‹ Lettres sur la vie d'un nommé JésusChapitre 20 sur 37 · P. XXV · texte numérisé non relu

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tourmentez donc pas trop à ce sujet ; puisque vers l'an loO, tout le monde attribuait cet Évangile à saint Jean, vous pouvez bien faire comme tout le monde, en 1863. D'ailleurs, peut-être l'opinion de Papias étaitelle comme celle de tout le monde.

Vous êtes vraiment un homme terriljle; et vous avez eu le plus grand tort de vous embarquer dans cette discussion enragée, dont vous êtes incapable de sortir. J'ai essayé de concilier vos opinions entre elles, et cela m'a été pleinement impossible. Ici, vous nous dites que <( Jean a voulu couvrir de l'autorité de Jésus certaines doctrines qui lui étaient chères... qu'en prêtant ses idées à Jésus il ne fit que suivre un penchant bien naturel i;l\ )) etc., etc. Et \h, « vous inclinez à croire que les discours, au moins, ne sont pas du fils de Zébé<:lée(2\ » Alors, pourquoi lui en faire un reproclie? Tantôt vous nous faites observer que saint Jean « parle toujours comme témoin oculaire 1 3 ; que, depuis la mort de Jacques, son frère, il restait seul héritier des souvenirs intimes dont ces deux apôtres, f/<? /V/rew f/e ^û?/s, étaient dépositaires... qu'il raconte des circonstances que lui seul pouvait connaître... de petits traits de précision... des souvenirs de vieillard quelquefois d'une prodigieuse fraîcheur , 4 . » Ailleui's il se transforme sous votre docte plume, et vous « osez défier qui que ce soit de composer une vie de Jésu.s qui ait un sens en tenant compte des discours que Jean prête à Jésus... (C'est donc lui qui les a écrits), sa

(1) \\ XXXI. — (2) p. xsxvi. — ,3) P. XXVI. — (4) P. xxviii.

mise en scène est sans naïveté, ses discours raides et gauches, etc., etc. (1) » En bonne conscience, mon cher maître, vous me laissez dans une grande perplexité.

Je crois que vous feriez bien de renoncer aux discussions et aux raisonnements, dont voiis vous tirez mal, pour vous livrer entièrement à la littérature pure, où vous réussissez mieux. Vous ne ferez croire à personne ayant une étincelle de bon sens, que les Évangiles aient été altérés. Tout le monde sait quel respect les anciens fidèles avaient pour les écrits des Apôtres ; et quels beaux cris on eût jetés, dans toute l'Église, si un faussaire eût tenté d'y glisser ou d'en soustraire un seul mot. Tout le monde comprend que s'il y avait eu. comme vousle dites, tant de versions diverses, il sérail Jjien étonnant que ce fût la même que l'on trouve aujourd'hui partout : c'est là ce qu'on pourrait appeler un fameux miracle ! S'il y en avait eu un si grand nom])re, que sont donc devenues les autres? Cela saute aux yeux, mon révérend.

Vous êtes adorable avec vos hypothèses. Quand vous nous parlez des Évangiles selon saint Matthieu et selon saint Marc, l'un, témoin oculaire, l'autre, narrateur, sous la dictée de saint Pierre, des faits et des paroles de Notre-Seigneur Jésus-Christ, vous constatez : « 1" que ces deux ouvrages étaient rédigés sans aucune entente, et en langues différentes ; 2" que dans l'étal actuel des textes, l'Évangile selon Matthieu et

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