècles de vaillants combats et de glorieuses victoires, il vit cette même Église ; mais assaillie, cette fois, par une innombrable volée de je ne sais que]s animaux portant des plumes, et chantant faux, sans tenir compte de la mesure, chacun sa chanson, sur un air différent.
C'était un tapage à rendre les gens sourds.
Ils trouvaient la lumière profondément ridicule de s'obstiner à jeter, invariablement et toujours, le même éclat.
Ils accusaient la vérité de complicité avec l'arithmétique, et lui reprochaient de s'opposer à la grande loi du progrès.
Quand on leur demandait ce qu'ils entendaient par le mot progrès, ils répondaient que c'était de chercher toujours, jusqu'à extinction de chaleur naturelle; et de chercher sans rien trouver, jamais.
Ceux qui avaient trouvé, ils les appelaient obscurantistes, cléricaux, ou crétins.
Ils faisaient subir à l'Église l'élégant procédé déjà inventé par les goujats du prétoire, fléchissant le genou devant elle, lui disant : ce Reine du monde, je te salue, » lui crachant au visage, et lui donnant des soufflets.
Et, par ailleurs, vivant des restes de sa doctrine,
Ils lui disaient, sans nuls égards, qu'elle était devenue bien vieille, et qu'il était temps qu'elle mît ordre à ses affaires; parce qu'elle avait déjà un pied dans le tombeau ;
Qu'dle avait suffi aux siècles d'ignorance, mais qu'elle ne valait plus rien aux âges qui voyaient clair;
Oubliant qu'ils prêchaient eux-mêmes la divinité de& ténèbres et la souveraineté du doute, et qu'ils professaient que : « ne pas conclure » était avoir un « inappréciable mérite (1). »
(1) Lettre au Figaro, jeudi 23 jiillet 1863.