LETTRE IX
Il y avait une fois un Kiizir, ressemblant at:x Courons, et vivant comme un Yoguy, sous rinllnonce des Mounis. — Saint Jéiôaie et Robinson. — Un cirûle de supérieur. — Les noms qu'on ne peut jirononcer qu'en éternuant. — Le nommé Jésus prend des leçons de déclajiation. — Impossibilité de reconnaître les gens qu'on connaît, surtout s'ils appartiennent à vo'.re famille. — Panécryrique du pauvre Satan. — Parallèle du même avec le héros de Bar Renan.
— Prendre à gauche, pour arriver à droite. — Regarder la monnaie, avant de se former des opinions politiques. — Jésus-anarchiste.
— Enfoncés les calotins. — Cherchez, et vous ne trouverez pas.
Grâce à Dieu, nous sommes délivrés de cette vilaine page, et j'espère Lien que vous ne recommencerez pas. Oublions donc que Jésus a « compromis «le christianisme, en ne sortant pas « immaculé des luttes de la vie (1\ » ce qui n'empêche pas, comme nous venons de le voir, que , s'il obtint plus de succès que d'autres, ce fut parce qu'il se montra moins scrupuleux,
Maintenant que nous savons à quoi nous en tenir sur sa doctrine qui n'existait point , et sur sa morale exagérée, entrons vaillamment dans l'étude de sa vie publique.
H n'était pas nécessaire, mais il était bon de nous peindre Jésus comme un liomme sujet à des varia-
lions dans sa doctrine , et subissant des influences étrangères ; cela sert toujours à le déprécier un peu : vous l'avez tenté, mon révérend, et d'une manière assez liahile ; mais je crois que vous pouviez faire mieux. Voici, en effet, votre thème :
Il y avait une fois « un certain Jolianan..., qui fut Nazir..., et qui menait la vie d'un yoguy (1 '. » Certainement, CCS mots savants font bien meilleure figure que si vous eussiez dit en français qu'il y avait un certain Jean, vivant dans l'abstinence et vêtu de poil de chameaux ; mais ces mots charmants font toujours plaisir. Ce Nazir, vivant comme un yoguy, était beaucoup préoccupé de la pensée d'imiter Élie. Cela se conçoit aisément. Élie était un homme si terrible, que « le féroce Abdallah » pensa mourir de peur, rien que pour l'avoir vu en rêce. En outre, Johanan, ou Jean, voulait être chef de secte, et « les maîtres des jeunes gens étaient parfois des espèces d'anachorètes, assez ressemblants aux Gourous. )> Cela provenait-il « de l'influence éloignée des Mounis?... C'est ce qu'on ignore ; » mais c'était toujours bien instructif et bien utile à connaître, ainsi que le nom du sage Bodhisattva, — un nom sauvage et désastreux, qu'on ne dit qu'en étcrnuant — « fondateur du sabisme (2). »
En tout ceci, je ne trouve matière qu'à l'admiration. Un peu de poudre aux yeux ne fait jamais mal, surtout au commencement d'un chapitre.
Puis, en homme très-modeste ,' vous avez toujours
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soin (l'assaisonner vos histoires d'un pcul^-être... , il se pourrai!... , il est à croire..., on dit..., j'incline à penser..., etc. Si l'on ôtait ces formules-là de votre Ijel évangile, il n'y resterait, peut-être, pas cent pages. Quelle perte ce serait... pour l'éditeur!
