‹ Lettres sur la vie d'un nommé Jésus (volume 2)Chapitre 88 sur 180 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

Or, savez-vous bien que *ce docte auteur a découvert dans ses recherches que, vers les époques dont il «'agit, il était d'usage d'appliquer la qualification d'hérétique non-seulement aux erreurs des doctrines; mais encore à certains péchés qui n'avaient absolument aucun rapport avec les questions de foi. Comme par exemple, la simonie. Mais laisgons-le parler lu^même:

€ C'était un usage très-commun, dit-il, d'appeler hérétiques tous les simoniaques, non pas que ceux^i enseignassent dogmatiquement, qu'une chose spirituelle peut se vendre, mais uniquement parce qu'ils ie faisaient. Un des noms donnés à la simonie, par saint Grégoire le Grand, est celui d'hérésie ^ >

Le même auteur note encore un texte, emprunté aux actes du premier Concile œcuménique de Constantinople, et qui montre bien que Ton n'a pas toujours pris le mot hérétique dans l'unique sens que nous lui reconnaissons maintenant. Il s'agissait d'interdire à certaines personnes de porter auôune accusation contre les Évêques dans les affaires ecclésiastiques. Le Concile prive de ce droit les hérétiques, et il dit ce qu'il entend par ce mot hérétiques. Or, voici

I . Altrî molti monumenti potrebbono recarsi a provare il medesimo assunto, e fra gli altri V uso comunissinïb di chiamètre eretici tutti i simoniaci, non già perché costoso inseguassero dommaticamente potersi vendere per prezzo di cose temporal! . ima cosa spirituale... ma perché soltanto lo facevano praticaioente. Questa pratica yiene da S. Gregorio Magno chiamata, iniquitas, pravitas, hœresis. (lib. XI. Epîst. 55 ad Virgilium Arelat. Indict. 4. edit. Maurîn). — Fatti dommatici, Roma, 1795 (éd. 2^), C.'4. p. 6.

comment il s'exprime : « Nous appelons hérétiques, ceux qui ont été rejetés autrefois par l'Eglise, et ceux que, depuis lious avons anathématisés; en outre ceux encore qui, tout en montrant qu'ils confessent la vraie foi, se sont détachés et séparés pour former une réunion opposée à nos Evéques canoniques ^. >

Vous voyez déjà, mon Révérend, que c'est un Concile général qui, prévoyant la difficulté qui vous gêne, prend la peine de nous dire.qu'on appelait alors hérétiques même des gens confessant la vraie foi.

Mais ce témoignage n'est pas le dernier, et je puis vous affirmer, mon Père, que tous les théologiens sont d'accord sur ce point, et ce, pour l'amour de la vérité même, lorsqu'il n'était pas question de l'aflFaire d'Honorius et de sa condamnation. Voici, encore, comment le même Bolgeni résume sur ce point l'opinion universelle : • Les saints Pères, i dit-il, « et les Conciles ont donné le nom d'hérétique à quiconque enseignait quelque chose qui fût contraire à la foi, soit directement, soit indirectement, soit du premier coup, soit avec de longs détours, et encore à quiconque était suspect d'hérésie, ou, même, y était s&ïir iQm^ïii favorable. Cette assertion demande à être prouvée par les monuments ecclésiastiques afin qu'on

1 . Hsereticos autem dicimus, et qui olim ab Ecclesia abdicati fitint, et qui sunt postea a nobis anathematizati. Ad haec autem et eos^ qui se sanam quidem fidem confiteri prseseferunt^ avulsi autem sunt et abscisi , et ad versus canonicos nostros Episcopos congregationem faciunt. (V. le texte dans M. l'abbé Guërin. Les Conciles généraux et particuliers. Paris, 1868, T. I, p. 173). .

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