‹ Lettres sur la vie d'un nommé Jésus (volume 2)Chapitre 89 sur 180 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

voie que cette parole hérétique^ hérésie a, dans le langage de nos Pères, un sens bien plus étendu et bien plus large que celui qui, communément, lui est appliqué de nos' jours, dans lesquels il semble que Tusage ait restreint ces expressions au sens d*hérésie et d'hérétiques formels ^ »

Voyez donc, mon Révérend, comme la question devient claire, et ce que c'est que de consulter les gens qui savent quelque chose. C'est une grande leçon pour vous, et pour moi .

Je vous citerais bien, encore, sur cette question, l'opinion de Mauro Cappellari, qui fut, depuis, Grégoire XVI; mais peut-être vous semblera-t-il faire partie de l'école de mensonge, de ruse et de dissimulation : enfin, tant pis. Je m'y risque : voici donc ce que disait ce religieux, qui, je vous l'assure, ne manquait point de savoir : *c Si les adversaires prétendent que le mot hérétique doive se prendre toujours en un sens tellement étroit qu'il ne puisse jamais signifier que celui qui se rend coupable d'une hérésie formelle, nous leur rappellerons l'exemple de Théogue et d'Eusèbe de Nicomédie dans le Concile

1* « T santi Padri, e i Concilii hanuo chiamato eretico chimique dicesse cosa contraria alla fede o direttamente, o indirettamente, o a primo colpo, o a lunghi giri ; ed anche ehiunqne fosse soltanto sospetto di eresia, o adessa favorevole' Bisogna provar questo pnnto coi monumenti ecclésiastici ^ afi^chô si Teda che le parole eretico y eresia, hanno presso i Padri nostri^ nn senso esteso e largo piu diquello che comunemente si soglia intandere à temp^ nostri, nei quali pare che l'uso abbia ristretto queste parole al solo senso di eresia, e di eretid formait. {Fatti dommaticif c. 4, prop. 6). »

de Nicée» et, dan» la Concile de Cbaloédome, celui i% Théodoret, de Jean et d'autres encore»,, et ils verront qu'ixi entendait» 30ua cette désignation» tous les fauteurs cFhérésie en général» et môme ceux qui se contentaient de ne pas s'opposer manifestement 4 l'hérésie ^ >

Il me semble que de tout cela il résulte, avec une certaine évidence, que dans l'antiquité c'était chose reçue de donner le nom d'hérétique non-seulem«ftt aux hérétiques proprement dits, et formels; mai» encore à ceux qui étaient simplement leurs fauteurs *.

Voici déjà plusieurs fois, mon révérend Père, que nous nous trouvons en présence de ce petit mot fauteurs, fauteur d'hérésie, assimilé au mot hérétique dans le langage des temps dont nous parlons; je le rencontre encore dans votre petit livre à un endroit auquel nous reviendrons, mais qu'il est bon de vous rappeler ici parce que, puisqu'il vous condamne, vous l'avez inséré, néanmoins avec une bonne foi certaine-

1. « Se gli avversarii, pretendono che la voce eretico debba preudersi sempre in senso si stretto, da non sîgnifîcare giammai se non chi è reo di eresîa formale, ricorderemo lovo Teogui ed Eusebio di Nicomedia nel conciUo Niceno, Teodo-

reto e Giovanni, ec, nel Calcedonese e vedranno, che ge-

neralmente si appellano cosi anche i fomentatori^ ed i non manifeste oppugnatori deir eresia. (U Tiionfo délia Santa Sede e délia Chiesa, éd. de Venise, 1B32, p. 421). »

2. « Receptum antiquitus fait, ut hœreUeorum nomin« signi" ficarentur tam hseretici proprie dicti, quam eorum fautait* {Prœlêciiones theologiçœ, R<Mn8e 1841 ; Vo U, psurs h p. 556 et 557). »

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