Quoi qu'il en soit des mille et une savantes analogies, « qu'il est fort difficile de démêler (1), » le fait est que Jean baptisait , parce que c'était la mode du pays ; et, comme c'est difficile de baptiser sans eau , il se transportait aux: bords du Jourdain ; ou bien près deSalim, auprès de la mer Morte. Saint Jérôme dit bien que ce n'était pas là; mais Robinson dit que c'était là; or, comme saint Jérôme habitait là, en ce temps-là, et que Robinson n'habitait pas là, et ne vivait pas en ce temps-là, il est bien à croire que c'était là \2\
Or, ce Nazir Johanan était une manière d'abbé de Lamennais toujours irrité (3). « On se le représente comme un vieillard, » mais on a tort, car il était trèsjeune. Ce qu'il y a de sûr, c'est « qu'il prêchait avec beaucoup de force contre les prêtres riches (-4\ n — Voyez plutôt Luc et Matthieu; — j'ai vu, pour, vous oliéir, Luc et Matthieu, qui n'en disent pas un mot : mais cela prouve en votre faveur. D'ailleurs , s'il ne prêchait pas contre les prêtres, il devait prêcher, c'est absolument la même chose. Et puis, enfin, ça ne fait jamais mal de fourrer les prêtres dans un mauvais cas, même les prêtres juifs.
(1) P. 99. — (2) Id. — (3; P. 10;.. — (4) P. 103.
(( La catastrophe qui mit fin à ses jours » — aux jours de saint Jean — « semble supposer... qu il est probable qu'il ne resla pas étranger à la politique il\ » C'est évident , puisqu'il mourut pour avoir reproclié à Hérode une union incestueuse. Je vous demande un peu de quoi il se mêlait. En outre, voyez Josèplie. Il est vrai que Josèphe n'en parle pas ; mais c'est uniquement par prudence, car il en eût certainement parlé, si ce n'eût été (c pour ne pas faire ombrage aux Romains ;2\ »
Mais voici venir le moment décisif. Jésus, qui s'était déjcà « formé un petit cercle d'auditeurs (3),» pensa, comme il (dait très-fin, qu'il ne ferait pas mal de profiter de la popularité de ce Nazir Juhanan, afin de se faire priser un peu soi-même. Ma foi, un peu d'a'lresse n'est pas défendue : il vint donc trouver le susdit Xazir, « avec sa petite école... Les nouveaux venus se firent baptiser, comme tout le monde ; « ça fit plaisir à Jean, « qui les accueillit très-bien et ne trouva pas du tout mauvais qu'ils restassent distincts
de ses disciples... Les deux maîtres étaient jeunes
ils s'aimèrent et luttèrent, devant le public, de prévenances réciproques. » Ah ! si Jean eût été un vieux maître, « il se fût révolté; » mais Jésus, « pendant tout le temps qu'il passa près de lui, le reconnut pour supérieur (4) , tout en gardant , à son égard , des allures d'indépendance. » Choses assez difficiles à concilier ensemble.
Voilà qui s'appelle de l'histoire bien racontée!
(i;, P. 10 i. — (3) Id. note. — (3) Id. — (4) P. 104 ?. passiia.
I)"UX NOMMÉ JÉSUS. 99
Les esprits vulgaires se demamleront peut-èlre à quoi sert tout cet épisode du Nazir Johanan. Gens ineptes et frivoles ! cela sert à prouver, comme deux et deux font quatre, que, « à toutes les époques, Jésus céda beaucoup à l'opinion (1\ )>
Cela prouve encore qu'un homme d'esprit comme vous, mon digne maître, ne se trouve jamais embarrassé de rien. On ne connaît, dites- vous, pas grand'chose sur saint Jean-Baptiste : tant mieux, parljleu. Vous ferez voir ce que peut le génie de l'historien. Vous supprimerez ce qui existe, vous contredirez ce qu'on a dit ; vous inventerez le reste, puis, vous direz : voyez Luc, et le tour sera lait. Les évangélisles vontils être attrapés, mon Dieu !
En effet, fidèle à la consigne, vous ne dites rien du tout du récit évangélique, sinon pour le pulvériser, et vous y réussissez !. .. comme à l'ordinaire. Au fait à quoi servirait l'histoire?
— Une parenthèse. — J'ai déjà dit que vos notes avaient le privilège de me ravir. En voici deux , ineffables de candeur.
