LETTRES SUR LA YIE
« Il est plus facile que le ciel et la terre disparaissent^ que de faire tomber un seul apex de la loi (1). »
« Depuis Jean, le royaume de Dieu est évangem (3). »
« Il viendra un temps^ disait Jésus, auquel Tépoux leur sera enlevé, alors ils jeûneront (5). »
« Vous prierez ainsi :
Notre Père qui êtes dans les cieux...(7) »
« Tous ceux qui me disent Seigneur, Seigneur, n*entreront pas dans le royaume des cieux, mais celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, c'est celui-là qui entrera dans le royaume des cieux (9). »
Jésus, opérant des guérisons le jour du sabbat, ce qui n*était, certes, défendu par aucune loi, les pharisiens le lui reprochaient hypocritement, et il leur repondait :
m II est permis de faire le
Trad. R. : « Quand on le poussait à bout, il levait tous les voiles, et déclarait que la loi n'avait plus aucune force (2). »
Trad. R. : « Jésus, le premier, osa dire qu'à partir de lui, ou plutôt à partir de Jean, la loi n'existait plus (4). »
Trad. R. : '< Il se souciait peu du jeûne (6). )»
Trad. R. : a Quant à la prière il ne règle rien, sinon qu'elle se fasse de cœur (8). »
Trad. R. : a 11 let repout-^ sait (ceux qui lui disaient, Rabbi Rabbi) et proclamait que sa religion, c'est (#ie) de bien faire (10). »
Je ne savais pas que J.-G.
eût jamais repoussé personne.
Trad. R. : « Le sabbat était le point sur lequel Jésus se plaisait le plus à défier ses adversaires. 11 violait ouvertement le sabbat, et ne répondait aux reproches qu'on lui en faisait, que par de fines railleries (H). »
(0 Luc, XVI, 17. — (2) P. 222. — (3) Luc, xvi, 16. — (4) P. 222. — (5) Matth. IX, 15. — (6) P. 224. — (7) Matth. et Luc, v. s. — (8) P. 225. — (9) Matth. VII, 21. — (10) P. 225. — (11) P. 226.
d'un nommé Jésus.
bien le jour du si^bat (i). » H n'y a que les pharisiens
qui aient adressé à Jésus ce mensonge hypocrite. Tâchez donc 9 M. Renan, de ne pas montrer un aussi long bout d'oreille.
Trad. R. : « Race de vipères, ajoutait Jésus^ en secret, ils ne parlent que du bien, mais au dedans ils sont mauvais (3). »
Trad. R. : « Ils font mentir le proverbe : La bouche ne verse que le tropplein du cœur (5). »
Je ne vois pas de nécessité, pourtant, à mettre sur le compte de Jésus une sottise qu'il n'a jamais dite.
Trad. R. : a Ce qui le frappe dans les païens, ce n'est pas leur idolâtrie (7). »
Trad. R. : a II semble recommander à ses disciples de ne prêcher le salut qu'aux seuls juifs orthodoxes (9}. »
Les preuves sur lesquelles M. Renan s'appuie sont^ entre autres, le texte : «Ne placez pas des perles devant les pourceaux. » Matth. vu, 6, et celui-ci : < Le royaume de Dieu vous sera enlevé et donné à une
(1) Matth. xn, i«. — (2) Jean, ivni, ÎO. - (3) P. M6. — (4) Matth. XII, 84. — (5) P. 226. — (6) Luc, xxn, 25. — (7) P. 227. — (8) Matth. l. c. — (9) P. 228.
«Jésus répondit: j'ai parlé publiquement au monde ...
et je n'ai rien dit en $eeret (2). »
« En effet, la bouche parle de la plénitude du cœur (4). »
« Les rois des Gentils dominent sur leurs peuples; et ceux qui ont la puissance sur eux sont appelés bienfaiteurs (6). »
« Allez, enseignez toutes les nations (8). »
nation qui le fera fructifier^ d Mattfa. xxi, 43! !I n vaut mieux citer comme cela que de ne pas citer du tout.
