‹ Lettres sur la vie d'un nommé JésusChapitre 25 sur 37 · LETTRE YIP · texte numérisé non relu

LETTRE YIP

Le Baba et le Firké Abotli font leur première apparition. — La férule . du hazzan. — Les pédants orientaux et les pédanis occidentaux. — On demande le moyen de lire en 1863 les livres qui seront imprimés en l'an 2000. — Les professeurs de Jésus (le nommé Jésus). — Le Joma et le Pérachim unissent leurs grands noms à celui du Baba. — On marche sur un cor au pied de .M. Renan. — Daniel est positivement réduit à zéro. — Comparaison touchante de M. Renan avec sa cuisinière. — 7 fois 7 font 49. — Enoch dit des choses désagréables au Père Renan. — Je suis fin, tu es iïn, il est fin, nous sommes fins, éloge de la finesse. — Naïveté des gens qui croient qu'on est mieux vêtu à la cour qu'on ne l'est ailleurs. — Les fourrais ne parlent pas, ni les cigales non plus; et il est des gens qui feraient bien de les imiter. — Théorie des belles erreurs.

Vous devez comprendre, mon révérend, que ma position vis-à-vis de vous ne peut être celle d'un profond linguiste, d'un historien, ou d'un philosophe. Je ne sais que ce que tout le monde sait, ou à peu près ; et, par conséquent, je ne puis suivre votre vol audacieux, ni dans les régions éthérées de la métaphysique, ni dans le royaume poudreux des vieux livres, ni dans le brouillard des temps passés. Laissant donc aux docteurs, qui se préparent, dit-on, h. vous répondre, le soin de faire de savantes recherches, ma petite tâche est, tout bonnement, de vous communiquer mes doutes, tels que peut les concevoir un ouvrier ignorant.

Ma bibliothèque se compose de deux volumes : le

premier, c'est le vôtre ; le second, c'est, simplement, le livre des Écritures, sur lequel vous appuyez vos ingénieux récits.

Toutes les fois, donc, qu'il vous arrivera de citer des grands mots comme Targiim, Midraschim, Mischna, Schabbath, BahaK ama^ Pirké Aboth, Menachoth, ou Sophorim^ ne vous étonnez pas si je leur tire ma casquette, et si je leur fais la plus profonde des révérences : tout ça, pour moi, c'est de l'hébreu.

Mais, quand j'aurai la chance malheureuse de découvrir, dans votre ingénieuse narration, quelque contradiction flagrante, soit avec les Évangiles soit, hélas, avec vous-même, vous me permellrez bien , j'espère, de continuer à vous fah^e part de mes petites observations.

Je ne dirai pas tout , parce qu'il me faudrait un volume aussi gros que le vôtre, et, sans doute, il ne se vendrait pas; mais je vous ferai part, naïvement, des difficultés principales, au fur et h mesure qu'elles se présenteront.

Ainsi, par exemple, comment donc se fait-il que vous nous disiez que Jésus « apprit à Lire et à écrire, » et que vous nous le représentiez sous la férule du (( hazzan, » ayant, « sans doute, entre ses mains un livre qu'il répète en cadence, avec ses petits camarades, jusqu'à ce qu'il le sache par cœur (1\ » Saint Jean, que vous citez, ne parle pas du tout du liazzan dans son cli. viii, verset 6; il dit bien, il est vrai, que

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