‹ Lettres sur la vie d'un nommé Jésus (volume 2)Chapitre 5 sur 180 · INTRODUCTION. XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XI

Afin d'expliquer sa sourde colère contre le sein qui Ta porté, et le besoin vaniteux qu'il éprouve d'excuser sa défection et sa rancune ;

Je voudrais que cet homme, déserteur de la table et du foyer paternel, se fût nourri de la quintessence d'une philosophie purement négative, et en résumât en lui toates les brumeuses émanations.

Je voudrais qu'il représentât, presque officiellement, son école, étant devenu professeur dans une des plus hautes chaires de son pays.

Je voudrais qu'il unît l'absence de bonne foi à l'absence de savoir, et qu'il fût pris la main dans le sac en flagrant délit d'emprunt scientifique ; escamoteur maladroit des découvertes d' autrui :

Afin qu'on sût jusqu'où peuvent aller les accommodements avec l'honnêteté littéraire, dans la conscience d'un sceptique.

Enfin, ô Seigneur, si c'était conforme à ta volonté toujours sage et discrète, je voudrais que cet homme eût assez de style pour que le public ait la patience de lire toutes les inepties de son école, et qu'il y joignit assez de naïveté pour en dévoiler les ficelles :

De sorte que pour lui enlever le vernis scientifique dont il se badigeonne, et livrer sa bonne foi et sa logique aux sifflets universels, il suffise de la main d'un cordonnier.

Ainsi pria le patriarche bédouin : et le Très-Haut exauça, en partie, sa prière.

La terre étonnée vit, chez les nations à laquelle fut confié Yempire de Tatr, poindre l'aube de la philosophie dite naturaliste.

Et, du sein de cette aurore ténébreuse, s'élever avec

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