‹ Lettres sur la vie d'un nommé Jésus (volume 2)Chapitre 73 sur 180 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

un Pape dans les plus solennelles déclarations. > (P. 49).

Voilà, mon cber Père, avec quelques autres encore, les principales assertions qui sont tombées de votre plume académique dans la lettre que vous écrivez à Mgr Dechamps, avec accompagnement du tic-tac de la même monotone impertinence, répétée cent fois dans les mêmes termes ; parce que ce péché d'impolitesse est pour vous un péché contre nature.

Vous avouerez que cette lecture était plus que capable d'effaroucher la conscience d'un pauvre cordonnier. Aussi, après vous avoir lu, je me disais : Ce coup porté à la mémoire d'Honorius et à rinfaillibilité pontificale est décisif, et aux arguments que le Père Gratr j apporte, il n'y a rien à répondre ; pourvu toutefois, pensais-je, que les faits soient exacts.

Ce qui m'engageait à suspendre mon plein assentiment à votre doctrine, c'était de voir Topinion contraire défendue par des hommes de quelque valeur. Croire que Mgr Dechamps et Mgr Manning, par exemple, fussent ignorants au point de ne pas connaître 1^ documents que vous alléguiez et les sources où vous aviez puisé, cela me semblait fort.

Vous disiez bien que ces vénérés prélats avaient été trompés par une école de 'mensonge; mais je ne* voyais pas la plus petite raison pour qu'ils eussent dû être trompés de préférence à vous* Et puis, quelle était cette école de ruse,.d'hypocrisie et de dissimulation ? Dans tous les cas, la crainte d'être, pour mon compte personnel, attrapé par ces traîtres, me fit venir l'envie, bien pardonnable sans doute, de con-

naître leurs noms. Quant à leur système, c'était évidemment celui qui consiste à déclarer Honorius innocent dans la foi.

Il y avait donc deux écoles en présence, la vôtre, mon Père, qui est Técole de la saine critique et de l'entière sincérité : et l'autre, qui est celle de Mgr Dechamps, et qui est celle du mensonge ou de Terreur.

Tel était le premier point à éclaircir. Car vous saurez, mon iPère, que les noms des défenseurs d'une doctrine n'en constituent pas la vérité, sans doute ; mais sont une indication précieuse, pour quiconque désire ne pas être induit en erreur. Il est difficile qu'une thèse soutenue par l'unanimité des historiens et des théologiens catholiques soit hérétique et présente un grand danger.

Je crus donc devoir reprendre la route de la demeure de ce complaisant prélat dont je vous entretenais tout à l'heure, pour en obtenir quelques nouveaux éclaircissements sur ce point de départ qui me chiffonnait si fort. Je m'attendais bien à trouver la question vivement controversée, de grands noms de chaque côté, et de grands arguments pour et contre, au milieu desquels je n'aurais plus que l'embarras du choix, parce que je voulais sérieusement étudier la question.

Combien j'ai été déçu , mon Révérend Père ! Je ne vous en veux pas; mais je tous assure qu'en cette circonstance, votre léger opuscule m'a fait faire, visà-vis de plusieurs gens instruits, la figure d'un vrai dindon. Jugez-en vous-même.

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