‹ Lettres sur la vie d'un nommé Jésus (volume 2)Chapitre 41 sur 180 · AO LETTRES SUR LA VIE · texte numérisé non relu

AO LETTRES SUR LA VIE

abandonné, il était rude et bizarre, de mauvaise humeur contre toute résistance, » à tel point que « ses disciples eux-mêmes en avaient peur (!). » a Ses exigences n'avaient plus de bornes, il voulait une abnégation outrée (2). » a Entraîné par cette efifrayante progression d'enthousiasme, commandé par les nécessités d'une prédication de plus en plus exaltée, Jésus n'était plus libre. Parfois on eût dit que sa raison se troublait »... Il avait a le vertige (3) »; « la passion qui était au fond de son caractère l'entraînait aux plus vives invectives (4). » Il était devenu « intraitable jusqu'à la folie pour ceux qui ne pensaient pas comme lui... Ses recommandations., renfermaient les germes d'un vrai fanatisme... » : Il tombait dans les excès de « la colère la plus effrénée (5). » « Ses provocations frappaient toujours au cœur (6); » sa prédication devient « un appel séditieux (7) » : « Il laissait percer contre ses ennemis un ressentiment sombre (8) : » Et, enfin, « sa mauvaise humeur (9) » devenant de plus en plus aigre, il en arrive à ce degré de frénésie que se trouvant désormais, « totalement hors de la nature (10), » il rêve pour se venger des Pharisiens qui le repoussent, et affermir dans la foi le peuple qui

l'exalte, il rêve, comme moyen infaillible de démontrer sa divinité et de conquérir le monde des âmes, d'en finir avec la vie, par Tingénieui ptôcédé du «suicide])!

Et c'est devant la statue de cet être, de ce sombre géant, comme vous l'appelez; du berger devenu hypocrite et de l'hypocrite devenu fou; c'est autour de cet autel dressé à je ne sais quel içibécilé impossible, pour lequel il eût fallu bâtir un Gharenton exprès; c'est devant cet homme « compromettant » sa doctrine, dégoûtant ses sectaires, effrayant ses apôtres, s'irritant de ses triomphes, furieux d'être élevé sur le pavois de l'opinion publique, rêvant la mort la plus lâchement coupable, pour couronner l'œuvre la plus détestablement impie ; c'est aux pieds de cet homme qai, ainsi que vous le dites vous-même, eût cent fois, dans n'importe quel gouvernement policé , eu affaire avec la police correctionnelle pour délit d'injures; c'est devant cet homme que vous m'apprenez â mépriser, à redouter et presque à haïr; cet homme dont quiconque possède un débris de conscience doit s'éloigner avec horreur; c'est aux pieds de cette impure et Sanguinaire idole que j'aperçois avec stupeur une seule créature, le front dans la poussière, et qui, humblement prosternée, lui chante dévotement

l'hymne qui suit :

a 0 Jésus I ta vertu n'a pas baissé; mais ce furent les hommes qui, en te touchant, f abaissèrent à leur niveau {!). » Je te reconnais cependant pour vraiment a Fils de Dieu, » pour a un demi-dieu, » pour « un dieu (2). » Tu es « la plus haute de ces colonnes qui montrent à Thomme d'où il vient et oU il doit tendre. En toi s'est condensé tout ce qu'il y a de bon et d'élevé dans notre nature. Tu n'as pas été impec*cable, et beaucoup de tes fautes ont été dissimt^es; mais, par un excès de volonté héroïque, tu as conquis le ciel. Çakya^Mouni, peut-être, excepté, il n'y a pas eu d'homme qui ait , foulé aux pieds la famille au même point que toi. Tu ne vivais que de ton Père et de la mission divine. que tu avais la conviction de remplir. »

« Je m'incline donc devant toi : tu ne seras pas surpassé. Ton culte se rajeunira sans cesse; et tous les siècles proclameront qu'entre les fils des hommes il n'en est p^s de plus grand que Jésus ! (3) »

J'ai cité textuelleipent. Cette chanson burlesque, c'est la vôtre; et cet idolâtre c'est vous.

O'ïïN NOMMÉ JÉSUS. 243

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