‹ Lettres sur la vie d'un nommé JésusChapitre 17 sur 37 · P. XI · texte numérisé non relu

P. XI

parle qu'une fois dans ce qui nous est resté de ses œuvres, et je ne dis pas que ce ne soit pas important ce texte, puisqu'il affirme que Jésus était le Christ, Xptcxoç oÔto; -^v. — Je ne sais pas le grec, mais je copie, — Je sais bien que ce maudit petit mot ^v, était, est assez désagréable à rencontrer dans une pareille bouche ; mais ce n'est pas une raison pour nous fourrer à la place le mot lUyt-o, qui signifie passait pour, — à ce qu'on m'a dit, — ou quelque chose d'approchant. Je n'ignore pas que vous dites : « Il devait y être (1\ » Certainement qu'il devait y cire, mais, enfin, il n'y était pas. Il a manqué à son devoir. Ce n'est pas votre faute, c'est sûr, et personne ne vous en fera de reproches ; mais personne, aussi, ne vous priait de réveiller le chat qui dort. Quelle drôle d'idée vous avez eue là, mon pauvre maître ! et dire que vous avez fait cette boulette dès la dixième page de votre introduction !

Mais, grands dieux, comme une sottise en attire une autre ! Vous avez bien compris votre faute, et vous essayez de la réparer en disant : (( On sent qu'une main chrétienne a retouché ce morceau (2 , » Voyez-vous, la finesse? va nous dire un bedeau mal élevé, c'est lui qui le retouche, le morceau, et il appelle cela une main chrétienne ! Sapristi ! mon révérend, ne faites plus semblable chose ; vous qui êtes si adroit à ne pas parler des textes qui vous gênent, quelle démangeaison aviez-vous d'aller ressusciter celui-là? un texte, justement, que les cléricaux apportent comme une des

(l) P. X, note. — (2) P. X,

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preuves de la divinité de Jésus-Christ . Vous deviez bien savoir ça, que diable ! vous qui avez été au séminaire. Est-ce que vous dormiez en classe, au lieu d'écouter la leçon.

Je vous prie de remarquer que ces observations ne sont pas précisément de moi, mais bien de M. le vicomte de Kersolon. Il en sera de môme toutes les fois que je me trouverai en tète à tête avec du grec ou du latin. P.ien ne vous empêche de faire comme moi : quand vous ne comprenez pas un texte, faites- vous-le expliquer par ceux qui le comprennent. Il ne faut pas y mettre de vanité : personne ne vous en voudra, au contraire.

Quant à Philon, il ne fallait pas dire « qu'il était le frère aîné de Jésus 1\ » Je vous dirai plus tard, pourquoi. En outre, je ne vois pas trop à quoi il peut vous servir, ce frère aîné-là, puisqu'il n'a pas vécu avec votre héros et ne l'a ni vu ni connu. <( Quel dommage, )> dites-vous, a que les hasards de la vie Jes hasards de la vie ! ) ne l'aient pas conduit en Galilée ! que ne nous eùt-il pas appris [2, ! » Mon Dieu, oui, c'est bien dommage qu'il ne nous ait rien appris ; mais il y a tant de choses qui sont dommage en ce bas monde ! Qui sait? peut-être un jour dira-t-on de vous comme de Philon ?

Donc, de ces cinq grandes sources où vous prétendez avoir puisé, il n'en reste qu'une seule qui soit sérieuse, c'est le Nouveau Testament ; et, en particulier, les

(1) P. IX. — (2) id.

li LETTRES SUR LA VIE

quatre Évangiles. Or, comme vous me semblez les considérer sous un point de vue assez neuf et assez original, nous examinerons, si vous le voulez bien, votre appréciation dans la lettre qui suit. J'ai toujours l'honneur d'être, bien entendu...

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