A MADAME L. BRACK
n n'y a pas d'autre diligence en Suède que celle d'Helsingborg et celle d'Upsal. Quand on veut voyager dans les autres parties du royaume, il faut avoir recours à la charrette qu'on appelle Aîarraj etpreàd]*e des chevaux de poste. Cette manière de voyager n'est pas chère, mais elle peut être fort longue et fort incommode. A des distances de cinq à six lieues, on aperçoit sur la grande route une maison en bois avec deux ailes de chaque côté, servant de grange et d'écurie. C'est la poste, ou plutôt l'auberge*. Une fois arrivé là , il faut se dire que la patience est une grande vertu, et saisit cette occasion de la mettre en pratique. Le maître de poste est un personnage important, qui a des champs , des bestiaux , et qui ne se dérange pas volontiers. Le domestique, le holkarl^ est un être d'une nature singulière, qui ne se soucie ni du temps ni de l'heure , qui va tranquillement son chemin et n'a jamais compris à quoi pouvait servir de marcher plus vite une
1. L'organisation de la poste aux chevanx en Suède ne ressemble point à la nôtre. Ce sont les paysans qui sont obligés de fournir chaque jour , chacun selon l'étendue de sa ferme , le nombre de chevaux nécessaires aux voyageurs, et la maison de poste, Tauberge, ou, comme les Suédois l'appellent, le Gàstgifvergârd , n'est que le lieu de rendez- vous où ces chevaux se réunissent.