Sous ces mots : «Jean était du même âge que Jésus, n vous citez Luc, i. Or, Luc, i, dit positivement que Marie, mère de Jésus, était parente d'Elisabeth, mère de Jean. Il n'est guère probable que tous les historiens contemporains eussent cru à une erreur, que personne, que je sache, n'a jamais signalée; mais vous voici venir avec votre formidable note : « Ce qui con-
Cerne la parenté de Jean avec Jésus, sont des détails légendaires (1). » Quelle critique, quel sens vrai! quel discernement profond est le vôtre! Ah! il n'y a pas moyen de vous en imposer : voiLà des preuves!
La seconde note est plus fulminante encore. Vous écharpez à la fois les quatre autres évangélistes ; ils disaient que Jésus était venu seul vers saint Jean, el ce, « avant qu'il eût joué un rôle public ^2'; » mais malgré votre peu de sympathie pour le quatrième évangéliste, comme il affirme, selon vous, que Jésus fut trouver Jean « avec' une troupe de disciples, » la seconde fois qu'il lui rendit visite, vous daignez, pour cette occasion, lui donner la préférence. Mais qu'il prenne garde de s'y habituer ; une fois ne fait pas coutume. 0 puissance divine de la logique! comme cela prouve victorieusement que, la première fois, il ne put pas y aller seul! hypothèse absurde autant qu'impossible; car, puisque Jean le reconnut, « il faut donc supposer que Jésus était déjà un maître assez renommé ^3\ » Certainement, il faut le supposer; pourquoi pas? Est-ce qu'on peut reconnaître quelqu'un qui n'est pas un maître renommé, surtout quand — ce qui est démontré — on n'est pas son cousin? Disons donc, sans Aristote : aujourd'hui, ils sont deux; donc, hier, ils étaient trois.
C'est ainsi que je raisonnais, pour vous faire honneur, ô mon maître; mais ne voilà-t-il pas que j'ai eu la malencontreuse pensée de lire, dans le quatrième
(1) P. 107. — (-2) p. lOa. — (3) P. 105.
d'u.\ i\-OMMÉ JÉSUS. iOi
Évangile, le récit de celte seconde visite de Jésus au Lamennais du désert ; et voici ce que Jean raconte :
« Jésus vint avec ses disciples, dans la terre de Judée, et il demeurait là avec eux, .. Quant à Jean, il baptisait à Ennon, près de Salim (1). » En soi, ce texte ne prouverait pas beaucoup que saint Jean-Baptiste ait reçu la visite de Jésus, avec une escorte ; mais, si l'on veut prendre la peine de se rappeler que (c les premières pages du quatrième Évangile sont des notes mises bout à bout (2^, » alors cela prouve. Nous maintenons, donc, le raisonnement susdit.
Quant à la politesse réciproque des deux jeunes maîtres, et à la supériorité reconnue de Jean sur Jésus, cela détruit si admirablement la fausse opinion que je m'étais formée au catéchisme, que je ne puis résister au plaisir de citer le texte, réputé sacré, que l'on m'y avait enseigné. Voici donc ce que disait Jean, en parlant de Jésus, au témoignage de saint Marc : « Je ne suis pas digne de me prosterner à ses pieds, pour délier le cordon de sa chaussure ^3\ » Marc est bien un synoptique; mais il est à croire que ce passage est légendaire, ainsi que tous les textes analogues des trois autres évangélistes.
Je nwme sens pas d'aise de me voir si ]>ien renseigné. Je vois de mieux en^ mieux que vous n'aviez pas tort, en nous parlant de vos révélations, sur la montagne de Ghazir.
Les rapports du Xazir avec Jésus, son « confrère
(1) Jean, 1'.!, S3. — (ri P. 105. — (3; Maro, i, 7.
affidé (1), » avaient, malgré sa profonde originalité (2\ (( fait dévier celui-ci de sa voie (3\ » l'influence de Jean avait été à Jésus plus fâcheuse qu'utile, u Elle fut un arrêt (s?'c) dans son développement {A\ » Mais, consolons-nous, Jésus va se retirer au désert, «à l'exemple des autres (5); » et, pour travailler a l'imagination de ses disciples, » qui n'existaient pas encore, se livrer en ces lieux désolés, à un jeûne rigoureux, et à des conversations intimes avec le diable : genre de divertissement remis en honneur dans les temps modernes.
