‹ Lettres sur la vie d'un nommé JésusChapitre 9 sur 37 · XXX [V I X T R 0 II U C T I Û X · texte numérisé non relu

XXX [V I X T R 0 II U C T I Û X

ble (1) ; » il en vint néanmoins à bout, et, le diable aidant, il vêtit toute cette racaille à la française, leur donnant à chacune une paire de culottes, des bottes et un képi. L'étoffe était toute neuve, mais de qualité très-inférieure, de façon qu'au i)lus léger coup de vent le képi s'envolait; les bottes s'éculaient au premier pas; et, au travers de la culotte, la chemi;e, dit-on, passait; ce qui était, assurément, un spectacle bien édifiant pour les àmcs pieuses.

Cela n'empêchait pas que les bons Allemands " ouvraient de grands yeux quand ils voyaient revenir leurs idées habillées par » iHi (( tailleur de notre i>ays, et je vous assure qu'ils leur trouvaient fort bonne façon (2}. »

On appela ça le cinquième évangile.

C'était la gibelotte des quatre autres, avec une sauce formidablement allongée, je vous jure.

Les souhaits du patriarche bédouin furent ainsi de beaucoup dépassés. Si les morts rient, il dut joliment rire. Dans tous les cas, les vivants n'ayant aucune raison pour se priver de cette distraction, furent bien divertis par cette mascarade. C'était un vrai évangile de mardi gras.

Et les masques sonnaient de leurs instruments autour de la vieille Jéricho, croyant en faire tomber les murailles.

Mais les murailles ne tombent pas au son des mirlitons, môme de ceux qui se vendent 7 fr. oO c. chez le marchand.

Pour faire honneur à la prière proi)hétique du patriarche bédouin, il y en eut, dans Jéricho, quelques-uns qui prièrent le Renan de se tourner, afin de voir s'il avait encore sa queue.

(J) Ullre au Fi'jaro, v. s. — (2, IJ.

INTRODUCTION. XXW

Et, comme il ne l'avait plus, hclas! ils déclarèrent avec obstination et férocité qu'ils ne consentiraient jamais à faire couper la leur, disant :

« On est trop vilain comme ça. »

D'autres, toujours suscités par le génie bédouinique, prétendaient que le Renan avait l'habitude de se parer du paletot du paon en matière scientifique; ce qui, jusqu'à ce jour, ne s'était jamais vu chez les nabi d'aucun peuple; et ce qui n'était pas décent du tout pour le mirliton en chef de la religion nouvelle.

Ils disaient, — c'était bien ridicule, — que la bonne foi était le premier devoir d'un homme qui se respecte.

Que si ce n'est pas bien de se parer de la montre d' autrui ou de se moucher dans son foulard, ce n'est pas, non plus, très-bienséant de subtiliser ses découvertes.

Us disaient c^u'une religion qui n'aurait que de tels apôtres serait une religion d'emprunts.

Et ils racontaient la fable suivante en langue araméenne, que nous traduisons ici en langue gauloise, pour la plus grande commodité du public.

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