ET DERNIERE
Conclusion ,
Oui, mon cher Eugene , il est encore des goûts et des plaisirs pour la vieillesse ; il est des devoirs et des études qui peuvent, si ce n’est occuper très utilement son activité, du moins l’entretenir, l’intéresser, ou la distraire ; il est des soins et des égards qui peuvent la consoler des succès auxquels il ne lui est plus permis de prétendre, surtout si ces soins et ces égards ont été mérités par un digne emploi des jours de la force et du travail ; il est encore pour elle de tendres affections , fruits heureux de la plus douce et de la plus noble des passions du cœur humain , liens et gages sacrés du plus simple comme du premier bonheur de
la vie , le bonheur domestique. Mais , hélas ! par combien de chances funestes le vieillard même dont la vie fut le plus irréprochable, celui qui semhloit n’avoir rien négligé pour s’assurer ces dernieres ressources de l’humaine destinée avec autant de sagesse que de modération , par combien de chances funestes ne peut-il pas se les voir arracher au moment même où, devenues plus nécessaires à son existence, il avoit aussi le plus d’espoir d’en jouir paisiblement !
Supposons cependant que le sort ou la Providence daigne l’en laisser jouir désormais sans aucune perte, sans aucune altération sensible , et jusqu’au dernier moment dans la plus parfaite tranquillité , le sentiment d’un bonheur si rare et si digne
d’envie pourroit-il lui suffire ?
Plus l’économie de sa vie entière fut sage
et heureuse, plus il en conserve encore de doux souvenirs, plus il lui reste encore