CHAPITRE TROISIÈME
TetxBotimr-moi de TOtta adresser cet bumble «avis» mon Père; q^uand nous autres, auxqi^s Dieu a donné laisttde i(ûciitioa4'éGfiv;QÛ^ mettons en circul^^on» cUuBA le moade des inteUlg^nces^ une idée qui nous affpartienty noue devons toujours nous préoccuper de cas- deux points d'interrogation indispensables et terribles I Ce (|ueje veux dire est-il bien vrai? Bt le âBGûiid : Ce que j'écris peut-il blessa: une âme ? ces deux questions se toudxent de bien près^et la seconde n'est que la conséquence immédiate de la première. You» avezy. mon pauvre Pôcâu oublié de vous lés poser.
fit, pour cela» vous avez fait du mal aux àmes^ et vous eusâdezfait du mal à la mienne, si je ne me fusse trouvé dans une situation exceptionnelle, où je puis rallumer, à mille âammes le flambeaif dont voua cherchiez^ i me ravir la clarté.
Prenons garde, mon Père, de blessa les âmes et de les Uessar dans la foi. Les plaies qu'on ùàt dans la sphèj^ de rintelligence sont quelquefois incurables et toujours difâciles à guérir. Ne jouons paa avec la simplicité des petits» dont l'âme est protégée par ie plua terrible des anathâmes; et ne spéculons jamais ^ur ce malheureux esprit, qui flotte daus toutes les atmospliàres, et que tout le monde, ici-bas et en ce temps, plus ou moins, respire ; L'esprit de révolte centre toute autorité»
Vous prétendez que les catholiqyues d'un parti qME^osé aa vètre ont soulevé cesredoutables questions^ Us ne les onipaa plus soulevées, qse voua n« VajieA fait in^UA-même; mais je na voua demande rien que
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poar les catholiques, et au nom de ceux qui ont le bon sens de n'appartenir à aacun parti. Remarquez^ mon Père, que la position n'est pas égale. Les défen* seurs de rinfaillibilité sontiennent une thàse presque universellement admise par les fidèles auxquels TOUS vous adressez, et par l'Église enseignante à laquelle vous ne vous adressez pas. Vous ne pouvez ignorer ni les Bulles des Papes, ni les décrets des Conciles qui semblent la contenir en germe, ni Timprobation formelle que renseignement contraire a reçue du sentiment commun de la théologie et de la part de la papauté.
Quand on a contre soi toutes ces choses, le devoir sacré d*un auteur qui ne veut pas s'exposer à pro« duire un gr^d scandale, est, d'abord, de se taire, si rien ne l'oblige à parler ; et, si la démangeaison d'écrire lui devient irrésistible, il doit, en conscience, s'y prendre de telle sorte qu'il puisse recevoir le démenti des faits sans courir le risque de blesser des âmes crédules qui, dans tous les cas et avant tout, doivent être respectées.
C'est là ce que vous n'avez point fait : vous avez, au contraire, {lou^é l'audace de l'affirmation jusqu'à ses dernières limites: plus léger qu'un enfant en bas^ fige, vous vous êtes lancé dans la plus dangereuse des voies, en vous fermant imprudemment le chemin du retour. Votre brochure, lancée à centaines de mille d^exemplaires, enseigne en ce moment à plus d'un million de lecteurs que si le Concile du Vatican ose définir rinfaillibilité pontificale, il se mettra, par cette définition, en contradiction flagrante avec trois autres
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C!onciies œcuméniques, et ne promulguera ce dogme que parce que les Pères auront été trompés par les mensonges d'un parti.
Et TOUS ne yoyez pas que ce langage, dont l'imprudence touche à la folie, doit avoir pour conséquence immédiate de mettre en doute l'œcuménicité du présent Concile, un synode général ne pouvant jamais» en matière de foi ou de mœurs, se trouver en contradktion avec un autre semblable €k>ncile.
Et TOUS venez semer ce doute cruel dans les cer« veaux mal aguerris des femmes du monde, des étudiants imberbes et des indoctes comme moi I Mon Père, vous avez fait une mauvaise œuvre ; et leussiezvous faite par ignorance, vous devez pourtant savoir qu'une certaine ignorance n'excuse pas celui dont le devoir est de connaître ce qu'il dit.
Je défie quiconque vous a lu de confiance, et a ac* cepté vos conclusions, de ne pas se révolter intérieurement contre le nouveau dogme, si le présent Concile en vient à le définir. Et vous, qui êtes bon, mon Père, TOUS avez pu, vous avez osé courir le risque de produire un tel mal !
Nous avons tous trop parlé de ces choses : ce n'était pas à l'Eglise enseignée à prendre la parole si haut dans une semblable question. Que le clergé d'un diocèse ait remis à son Évêque, partant pour Rome, des vœux contenus dans une adresse discrète et respectueuse, c'était bien ; mais jamais cette question n'eût dû tomber dans le domaine des journaux ; ni se voir traitée dans des pamphlets. Qui est le premier coupable, j'avoue que je l'ignore, et que je n'en
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accasd sUKiotQiiient qoe les cireonstMioes pftrtieaUèrafi ianB lesquelles non nous trooTons plaeéa* et la matheureux état des esprits et du temps. Mais lesdKMns étant ce qu'elles sont, v<mM aTez tort» plus q«e les autres, moB Piret» de ebereher à tDomper Topiiiioii publique, eu lui persuadant que œ qui n'est avtM chose que le travail des Ages, «t rexpimason d'un besolQ universel dea co&scieQCes chrétiennes», est le résultat des mameuTros frauduleuses d'une école de mensonge, et des sienées hypocrites d'un parti.