« Jésus lui dit ; de même (1). »
Va et fais
Trad. R. : « Jésus amelut de là (du texte ci-contre) que la vraie fraternité s'établit entre les hommes par la charité, non par la foi religieuse (2). »
Trad, R. : <c Sa naissance à Nazareth était de notoriété publique (5). i»
Trad. R. : « Un chapitre mal entendu dlsaîe où Ton croyait lire que le Messie naîtrait d*une vierge (7)....ii
Je serais bien aise de savoir comment on aurait pu lire autrement.
Trad. R. : « Que jamais Jésus n'ait songé à se faire passer pour une incarnation de Dieu lui-même^ c'est ce dont on ne saurait douter (9). » — G'est^en outre^ un curieux français !
Commentaire Renan n^ I:
a Etablir en principe que le signe pour reconnaître le pouvoir légitime est de re* garder la monnaie^ proclamer que l'homme parfait paye l'impôt par dédain, et sans discuter, c'était dé- Ci) Luc, X, 87. — (1) P. 23Î. — (3) Matth. u, 1. — (4) Luc, nr, 16. — (5) P. 289. — (6) l8. vn, 14. — (7) P. 251. — (8) Jean, X, 81, s. — (9) p. 242.
a Jésus étant né à Bethléem de Juda (3). i»
« Jésus vint à Nazareth, où il avait été élevé (4). »
« Voici qu'une vierge concevra, et enfantera un fils et son nom sera : Dieu avec nous (6). »
« Nous te lapidons, » disaient les juifs à Jésus, (( parce qu'étant un homme, tu te fais Dieu (8). 1»
« Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
d'un nomme Jésus. 499
tniire la rëpubli(^ue à la façon ancienne^ et favoriser toutes les tyrannies. Le christianisme^ en ce sens^ a beaucoup contribué à affaiblir les devoirs du citoyen, et à livrer la morale au pouvoir absolu des faits accomplis (1). )>
Âh ! tant pis.
Commentaire n<> 2, sur ce même mot : ce Mot profond qui a décidé de Tavenir du christianisme ! mot d un si>iritnalisme accomplf et d'une justesse merveilleuse, qui a fondé la séparation du spirituel et du temporel, et a posé la base du vrai libéralisme et de la vraie civilisation (2) ! n
Ah ! tant mieux.
Pour les besoins de la phrase, encore un petit commentaire, s'il vous plaît.
« L'accusation de se faire Dieu ou l'égal de Dieu, est présentée, môme dans l'évangile de Jean, comme une calomnie des Juifs. » V. Jean, ch. v. Voyons Jean, ch. V (3).
K En vérité, en vérité, je vous le dis.... quoi que ce soit que le Père fasse^ le Fils le fait de même... de même que le Père ressucite les morts, et vivifie, de même le Fils vivifie ceux qu'il lui plaît.... afin que tous honorent le Fils, comme ils honorent le Père (4). »
« Qui me voit, voit mon Renan : a II se croit plus Père (5). » qu'un homme ordinaire,
mais séparé de Dieu par une distance infinie (6). »
« Mon Père... tu lui as Trad. R. : n Jésus ne donné » (à ton Fils) puis- prétendît jamais gouverner sance sur toute chair (7). » le monde (8). »
«Jésus lui commande, et le démon sortit de lui, et l'enfant fut guéri à l'heure même (9). »
<K Je te commande, » dit Jésus, « sors de cet homme, et le démon sortit en poussant des cris (10). d
(i) Cb. VII. — («) Ch. XXI. — (3) P. 243. — (4) Jean, v, 18, s.
— (5) Jean, xiv, 9. — (6) P. 243. — (7) Jean, xvii, 2. — (8) P. 250.
— (9) Matth. xvii, 17.— (10) Marc, ix, 25.
