‹ Lettres sur la vie d'un nommé Jésus (volume 2)Chapitre 83 sur 180 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

Jéstis-Christ> expression Jusqu'alors réellement peu usitée dans FEglise, lui avait dit et afârmé qu'il y avait des gens qui prenaient cette parole en mauvaise part; entendant par là, non plus deux volontés, l'une divine et l'autre humaine; mais, dans la nature humaine elle-même, deux volontés diverses, l'une, provenant de la grâce, et l'autra de la concupiscence ; et, par conséquent, en lutte l'une contre l'autre, ainsi que cela se passe en nous, entre ce qu'on appelle le vieil homme et l'homme nouveau.

En d'autres termes, il s'agissait de savoir si dans la nature humaine^ Jésus-Christ avait deux volontés contradictoires, une tendant au bien, et l'autre, inclinée au mal, comme chez les autres fils d'Adam qui sont atteints de la lèpre du péché originel.

Et ne croyez pas, mon Révérend, que ce soit là une supposition faite pour les besoins de la cause, ou une induction tirée de la réponse du pape Honorius. Nous avons trouvé cette histoire dans l'écrit d'un très-respectable témoin, qui n'est autre que l'abbé Jean, le secrétaire même du Pape inculpé, et le rédacteur des lettres administratives, dont le Saint Père endossait la responsabilité. Voici comment ce véritable contemporain s'exprime : « Sergius avait écrit au Pape, • dit-il, « en lui disant qu'il était des gens qui prétendaient qu'en Jésus-Christ, il eœistait deux volontés contraires^ savoir^ la volonté de la chai/ et celle de V esprit *. >

1. Cam scripsisset Sergius esse qui dicerent in Christo dnas contrarias voluntates; carnis, inquam, et spiritus. (Voir aussi la lettre du pape Jean IV et la lettre de Sergius.) • 5.

S2 LE CHANT- DU CYONB GALUCAN.

•Voyez-vous bien, m^ntenant, mon Révérend Père, rétat de la question ? Voici le pauvre pape Ifonoritis interrogé non pins seulement sur le point de savoir si, en Jésus-Chrii^, existaient deux volontés etddttx natures, ni même trois volontés : une volonté divifie, et deux volontés humaines, une de celles-ci pout \è bien, et l'autre pour le mal ; mais pour connaître, s*il convenait, de se servir des termes d^une on dé dems volontés.

Le cas était épineux, comme vous voyez* Il »e s'agissait point de donner une définition dofçm«tiqtw; m lis uniquement une règle de conduite dans une circonstance particulière et toute nouvelle, que le Pape ne pouvait bien apprécier, vu les distances, et rhabileté notoire et dangereuse des Grocs. Qu'eus* sîez-vous fait à la place du Saint Père, mon Très- Révérend? Je n'en sais rien; peut-être ne le savexvous pas trop vous-même ; mais ce. qui est certain, si tant est que les lettres d'Honorius soient authentiques, — ce dont on a encore quelques raisons de douter — voici ce que ce Pontife fit. Il pensa devoir, d'abord,* pour mettre ce dogme hors de cause, affirmer la vérité des deux natures divine et humaine, et des deux opérations en Jésus-Christ ^

Puis, ce point bien arrêté, et nettement défini, il proclama, quant à l'hérésie des deux volontés contraires, € que la divinité a pris notre nature ; mais non notre faute; qu'elle a pris cette nature telle

1 . Duas naiuras, id est divînitatî et cai^nis assumptse, în una per^ona Unigeniti Dei Patris incoofùse, iodivisa, et in convertibiliter... propria opérantes. — Epist Htnor. II.

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