‹ Lettres sur la vie d'un nommé Jésus (volume 2)Chapitre 70 sur 180 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

Mais suivons notre résumé de l'histoire édifiante du monothélisme.

Saint Martin l^^ paya son courage de plus de deux ans (juin 653 à septembre 655) de cruelle prison, et de la couronne du martyre. '

Saint Eugène lui succéda (655-657), après avoir quelques temps gouverné l'Église Romaine en qualité de vicaire. Il fut élu, du vivant et avec l'approbation de saint Martin, dans la crainte qu'on ne choisit un monothélite pour son successeur. Ce saint et doux pontife combattit l'hérésie avec non moins de fermeté que ses prédécesseurs.

Il en fut ainsi de saint Vitalien (657-672), pontife animé des mêmes sentiments et rempli de prudence . autant que de charité. Ce fut sous son pontificat que Rome se vit, par ïe misérable empereur Constant, indignement saccagée. ^ .

* L'Église dltalie put enfin respirer sous le Pontificat d'Adéodat (672-676), grâce à Tesprit pacifique de deux princes, qui régnaient alors en Orient et en Occident. Il n'existe pas de grandes traces, dans l'histoire, de l'hérésie des monothélites, sous le règne de ce pontife, et ce fut seulement à son successeur, nommé Don (676-678) que l'empereur , désireux de faire la paix avec l'Église, envoya, à Rome, son propre secrétaire, l'illustre Épiphane, pour convenir avec le Saint- Siège de la convocation d'un Concile général.

Ses lettres arrivèrent trop tard, et trouvèrent sur la chaire de Pierre saint Agathon, sicilien (678-682), qui était monté sur le trône pontifical après une vacance de deux mois et' demi. Ce grand Pape accueil-

lit la proposition de l'empereur avec joie, et voulut qu'on se préparât aussitôt à la célébration de ce saint Concile, après avoir pris des mesures d'une admirable sagesse. Le Concile, en effet, fut intimé pour le 9 novembre de Tan 680 ; et pendant tout le temps qui le précéda, par les ordres d'Agathon, des Conciles provinciaux ou nationaux furent célébrés dans tout le monde catholique, en Angleterre, dans les Gaules, et à Milan, pour étudier la question du monothéiisme et pour qu'ils vinssent d'abord apporter chacun leurs actes synodiques à un autre Concile, qui devait se réunir à Rome. Cent vingt-cinq Evêques de toutes nations assistèrent à ce Concile préparatoire, auquel l'Ëglise d'Espagne seule ne prit aucune part.

Ce fut, néanmoins, comme un véritable Concile d'Occident. Mais, pour éviter jusqu'au soupçon d'une pression quelconque, et parce que les Orientaux avaient eu méflçtnce 'des dernières définitions de l'B^ glise romaine,, le Pape, d'accord avec l'empereur, fixa pour lieu de réunion du Concile général, la ville de Constantinople, afin que là où l'hérésie avait pris naissance, là aussi, elle fût écrasée sans appel.

Pour la première fois, dans l'envoi des légats qui vinrent de Rome, on fit la distinction entre les légats du Pape et les légats du Concile, qui partirent, siégèrent et signèrent à part.

Ce fut ainsi que se réunit ce Concile œcuménique, troisième de Constantinople et sixième gén&*al, et ce fut là, c'est-à-dire plus de quarante ans après la mort du pape Honorius, que fut définie comme dogme de foi la doctrine que ce Pontife avait prêchée, au moins

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