Bar Renan indique ces deux textes^ sans toutefois les citer, et ajoute : a dans les exorcismes, le diable le chicane, et ne sort pas du premier coup (1). m
a Jésus rappelant à haute Yoix lui dit : Lazare, sors du tombeau (t). »
Les Mages vont demander à la synagogue où devait naître le Messie : « à Bethléem (4), » leur répond-on.
« Soyez les fils de votre Père qui est aux cieux : oui fait lever son soleil sur les bons et les mauvais, et pleuvoir sur les justes et les injustes (6). »
Après la guérison du pa« ralytique : « la multitude, yoyant cela, fut saisie de crainte (8). »
Après la pêche miraculeuse, Simon Pierre «c était dans la stupeur, et tous ceux qui étaient avec lui (9). n
Trad. R. : (Qui a encore la bonhomie de nous renvoyer là pour preuve) :
« Dans ses miracles, on sent un effort pénible, une fatigue comme si quelque chose sortait de lui (3). »
Franchement^ Texemple pouvait être mieux choisi.
M. Renan fait observer à ce sujet que : La synagogue n*avait pas une liste des passages qui se rapportaient au règne futur (5). »
Les Mages en savaient plus long que lui.
Trad. R. : a Jésus n'avait pas la moindre idée d'un ordre naturel réglé par des lois (7). »
Écoutez M. Renan : a La faculté de faire des miracles passait pour une licence régulièrement départie par Dieu aux hommes, et n'avait rien qui|surprlt (10). )•
(1) P. 251. — (2) Jean, xi, 43.— (8) P. 251. — (4) Mattb. ii, 5. — (5) p. 256. — (6) Matt. v, 45. — (7) P. 257. — (8) Math, ix, 8. — (9) Luc, V, 9. — (10) p. 257.
d'un nommé Jésus.
Après le miracle de Naîm^ et la résurrection du Fils de la veuYe : « la crainte les saisit tous (1). »
D n*est presque pas de miracle de N. S. qui n*ait inspiré radmiration, 1 étonnement^ ou la terreur.
« Lève-toi (dit Jésus au paralytique) y prends ion grabat et va dans ta maison (2). »
Application Renan:
Qui oserait dire que.... le contact d'une personne exquise ne yaut pas les ressources de la pharmacie?
Le plaisir de la voir guérit.
£lle donne ce qu'elle peut (3). u
Ce n'est pas moi qui dirai le contraire, bien sur.
Trad. R. : Une bizarrerie^ en apparence inexplicable^ c'est Vattention qull met à ne faire les miracles qu'en cachette^ et la recommandation qu'il adresse à ceux qu'il guérit de n'en rien dire à personne (5). n
C'est bien extraordinaire en effet, surtout quand il opérait en cachette devant 4,000 témoins.
« Va • prêtre (4).
montre - toi au
c U fut donné à la femme deux ailes d'un grand aigle pour s'envoler dans le désert, où elle est nourrie;
pendant un temps et la ten^ (6). D
Trad. R. : aL^Apocalypse, écrite l'an 68 de cette ère, fixe le terme de la fin du monde à 3 ans 1/2 (7). »
temps , des Voyez le texte ci-contre , cité , comme preuve, par M. Renan.
moitié d'un
« Tu es bien heureux d d'avoir fait l'aumône aux
Trad. R. : « Quelquefois, il semble ne promettre la
(1) Luc, VII, 16. — (â) Marc, ii, 11. — (8) P. 260. — (4) Luc, T, 4. - (5) P. 464. — (6) ApOC. XU, 14. — (7) P. 276.
pauvres, «cela te sera rendu quand les justes ressusciteront (1). »
« Ceux-ci, y> les impies, iront dans le supplice éternel, mais les justes iront dans la vie éternelle (3). »
résurrection qu'aux justes (2). »
En effet, il fallait dire :
On te récompensera de tes bonnes œuvres à la résurrection des méchants, c'est clair.
