‹ Lettres sur la vie d'un nommé Jésus (volume 2)Chapitre 82 sur 180 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

avec l'autre. » Et mon second texte, porte ■: c Les deux natures en Jésus-Christ opèrent en communion l'une avec l'autre. » Saint Léon ajoute : « Le Verbe opère ce qui appartient au Verbe, et la chair accomplit ce qui appartient à la chair. » Et mon second texte ajoute : « La nature divine opère ce qui appartient à Dieu, et la nature humaine accomplit ce qui appartient à la chair. »

Savez-vous, mon cher Père, que ces deux textes-là ont un grand air de ressemblance, et que si le premier ^st catholique, il serait assez difficile qxte le second ne le fut pas? Or, pourriez-vous imaginer que cette seconde citation est extraite textuellement de la fameude lettre du pape Honorifis à l'hérétique Sergius? n en est pourtant ainsi, comme vous pouviez vous en assurer, en relisant avec plus de soin et d'*attention le texte que vous citez. En eflTet, ne trouvez-vous pas que si le texte d'Honorîus est hérétique, celui de saint Léon pourrait bien l'être aussi f Ce serait un bon 6oup que vous auriez fait là, trouver deux Papes hérétiques au lieu d'un; quelle pêche miraculeuse! Car en fait de doctrine, un Pape ne vaut pas plus qu'un autre.

n est vrai que cette doctrine est déclarée orthodoxe par les Pères du "VI* Concile ; mais vous avez de grandes ressources d'esprit, mon Père, vous connaissez l'utilité de certain silence : on ne parlera pa« du Concile, et le tour sera joué. Nous raisonnerons donc ainsi avec votre permission :

Honorius professe la fol de saint Léon et répète dans sa lettre à l'hérétique monothélite Seat^us, les

propres paroles de ce grand Pape; or, Honorius est condamné comme hérétique pour sa lettre, par le Vie Concile ; donc saint Léon est hérétique aussi. Ce raisonnement me semblerait très-présentable dans la meilleure société.

Mais vous ne voudriez pas taxer d'hérésie un des plus grands docteurs de l'Eglise, et je crois que vous aimerez mieux répondre comme il suit : La lettre que vous citez est en effet orthodoxe; mais vous avez oublié un point essentiel, mon cher Jean Loyseau : Honorius n'a pas écrit qu'une seule lettre à Sergius, il en a écrit deux ; et c'est justement la première que l'on incrimine, c'est celle-là qui fut hérétique et condamnée comme telle. Jean Loyseau, vous cachez des documents essentiels à la question : vous m'imitez et ne vous en vantez pas.

Non, mon cher Père, je ne vous imiterai pas, soyez tranquille, et s'il vous plaît que nous parlions de la première lettre du pape Honorius, parlons-en : cela me plaît aussi. J'ai lu et relu ces deux lettres avec le plus grand scân, et je vous affirme que l'une et l'autre contiennent absolument la même doctrine.

Que nous apprend donc cette fameuse lettre du pape Honorius ? Le voici :

Il faut savoir, d'abord, que cette lettre était une réponse : or, généralement une réponse s'explique un peu par la demande qui l'a précédée; et c'est ici, mon très-cher Père, un point que vous avez un peu trop oublié d'examiner. Sachez donc que le patriarche Sergius, — les Grecs étaient si roués — pour entortiller le Saint Père au sujet de ces deux volontés de

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