‹ Lettres sur la vie d'un nommé JésusChapitre 12 sur 37 · I.\TRODLCÏI0-\. XXXVII · texte numérisé non relu

I.\TRODLCÏI0-\. XXXVII

Ce qui dut faire bien plaisir au Renan.

Or, la tortue, qui Ijrille par sa prudence, sinon par sa vélocité; la tortue, qui aime à faire ce qu'elle fait avec poids et mesure et conscience, la tortue se doutant que le compère n'avait pas, pour le simple plaisir de les admirer, flairé ses paperasses, la tortue se dit en grec : a Voilà un coquin de Renan qui me fait bien l'effet de vouloir se parer de mes plumes. »

Sur ce, pour assurer la propriété de ses découvertes, et dans la prévision du retour très-prochain du Renan, la tortue se rendit en diligence à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres de la ville de Lutcce susdite, et, s'adressant à sa haute justice et à son impartialité bien connue, elle obtint que son manuscrit fût, par un délégué de l'Académie, daté, sir/né et paraphé au recto et au verso de chaque feuillet, et marqué du sceau de l'Institut, pour garantir la propriété légitime et la priorilc de ses découvertes.

Cette opération délicate eut lieu le 28 septembre 1861 , c'est-à-dire avant le retour du Renan, auquel cela devait procurer une impression d'autant plus désagréable qu'elle était moins, par lui, vivement désirée.

Ce fut après cette précaution malheureuse que le Renan chanta.

Des gens malavisés, ayant eu vent de la chose, le prièrent de ne pas chanter si fort, sous le prétexte que cela leur faisait mal à la tête, toutes les fois qu'ils entendaient chanter faux.

Le Renan, qui sans doute ignorait ces détails, pria un ami de chanter à sa place.

L'ami, fort complaisant, ne crut devoir refuser au Renan ni l'appui de sa prose ni la ferveur de son indignation.

11 ne lui refusa que de signer son nom.

XXXVIII INTIIODUCTIOX,

Ce qui laissa supposer à bien des gens...

Mais c'étaient des esprits gâtés par !a scolastique.

En somme Yalter ego de Renan écrivit ce qui suit :

Paris, 1-3 lo juillotlSOS.

« P. -S. Qu'est-ce que ce savant jésuite qui conteste les découvertes de M. Renan? Nous prend-il pour des oies? Ces découvertes^ dites antérieures, sont-c'les publiées ou non?

)) Si elles sont publiées, il arrive de singulières choses.

» 1" Le savant jésuite qui les connaît seul (à l'exception du plagiaire M. Renan, bien entendu; se trouve être à lui seul plus savant que tous les membres de l'institut ensemble, qui n'en ont jamais ouï parler.

)) 2 " M. Renaii doit être doué d'une dose d'imprudence et d'impudence qui va au delà du vraisemblable, pour aller solennellement, devant son propre corps, donner comme siennes des découvertes avec lesquelles il sait qu'on peut le couvrir de confusion en les lui jetant à la face déjàpubliées ailleurs et avant lui.

y> M'ont-elles jamais été publiées? alors elles ne signifient rien.

» Priorité de publication, priorité de découverte.

» C'est la loi et les prophètes, cette maxime ayant l'autorité souveraine de la chose définitivement jugée. On n'en a pas invoqué d'autres pour Leibnitz contre >;ewton, pour Cliampollion contre Young, et il n'y en a pas d'autre en efi'et.

» Et sans cela, oîi en serions-nous, mon Dieu ?

» Faites la découverte laplus importante ou laplusinsignifiante, et à l'instant vous aurez à vos trousses (cela ne manque jamais) une meute de cinq ou six savants jésuites

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