‹ Lettres sur la vie d'un nommé Jésus (volume 2)Chapitre 3 sur 180 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

Us sifflaient à outrance quiconque avait un dogme^ un symbole^ une foi;

Et raisonnaient ainsi :

Puisque nous^ qui sommes les sommités du monde philosophique et intellectuel, n*y voyons absolument rien, en aucune chose ; donc, quiconque croit y voir clair, est un sot : qu'il soit anathème !

Et, comme ils avaient eu soin de se faufiler dans plusieurs chaires, sous le prétexte d'éclairer la jeunesse, ils trouvaient des auditeurs, et, quelquefois, des dupes.

Le vieux patriarche bédouin vit toutes ces choses; et, un brouillard épais venant à voiler le tableau, la vision disparut dans les plis orageux du nuage.

Et le vieux patriarche, tombant à deux genoux, leva vers le ciel ses bras appesantis par Tàge ; et, ouvrant la bouche, il dit :

Créateur suprême de toutes choses; toi qui m'as confié le précieux dépôt de ta lumière pour la transmettre, dans son intégrité, à mes fils :

Je vois que cette flamme sainte doit briller dans le monde, jusqu'à la fin des temps ; et que la société humaine doit marcher, jusqu'à son terme, à la clarté de salumière.

Je vois que ce feu divin réchauffera les âmes droites et les cœurs purs, et dévorera les intelligences rebelles.

Dans ce dernier assaut, que lui livre la raison dépravée des hommes, j'espère que la vérité demeurera victorieuse du doute, comme elle a triomphé des échafauds et des erreurs.

Si elle a bien échappé aux tigres et aux lions, elle échappera^ sans doute, aux souris et aux rats.

Je voudrais qu'elle traversât les siècles sans ennemis ni

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