Trad. R. : ce Le châtiment des impies consistait (selon Jésus) à mourir tout entiers, et à rentrer dans le néant (4}. »
Ce qu il y a de mieux, c'est que vous prouvez cela par le 4« livre d'Esdras, véritable apocryphe, pour le coup; et qui n'en parle même pas. Au reste, fût-il authentique, il serait antérieur de cinq siècles à N.- S.-J. C.
Ce n'est pas la peine de mettre à son compte la doctrine de tous les gens passés et futurs; et vous-même allez bientôt nous dire (p.
279) que (( Jésus admettait le do^e de la résurrection des morts. » Pauvre M* Renan ! mais réveiUez-vous donc.
ressusciterons Trad. R. : « C'est aussi l'opinion de saint Paul, »
que les justes seuls ressusciteront (6). Et vous aussi, mon pauvre saint Paul!
a Nou»
tous (5) )>
a Tu thésaurises pour toi^ la colère au jour de la colère, et de la manifestation du juste jugement de Dieu,
(1) Luc, XIV, 14 , — (2) P. 280. — (3) Matth. xxv, 46. — (4) P. MO. - (5) I. Cor. XV, 51. — (6) P. aSOJ QOtt.
b'un nommé Jésus.
qui rendra à chacun selon ses œuvres; m aux bons^ « la vie étemelle; à ceux qui n*ac(]uiescent pas à ra vérité^ la colère et Tindignation... Quiconque aura péché sous la loi^ sera jugé par la loi (i). »
« Les noms des douze Vous n'aviez donc pas vos apôtres sont ceux-ci : le lunettes, mon Révérend,
premier est Simon, qui est appelé Pierre, puis André son frère, Jacques de Zébédée et Jean son frère, Philippe et Barthélemi , Thomas et Matthieu le publicain^ Jacques d'Alphée et Thaddée, Simon le Ghananéen, et Judas Iscariote, qai trahit Jésus (2). »
Saint Marc est identique.
Saint Luc, rétablit le nom de Juda, fils deJac ques, à la place de Thaddée, que les autres évangiles y avaient substitué, pour ne pas le nommer comme riscariote.
« Baptisez au nom du Père, du Fils et du Saint- Esprit (4). y>
11 y a plus de trente textes, aussi clairs, et aussi formels.
Dieu « rendra à chaque individu selon ses œuvres (6). »
quand vous lisiez ; autrement eussiez -vous jamais écrit cui :
a Les listes des douze qui nous ont été conservées présentent beaucoup d'incertitude et de contradiction (3), »
Trad. R. : « A peine quelques vues sur le Père, le Fils, l'Esprit, dont on tirera plus tard la Trinité et l'Incarnation; mais qui restaient encore à l'état d'images indéterminées (5). »
Renan : « Jésus, nous l'avons déjà dit, n'eut jamais une notion bien arrêtée de ce qui fait Vindividua-lité (7). »
En effet, à la page 244
(1) Rom. n, 5, 8. — (2) Malth. i, 2,8,— Luc, vi, 14, s. — Marc, m, 16, s. — (3) P. 291. — (4) Matth. xxvur, 19. — (5) P. 297. — (6) Matth. XVI, 27. — (7) P. 305,
VOUS nous disiez : c( L'idéalisme transcendant de Jésus ne lui permit jamais d'avoir une notion bien claire de sa propre personnalité, p Pardon^ j'avais oublié.
tt S'il en est ainsi^ il vaut Trad. R. : « On ne se mamieux ne pas se marier » riait plus^ ce semble^ dès (disaient les disciples). Jésus qu'on entrait dans la leur dit : a Cette parole n'eit secte (2). )> peu pour toui^ mais pour ceux à qui est fait ce don (1). rt
Vous nous apprenez que Zachée se convertit, devint
un saint, se contenta de payer le quadruple de ses
biei^ mal acquis, et de faire de grandes aumônes,
moyeni
avec
propi
eniai|fe ;ce9B 1 ridPMii
uoi, je pense, il dut entrer dans la secte, lui restait. Et vous osez nous dire : a La it interdite (3). »
(( Lacessationdela génération fut souvent considérée comme le signe et la e<mdif l'on du royaumedeDieu(4j.i) Voyez Matth. xxii, 30. Nous venonsdevoirMatthieu.
