‹ Lettres sur la vie d'un nommé Jésus (volume 2)Chapitre 67 sur 180 · CHAPITRE aNQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE aNQUIÈME

chacune, ont leur opération propre, la nature divine et la nature humaine.

. 2® Pour ce qui concerne la nature humaine, il n'y a en Jésus-Christ qu'une seule volonté, et comme homme, il n'est 'point sujet, ainsi que nous, à la volonté dépravée (Je la concupiscence.

3® Les mots une ou deuœ volontés, n'étant point usités dans l'Eglise, jusqu'à plus ample informé, il ne faut point s'en servir.

Ce qui prouve avec évidence que l'intention du pape Honorius n'était nullement de condamner renseignement catholique des deux opérations en Jésus- Christ ; mais qu'il prétendait uniquement conseiller le silence aux deux partis, afin d'éviter de part et d'autre toute interprétation dangereuse, c'est le fait que voici. Je le trouve consigné dans sa seconde lettre à Sergius, et Je m'étonne que personne n'ait pensé à le relever jusqu'ici.

Tandis que Sergius écrivait au Souverain Pontife, Sophronius, l'antagoniste du Patriarche et le défenseur du dogme catholique, envoya des députés au Saint-Père pour en obtenir une définition formelle : celui-ci, trompé par Sergius, refusa de la donner dans la crainte qu'on ne s'en servit pour proclamer deux volontés humaines en Jésus-Christ, et voici comment il rend compte de cette affaire dans la seconde lettre qu'il écrivait à Sergius :

€ Nous avons donné des instructions à ceux que DOUA a envoyés notre frère Sophronius, afin qu'il ii*appuie plus désormais sa prédication sur les termes deux opérations, et ils ont promis très-instamment

' que Sophronius se conformerait à cette règle, pourvu que Cyrus, notre frère, cessât de son côté de se servir du terme à*une opération ^ »

Ces paroles placées immédiatement après la phrase où le Pape établit si nettement la vérité des deux natures et des deux natures opérantes en Jésus-Christ, ne démontrent-elles pas avec évidence, que la mesure qu'il prenait ne blessait en rien Torthodoxie et n'était qu'une règle purement administrative suggérée aux deux partis, avec une grande prudence, et pour lamour de la paix ?

Telle est l'opinion de tous ceux qui admettent la thèse de T interpolation des actes du Concile.

Voilà absolument tout le résumé de ses lettres, comme nous le verrons plus clairement en son lieu.

Or, mon Révérend Père, en supposant comme vous le faites, que ces lettres soient authentiques, au moins en substance, il n'en est pas moins certain que dans le texte que nous en possédons, personne jusqu'à ce jour, n'a pu trouver trace d'hérésie dans la partie doctrinale. Bt c'est l'évidence de cette même orthodoxie qui a porté un grand nombre de théologiens à conclure à l'interpolation ou à la non oçcuménicité de quelques-unes des sessions du VP Concile général.

Reste à apprécier l'invitation au silence que le Saint-Père conseille aux deux partis : c'est là tout ce qui a été reproché et tout ce qui peut être reproché au pape Honorius. Mais, mon Révérend Père, comme

1. Quod instantissime promiserunt (Sophronium) essefacturum, si etiam Cyrus... ab unius operationis vocabulo discesserit. Epist. 2^ Honor, fragm, in fine.

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