CHAPITRE CINQUIÈME
interdisidt aux chrétiens de parler des denx volontés ou des deux opérations, sous peine de dégradation, de bannissement» de confiscation des biens et d*autres peines encore, selon le rang des transgresseurs.
Les Papes meurent, mais la papauté demeure; et le trésor de la divine révélation n'a jamais défailli entre leurs mains. A Jean IV avait succédé (642-649) Théodore !«', lequel, voyant le monothélisme soutenu par deux Patriarches grecs, et adopté par l'empereur et l'Exarque, c'est-à-dire l'Orient et l'Occident s'unir dans l'hérésie, convoque un Concile sur la tombe de saint Pierre; et là, en cette même place où se trouve aujolird'hui réunie l'auguste assemblée vaticane, il condamne, plus solennellement, l'hérésie et, pendant le sacrifice adorable de la messe, s'étant fait apporter le calice de l'autel, il plonge, d'abord, dans le sang divin de Jésus-Christ la plume qui devait fulminer Tanathême.
Mon Révérend Père, remarquez ici, quoique nous devions revenir sur ces faits de si haute importance, — que la tactique de tous les hérésiarques, et des empereurs, leurs dupes et leurs adhérents, consistait à exiger et à prescrire le silence sous des peines sévères, ce qui ne devait pas laisser que d'irriter contre ce même silence et contre ceux qui l'avaient décrété, no conseillé, toutes les consciences restées pures d'hérésie dans le monde chrétien. Cette tactique des Orientaux pour flétrir la mémoire d'un Pape, n'est pas sans habileté, et mérite l'attention de l'historien. Vous remarquerez, en outi'e, que dans le Concile de
Rom6 il n*est fait nulle mention du nom d*Honorius. Et pourtant..., mais passons.
Voici venir trois grandes figures pontificales, saint Martin 1^^, saint Eugène I®*" et saint Vitalien : trois nouveaux lutteurs invincibles descendus dans Tarêne. L'intrépide Martin (649-655), à peine assis sur la chaire de saint Pierre, réunit dans la basilique de Latran un Concile plus nombreux encore que ne l'avait fait son prédécesseur ; et là, en dépit des flatteries de Constant et des menaces de l'exarque Théodore, il condamne de nouveau, sans eu excepter un seul, tous les Pères de Thérésie mpnothélite, Théodore de Pharan, Cyrus d'Alexandrie, Sergius, Pyrrhus et Paulus, tous trois de Constantinople, et avec eux, le Type et l'Echtèse, les foudroyant tous nommément, par un anathème solennel.
Mais de votre hérétique, mon Révérend Père, de l'hérétique Honorius, par un oubli bien étrange, il n'est pas dit un seul mot.
Qu'est-ce que vous venez donc nous dire avec vos « deux Conciles romains présidés par des Papes, » et condamnant l'hérétique Honorius? Saviez -vous ou ignoriez-vous que les deux Conciles en question n'ont pas même prononcé un blâme contre ce grand Pontife ? Êtes-vous de l'école des dupes, ou de l'autre, mon Père, pour inventer des anathèmes contre un prétendu coupable dont les Conciles ne parlent pas? Je profite de cette occasion pour vous affirmer à mon tour le fait de ce silence, et vous porter le défi solennel de rencontrer dans les actes de ces deux Conciles, la condamnation du pape Honorius.