Trad. R. : « Vous valex beaucoup de passereaux (7). » Combien? s'il vous plaît.
Note R. : « Ce trait et autres semblables ne peuvent avoir été conçus qu'après la mort de Jésus (9). p
Cela vous vexe donc bien, que N.-S. ait prophétisé sa mort?
(1) Matth. XIX, 10, s. — (2) P. 807. — (8) Id. — (4) P. 808. — (5) Matth. xxii, 30. — (6) Matth. x, 24, — (7) P. 811. — (S) Matth. X, 88. — (9) P. 311.
« Dans la résurrection, on ne se mariera plus... les hommes seront dans le ciel conmie les anges (5). d
tt Vous valez mieux qu'une multitude de passereaux (6). »
« Celui qui n'accei)te pas sa croix et ne me suit pas, n'est pas digne de moi (8). d
d'un nommé JÉSUS.
« Que sert à rhomme de eagner le monde entier au détriment de son âme? (i). »
Tr. : R. : « Dépassant toute mesure^ il (Jésus) osait dire :<(... Que sert à un homme de gagner le monde entier et de se perdre luimême (2]. )>
Il semble que vous tenez si fort à nous faire croire que J.-G. n*ayait pas d*idée de Tàme humaine, qu'en nous en parlant; il dépassa certainement toute mesure.
C'est impoli envers vous; mais c'est fin.
« Jésus, ayant toujours Trad. R. : « A l'heure où aimé les siens, les aima jut- nous sommes arrhes... l'aqu'à la fin ( ou infini - mitié... n'avait plus aucun ment) (3). r> sens pour lui (6). >»
« Celui que vous aimez est malade (4). »
« Mon Père... c[ue l'amour dont tu m'as aimé soit en eux, (5) » dit Jésus, en parlant de ses disciples.
« Jésus leur dit : a Le Fils de l'homme soufifrira {>ar eux... il sera livré aux mains des hommes, et ils le mettront à mort, et il ressuscitera le troisième jour (8). »
Entre se laisser mettre à mort et se faire tuer, il y a bien, pourtant, quelque petite différence.
« Ses parents » le voyant Trad. R. : a Ses disciples, environné de tant de foule, par moments , )» trois ans
(i) Matth. ivi, «6. — (2) P. 813. - (8) Jean, xni, 1. — (4) Jean, n, S. — (6) Jean, xvu, «6. — (6) P. 316. — (7) Id. — (8) Matth. xvn, 1«, 21, M.
« Il conçut, de propos délibéré, le dessein de se faire tuer (7). r> — (Voyez Matthieu) .— Nous venonsde voir Matthieu.
quil ne pouvait même man- plus tard, k le crurent
ger 1» (notez bien que c*était fou (2). »
dans le temps de sa douce
vie en Galilée),^ vinrent pour
le saisir^ car ils disaient :
a II est devenu furieux (1). »
A propos de la malédiction du figuier stérile (3), — symbole, comme tout le monde le sait, de Jérusalem — M. Bar Renan trouve à nous lâcher ceci : « Sa mauvaise humeur contre toute résistance Tentralnait jusqu'à des actes inexplicables et en apparence absurdes (4). » Heureusement que c'est expliqué maintenant , et absurde pour vous seul , mon révérendissime.
