CHAPITRE CINQUIÈME
de 86 sep.trer» sur ses restes vénérables, le priait oCBcieUement de le bénir?
Ce serait bien là le protecteur des gens outragés dans leur honneur, n'est-il pas Trai, mon très-Révérend Père!
A cette brève notice sur le pape Honorius I, il convient d'ajouter quelques mots encore sur l'hérésie monothélite : oe tableau de l'époque ne sera pas bien long et nous paratt essentiel.
Le monothélisme, hérésie qui consiste à affirmer qu'il n'y a en Jésuc-Christ qu'une volonté et une seule opération, la volonté et l'opération divines, fut d'abord et surtout ccmnu et propagé dans l'Eglise d'Orient, et naquit environ en l'an 620, sous le pontificat du pape Boniface V.
Comme il n'y avait alors ni journaux, ni agence Havas, chargés de communiquer les nouvelles lointaines, il paratt que les Papes; malgré leur vigilance dans le gouvernement de l'Eglise, occupés d'ailleurs à la défendre dans leur voisinage contre la peste de Tarianisme, n'en furent pas immédiatement avertis. Il n'en est pas question le moins du mondé sous le pontificat de Boniface, qui dura cependant environ i^x années, pendant lesquelles, Théodore, Evéque de Pharan, et élevé plus tard au siège d'Alexandrie, put en paix se créer des sectaires, et propager son erreur.
Cette erreur consistait à prétendre que dans la personne adorable du Verbe &it chair, les deux natures divine et humaine existaient, sans aucun doute; mais la première, seule agissante; et la
seconde, à Tétat d'inerte et passif instrument. Il résultait de là, d'abord, que les actes humains de Notre- Seigneur Jésus-Christ se réduisaient à rien, puisque Tunique volonté et opération du Dieu fait homme était un acte théandrique ou diviao-humain, qui se devait attribuer au seul Verbe, l'humanité lui étant unie de telle façon que par elle-même elle ne pouvait agir ; et ensuite, comme conséquence immédiate, que la nature humaine, en Jésus-Christ, n'ayant plus ni action ni volonté qui lui fût propre, n'était plus une nature parfaite, comme elle doit l'être, et comme en réalité elle l'est.
Il faut observer ici un fait de la plus haute importance, sur lequel, pour d'autres raisons, nous reviendrons encore ; c'est que déjà l'Eglise d'Orient tendait à s'affranchir de la suprématie pontificale; déjà le patriarche de Constantinople Acace avait tenté de réunir dans une phalange, pour les opposer à Rome, les débris du nestorianisme et de Teutychianisme encore nombreux et puissants, dans le but de former une école de néochristianisme que les Papes condamnassent, qui se séparât de Rome, et qui se donnât à l'Eglise de Constantinople, dont les évêques prenaient déjà abusivement . le nom d'évêques universels.
Ce plan ressort avec évidence de l'étude de ces temps. Et Sergius de Byzance, et Cyr d'Alexandrie, poussés par le même esprit d'indépendance et d'orgueil, conçurent le projet assurément très-habile, de tromper l'Orient demeuré catholique par Uautorité du Pape, afin de disséminer sans obstacle leur doctrine ;