Mais, avant de passer outre, je pense qu'il sera utile de signaler ici, d'une manière catégorique, quelle idée nous devons nous former de ce nouveau personnage qui paraît sur la scène; sans doute, lui aussi, va devenir un des professeurs de Jésus. Je vous demanderai donc la permission de vous prendre pour guide dans cette élude intéressante, Satan nem'élantpas personnellement connu.
(( Detousles cires autrefois maudits que la tolérance de notre siècle a relovés de leur analhème, Satan est sans contredit celui qui a le plus gagné au progrès des lumières et de l'universelle civilisation.il s'est adouci peu à peu, dans son long voyage, depuis sa perte jusqu'à nous ; il a dépouillé toute sa méchanceté d'Ahrimane. Le moyen âge, qui n'entendait rien à la tolérance, le fit à plaisir laid, méchant, torture, et, pour comble de disgrâce, ridicule. Milton comprit en-
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fin ce pauvre calomnié, et commença la métamorphose que la haute impartialité de notre temps devait achever. Un siècle aussi fécond en réhabilitations de toutes sortes ne pouvait manquer de raisons pour excuser un révolutionnaire malheureux, que le besoin d'action jeta dans des entreprises hasardées. On pourrait faire valoir, pour atténuer sa faute, une fuule de motifs, contre lesquels nous n'aurions pas le droit d'être sévères (I\ »
Je ne puis nier que ce petit panégyrique du personnage en question ne m'ait fort réjoui. Puisque vous êtes si bien renseigné, j'aimerais à savoir si le diable a réellement une queue, ou si sa queue est légendaire. C'est pure curiosité de ma part; mais, en tout cas, je suis bien aise d'apprendre que ce pauvre calomnié n'est ni laid, ni méchant, ni torturé, ni cornu, mais tout simplement un révolutionnaire malheureux. Votre Jésus ayant été un révolutionnaire heureux, il ne saurait y avoir entre eux que cette seule différence, le succès. Quant cà leurs fautes, tous deux en ont fait; hélas! les plus belles natures sont peccablcs; mais vous êtes bon prince, et, pour les excuser l'un et l'autre, vous trouvez une foule de motifs charitables. Jésus pécha par néccssifé, le diable par le besoin d'action, voilà toute la différence : l'un vaut l'autre. Et vous, mon révérend, quand vous péchez, par quel motif péchez-vous? Est-ce aussi par nécessité, ou par le besoin qu'on s'occupe un peu de vous? mais, peut-
(1) Renan, Introdt-.ction au livre de Job.
lOi LETTRES SUR LA VIE
être ne péchez-vous jamais? c'est l'hypothèse qui me semble, de beaucoup, la plus pro])a])le.
C'est grâce, sans doute, aux charitables avis de ce révolutionnaire infortuné, non moins qu'à l'influence du Baptiste, que Jésus ne va plus être « un délicieux moraliste (1), » mais qu'il va a devenir un révolutionnaire transcendant 2^ ; » et fonder « cette grande doctrine du dédain transcendant (3\» qui sera l'àme du royaume de Diev^ probablement transcendant, aussi, comme le reste.