(( Ils sont assis sur la Trad. R. : « Jésus ne vouchaire de Moïse, faites ce laitque la religion du cœur» qu'ils vous disent, et non et non a celle des pharipas ce qu'ils font (5). » siens (6). »
<( il ne prétend nullement revenir à Moïse (7). »
« n fallait observer ces Trad. R. : «Conséquent à préceptes p (les plus graves ces principes, il dédaignait de la loi de Moïse), « sans tout ce qui n'était pas de la omettre les autres (8). » Les religion du cœur. On cherplus légers, comme cela ré- cherait vainement dans VEsuite du texte. vangile une pratique reli-
gieuse recommandée par Jésus ^9). »
C'est vrai ; il n'a recommandé que la prière, Tau-
(1) Karc, m, «1. — (î) P. 318.— (8) Marc, xi, iS, s. — (4) P. 819. — (5) Malth. XXIII, 2. — (6) P. 829. — (7) P. 832. — (8) Matth. xxiu, 23. — (9) P. 224.
d'un nommé JESUS.
mène^ le jeûne^ la messe^ la eonfession^ le baptême : des mionties.
Renan : m Les belles pré- £catlons morales de la seconde période aboutissent à une politique décidée (i). i»
Renan : « Jésus sortit du judaïsme. . .comme Luther. . .
Lamennais... Rousseau... y> Mais loin que Jésus soit le continuateur du judaïsme^ il représente la rupture avec l'esprit juif... La grande (^naUté du fondateur reste donc entière ; sa gloire n'admet aucun parta-
Renan : « Un culte pur, Qoe religion sans prêtres et Mns pratiques extérieures, reposant toute sur les sentiments du cœur (5). »
Voilà ce que voulait Jésus.
Renan : « La direction toute morale et nullement politique du caractère de Jésus le sauvait de ces entraînements (2). )»
Au choix des amateurs.
Renan : « La synagogue était riche en maximes...
Jésus adopta presque tout cet enseignement oraL.. La morale évangélique est peu originale en elle-même...
avec des maximes plus anciennes, on pourrait la recomposer presque tout entière (4). »
Choisissez, car il serait difficile de tourner une seule et même phrase avec cette grande originalité peu ortginale qui adopte un enseignement avec lequel elle rompt. Dire gu'on peut écrire de pareilles balivernes au XDC' siècle, sans aller à Charenton !
Renan : « Ce qui prouve bien, du reste, que Jésus ne s'absorba jamais entièrement dans ses idées apocalyptiques, c*est qu*au moment même où il en était le plus préoccupé, il jette avec
(i) Et. selon Renan, p. 236. — (2) Ev. selon Renan, p. 269. — ffi Kt. selon Renan, p. 465. — (4) P. 81-84. — (5) P. 85.
une rare sûreté de vue les bases d*une Eglise destinée à durer (1). »
« Cette idée féconde du pouvoir des hommes réunis (eeclesia) semble bien une idée de Jésus... Il confie à TEglise le droit de lier et de délier (c*est-à-dire de rendre certaines choses licites ou illicites). » — Je supplie le lecteur intelligent de ne pas me mettre cette stupide parenthèse sur le dos ; — « de remettre les péchés^ de réprimander, d'avertir avec autorité, etc., etc. (2). »
En un mot, une religion toute de cœur^ sans pratiques extérieures et sans prêtres!!!
« Je ne vous appelle plus des serviteurs, parce que le serviteur n'est pas dans la confidence de son maître ; mais je vous appelle mes amis, parce que je vous ai communiqué tout ce que j*ai appris de mon Père (3). »
Ceci est déjà une traduction Renan, assez exacte pour nous prouver qu'il
S eut, quand il veut, trauire à peu près passablement. Voyons son commentaire.
« Le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir (7). »
a Jésus, voyant qu'ils voulaient le faire roi, s'enfuit dans la montagne (8). »
Renan : « Le malentendu entre lui et ses disciples devenait à chaque instant plus profond (4). »
Quand je vous dis qu'il n'y a de bonne entente qu'entre M. Renan et son précurseur! Jésus dit à ses apôtres qu'il ne leur parlera plus en paraboles (5).