L'usage «n peu fk^oent, que tous faites de ces qua*^ Uâcations peu polies, à l'endroit d'antagonistes au nombre desquels }e m'honore de marcher» me ran0t tràs*involontairement ea mémoire un phénomène physiologique dont, quand Je vous lis» le aouyettir m'obsède, et dont je désire me débarrasser ea oom»gnant en ce lieu le fiUt dont il s'agit.
Je ne sais, mon très-Révérend Père, si vous avez ja« msâs remarqué une coutame particulière à certaina êtres^ appartenant à l'etpèee canine, et surtout à ceux qui -vivent avec l'homme dans ime habitude de pins étroite intimité. Soit l'effet d'une imagination échauf* ftcy soit le désir de se faire un peu vaknr et remarquer, seM en o(»iséquenoe de je ne sais quel petit roman qme teur cerveau se forge, le foit incontestable set que cet estimable quadrupède, aime à supposer que, «btns le monde, il existe un être mystérieux, insaissîMbte» ittvisible, mais réd, et, dans tous les cas, emmni^ qui conspire contre la paix des gêna, que lui, Aeot, a reçu mission de protéger et de défendre.
Conformément à cette opinion, an «tin de la nuit
nûtrei ^nand rien m boiiee et oe mutse aa iogia, Azor» tout d'«a ocmp, se réveille : son oreille attentive à entendu Vennemi. Et le voilà Jappant à r^dre le& gms sourds. D^àutres fois» quand la lune prête aux objets une fome fantastique, dans chaque oialMre mobile, Azor... voit V ennemi : et aboie avec énergie pendant des heures entières, pour raj^eler aux gens qu*ii Teille et qu'il est là. Si, dans le jour, la porte de la maison demeure acddœteUement ouverte, le vigi^ lant animal se {HréeipUe comme une tempête» des^ eend Tescalier aveo fracas, l'œil en fidu, le poil bémsé, il arrire dans la ruet et là, campé sur ses quatre pattes, en face dn portail, il jette des regards m^sa* gants à droite et à gauche, aboyant avec foreur à toa» les édu» d'alentour.
Azor est, pourtant, une bonne bête, un caniche de bien, qui n'a jamais mordu personne, mais quand il s'agit de Fennemi, Azor ne se possède plus ; si on le rappelle avant la an de sa petite comédie, il semble revenir à regret, fait entendre quelques grognements de bête féroce, et jette un dernier défi dans un aboiement, {dus édatant que tous les autr^ à la personne de Vennerm.
L*e&nemi l c'est un mythe, si vous voulez; mafe enfin cette scène innocente, Azor la joue avec un nature parftiit; il pose en guerrier, et quoiqu'il n'ait affaire avec qui que ce soit au monde, il hnrle et montre les dents à l'ennemi.
Deux fois seulement, il m'a été donné de rencontrer Azor et r^tneml en présence*
C'étiM dans un salOB, le soir,to«t te monde se
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trouvait paisiblement occupé, soit à Joaer au vrhist, soit à deviser à demi-voix des affaires du Jour» quand tout à coup, une fois, c*était dans la chambre voisine, et une auti*o fois dans le salon même, Azor fait entendre les cris les plus éclatants. Il se précipitait avec audace sur un objet redoutable, caché aux yeux de tous, dans l'angle sombre de Tappartement, puis reculait avec une sorte d*effroi, comme en face d'un danger trop grand, même pour son tours^; chacun prend part, les dames pâlissent, les hommes courent aux armes, l'un prend la pelle et l'autre les pincettes. Là sera infailliblement, quelque voleur caché sous un lit, ou un serpent dai^ereux échappé à quelque ménagerie : on avance avec précaution, en ligne de bataille, on regarde dans la direction indiqué par les regards d'Azor, et Ton découvre... Vennemi, sous la forme, la première fois, d'une éponge pendue à un clou dans un cabinet de toilette, et la seconde, sous celle d'une brosse, qu'on avait oubliée sur un fauteuil I
Cette tactique innocente des chiens, et surtout des chiens de SMlon, est-ce l'espèce humaine qui l'a enseignée à la race canine, ou bien sont-ce les chiens qui nous ont servi de maîtres? en vérité, je n'en sais rien; mais ce que je ne sais que trop, mon très-Révérend Père, c'est que parmi nous je la vois incessamment reproduite dans le domaine de la littérature, par un assez gmad nombre d'auteurs qui se forgent, de la même façon, un ennemi pour le combattre. Ils voient, comme Azor, Tennemi en tous lieux. Demandez-leur son nom, son adresse, sa figure, ils sont incapables de