« Attendre le royaume de Dieu sera synonyme d'être disciple de Jésus. Ce 'mot royaume de Dieu, ainsi que nous l'avons dit, était depuis longtemps familier aux juifs ;4}. » — Excepté, bien entendu, à saint Jean l'Évangéliste; toujours comme nous l'avons dit (o\
Mais voilà, peu à peu, Jésus qui se fanatise de son royaume de Dieu, n La persuasion qu'il fera régner Dieu s'empare de lui d'une manière absolue. Il s'envisagea comme l'universel réformateur... dans son accès de volonté héroïque, il se croit tout-puissant... n H va jusqu'à vouloir révolutionner « la nature ellemême. » La seule révolution qu'il ne tenta pas, fut la révolution politique, (c à laquelle il avait renoncé (6;. )> C'est bien dommage : cela manque à sa gloire ; mais l'exemple de Juda le Gaulonite lui avait fait peur.
Il n'y voyait pourtant pas très-clair là-dessus ; et Satan avait, en vain, pour l'éclairer, poussé la géné-
(]) P. UG. — [i] IJ. — (3;; P. 119. — (V, P. lie. — (5) P. 73.
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rosiié jusqu'à lui « proposer les royaumes de îa terre. » Des (( tentations étranges )> traversaient parfois son esprit : « beaucoup de vague restait dans sa pensée. » Il ne savait ce qu'il voulait, dans sa <( volonté héroïque,» et se sentait poussé, «sans dessein arrêté,» par un vague et « noble sentiment, » à « l'œuvre sublime... qui s'est réalisée... d'une manière fort différente de celle qu'il imaginait ; » ce qui n'empêche pas que si, «du sein de son Père, il voit son œuvre... il peut bien dire avec vérité : Voilà ce que j'ai voulu 1). »
Si quelqu'un comprend ça, je déclare qu'il est fort : je lui vote une statue.
Que le mot : « rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu, » soit « établir en principe que le signe pour reconnaître le pouvoir légitime, est de regarder — Je signe est de regarder!) — la monnaie, » et que « le christianisme, en ce sens, ait beaucoup Contribué à affaiblir le sentiment des devoirs des citoyens ^2; ; » cela, je l'avoue, me passe encore.
Le reste de votre chapitre, mon digne maître, est à peu près à cette hauteur-Là. Tout ce que j'y ai pu saisir c'est que « Jésus ne savait pas assez l'histoire ,3' ; » que vous la savez bien mieux que lui ^4) : que (( les révolutions cosmiques, du genre de celle qu'attendait Jésus, ne se produisent que pour des causes géologiques ou astronomiques ,5; ; » mais qu'il ne faut pas se montrer trop sévère à son égard ; ni aljuser, envers lui, de notre science, pour ne pas l'humilier sous notre
(1) P. 120, 1-21, passim. — (-2) P. 12-2. — (3) Id. — (4) P. 123. — (5)P. ^2:^.
splendide supériorité scienlifiqiie : que nous pouvons <( continuer d'admirer la morale de l'Évangile,» pourvu que nous supprimions, dans nos instructions religieuses, la chimère qui en fut l'âme ; » que « l'idée de Jésus fut... la plus révolutionnaire qui soit jamais éclose dans un cerveau humain; » que Jésus, à quelques égards, est un a anarchiste, » car il n'a nidle idée du gouvernement civil, lequel « lui semhle purement et simplement un abus ; » que (( tout magistrat lui paraît un ennemi naturel des hommes et de Dieu ; » et que, malgré son ignorance et sasimplicité, uil annonce à ses disciples des démêlés avec la police (1). »
Mais, comme cette prophétie s'est, depuis, assez bien réalisée, et que cela pourrait donner de l'autorité aux paroles de Notre-Seigneur, vous avez voidu atténuer sa valeur en démontrant, par un irrésistible argument,qu'il s'était quelquefois grossièrement trompé. -
En effet, pour nous prouver que dans le royaume de Dieu, tel que le concevait Jésus, il ne devait y avoir « ni docteurs, ni prêtres (2,» vous nous renvoyez à une quinzaine de versets du Nouveau Testament. <( Cherchez et vous trouverez, » avait dit Jésus.
J'ai cherché, et je n'ai rien trouvé.
Décidément, vous êtes plus fort que lui.
C'est dans cette peisuasion intime, mon très-révérend père, que je suis en toute humilité
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