Ils lui affirment, de leur côté, qu'ils le comprennent parfaitement bien (6).
Tout cela ne fait absolument rien. Il est décidé çiu'il y aura entre eux et lui un malentendu touiours croissant. Le maître l'a dit !
Trad. R. : « Jésus aimait les honneurs, car les honneurs servaient à son but et établissaient son titre de Fils de David (9). »
(1) P. 290. — (î) P. 296. — (8) Jean, xv, 15. — (4) P. »72. - (5) Jean, xvi, 25. — (6) Id. id. 29. — (7) Matth. xx, 28. —Marc, X, 45. — (8) Jean, vi, 15. — (9) P. 374.
« Deux jours avant la Pàqae... Jésus vint au lieu appelé Gethsémani (1).
Réflexion Renan : k Cette scène (de Gethsémani], par suite de Tart instinctif oui a présidé à la rédaction des synoptiques^... a été placée à la dernière nuit de Jésus et au moment de Tarrestation (2) ; » à moins que, par suite de Fart instinctif, qui a présidé à la rédaction du romancier, elle n*ait été placée huit jours trop tôt.
Voici encore une bonne note : Saint Jean ne parle pasderagomcdeNotre-Seigneur; cela est vrai, parceqae les autres évangélistes en parlaient. M. Renan trouve cela drôle et ajoute : a Cela se comprend d'autant moins que Jean met une sorte d'affectation à relever les circonstances qui lui sont personnelles ou dont il a été le seul témoin (3). » Adorable candeur ! C'est, justement, parce qu'il y avait trois témoins que saint Jean n'était pas seul.
« Si (quelqu'un n*écoute pas FEglise, qull vous soit comme un païen ou un pul)licain (4). »
« Celui qui ne croira pas sera condamné (5). »
« Les Juifs, parce que (fétait ta veille de la Pàque, afin que les corps ne demeurassent pas sur la croix... prièrent Pilate, etc. (7). »
Trad. R. : « Jésus est le fondateur des droits de la conscience libre (6)... » de se faire condamner.
Trad. R. : « Jean, dont le récit a, pour cette partie, une autorité prépondérante, suppose formellement que Jésus mourut le jour même où Ton mangeait l'agneau (8), n
(1) Marc, nv, 1, 82. — (î) P. 377. — (3) P. 378. — (4) Matth. xvra, 17. — (5) Marc, xvi, 16. — (6) P. 379. — (7) Jean, xix, 34. — (8) P. 383.
« En vérité, }e vous le dis, un de vous me trahira (1). »
« Désormais, » c*est-à-dire après ma mort, <( que celui qui n a pas de glaive vende sa tunique et en achète un (3). »
Prophétie manifeste des persécutions qui atten iiaient FEglise, après la mort du Sauveur.
« En vérité, je te dis que, dans cette nuit, avant le chant du coq, tu me renieras trois fois (5). »
« Joseph... homme hon et juste, n'avait pas été de Tavis du conseil (7). »
Trad. R. : « Jésus n'ayant que dei soupçons, ne voulut prononcer aucun nom (2). »
Trad. R. : <k Un moment, Jésus songea à quelques précautions, et parla d'épées (4). D
Trad. R. : « Jésus, avec sa finesse ordinaire, lui exprima auelques doutes (6). )>
Il faut, positivement, être enragé !
Trad. R. : « Les membres du conseil qui penchaient secrètement vers Jésus , étaient absents, ou ne vo* tèrent pas (8). n
Renan : <( Il est plus probable qu'ici,comme chez Hanan, il garda le silence (10). »
Trad. R. : « L'arrêt fut prononcé avec un insouciant dédain (12). )»
« Tu es donc le Fils de Dieu? » Jésus leur répondit : « Vous le dites, je le suis (9). »
et Alors le prince des prêtres déchira ses vêtements, en disant : cdl a blasphémé...
)» vous avez entendu le blas- » phème : que vous en sem- » Die? » Et ils répondirent disant : <t II mérite la mort (11). »
(1) Matth. XXVI, 21. 8. — (2) P. 885. —(3) Luc, xxii, 86. — (4) P. 889. — (5) Matth. xxvi, 34. — (6) P. 890. — (7) Luc, xxra, 50, 51. — (8) P. 397. —(9) Luc,xxu, 69. — (10) P. 397. — (11) Matth. XXVI, 65, 66. — (12) P. 397.
b'un nomme Jésus.
Renan : a Pilate avait eu ayec ses administrés des difficultés qu'il avait tranchées d'une manière trèsbrutale (i). »I1 se vit engagé dans des répressions sanglantes quî^ plus tard^ finirent par amener sa destitution (2). » (Voyez Josèphe.)
« C'est Tesçrit qui vivifie, mais la chair ne sert à rien (4). »
«Les soldats du procurateur, emmenant Jésus dans le prétoire^.,, le dépouillèrent... le souffletèrent (6)...
« Que son sang retombe sur nous et sur nos fils (8). »
Renan : a Les nations ont leur responsabilité comme les individus. Or, si jamais crime fut le crime d'une
Renan : a Tous les actes de Pilate , qui nous sont connus, nous le montrent comme un bon administrateur (3). w
Ah ! ce sont la brutalité et les répressions sanglantes qui caractérisent le bon administrateur ? Oui : Voyez Josèphe : Josèphe est un homme bien précieux : c'est une selle à tous chevaux.
Renan'': «Jésus était idéaliste, c'est-à-dire ne distinguant pas ' l'esprit de (sic) la matière (5). »
Trad. R. : « On l'amena ainsi affublé sur la tribune^ en présence du peuple. Les soldats défilaient devant lui, le souffletaient (7),.. »
Je ne dis pas qu'ils n'en fussent pas capables; mais, enfin, cela est faux. Après tout, vous désirez peut-être cultiver l'habitude de commettre des erreurs volontaires.
Bar R. : « Ces mots furentils réellement prononcés ?
On peut en douter (9). »
Si on peut ? Je crois bien!
Renan : a donc. Tout Juif qui souffre encore aujourd'hui pour le meurtre de Jésus a droit de se plaindre, »
(1) P. 401. — (2) P. 402. — (3) P. .401. — (4) Jean, Vl,64. — (5) P. 404. — (6) Matih. xxvii, 27. — (7) P. 417. — (8) Matth. Xivii, 24.— (9) P. 410.
nation, ce fût la mort de Jésus. )) (Page 411^ ligne 12.)
Renan : « C'était le... roi des Juifs^ non le dogmatiste hétérodoxe qu'on punis sait (i). »
(Page 411, Hgne 9.) On ap-
{)elle cet argument un sylogisme.
Renan : ta Les Juifs le dirent avec une franchise simple et vraie : <c Nous avons une loi^ et ielon cette loi il doit mourir, n Ce fut...
la loi mosaïque qui condamna Jésus... Cette mort fut légale, car ce Jésus^ tane nul doute, attaquait le culte établi et cherchait à le détruire (2). »
Nous avons prouvé dix fois la fausseté de cette allégation; nous ne signalons ici que la délicieuse bar* monie des deux passages.
Renan: fi On est porté à croire que le Golgotha, à répoque de Jésus , était compris dans Penceinte des murs (3). »
Il y a une note!!!
Note Renan : a On est porté à croire que Tœuvre des topographes dévots du temi>s de Constantin (qui laisserait ledit emplacement traditionnel en dehors de la ville) est quelque chose de sérieux (4). »
Que vos notes soient bénies!
« Aucun disciple n'était à ce moment (pendant que Jésus montait au calvaire) auprès de Jésus (5) ; voyez Luc, xxiii, 27-31.
En saint Luc, xxiii, 27-31, je lis, tout du long, l'épisode des saintes femmes et de la Véronique : ce qui