‹ Lettres sur le NordChapitre 26 sur 40 · Permk&kiôld , Honumenta Vpîandix · texte numérisé non relu

Permk&kiôld , Honumenta Vpîandix

vers le ciel , c'était un signe de succès. Si , m contraire , elle restait comme un nuage suspendu sur la terre, c'était un pronostic de malheurs. Les prêtres exerçaient dans ces occasions une autorité souveraine. Leur parole était écoutée comme un oracle, et leur sentence pouvait faire tomber au pied de l'autel la tête des rois.

Près du temple était la colline où l'on enterrait les guerriers avec leurs armures* Mais les grands de la nation et les riches se faisaient construire des tombeaux particu-» liers , où l'on ensevelissait avec eux ce qu'ils avaient de plus précieux. Niordsson, un des rois d'Upsal, éleva une colline plus haute que toutes celles qui avaient servi à la sépulture de ses prédécesseurs. Il y fit percer trois fenêtres, et, quand il mourut, on ferma l'une de ces fenêtres avec de l'or, la suivante avec de l'argent, la troisième avec du cuivre. C'est dans ces collines sépulcrales , dispersées à travers TUpland, la Scanie, le Séeland, le Jutland et le Holstein, que l'on a trouvé les instruments de guerre, les bracelets de cuivre et les colliers qui ont enrichi les musées de Kiel , de Lund, de Stockholm , et celui de Copenhague, le plus beau de tous.

En 1075, le temple d'Upsal fut détruit par un incendie. 11 n'en resta que les murs. S'il n'avait eu à subir que les ravages du feu, on eût pu le voir reparaître encore avec sa vaste enceinte, -ses mm*aiUes dorées et se$ statues de dieux. Mais c'en était fait des croyances païennes. Les missionnaires anglais avaient apporté en Suède le dogme du christiamsme, et le peuple l'avait adopté. La pierre des sacrifices fut abolie, et le dieu du Valhalla fut chassé de son temple. Aujourd'hui, quand on cherche la vieille ville de Freyr, on aperçoit les trois collines où l'on dit que les dieux Scandinaves ont été enterrés , quelques tertres de gazon moins élevés et rangés à la suite des tombes divines, comme des soldats à la suite de leurs généraux; puis, en face, un cimetière et une église de village. L'humble

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paysan d'Upiand vient s*y prosterner le dimanche, et, à la place où l'on immolait jadis les victimes humaines, le prêtre prêche la loi de charité et de pardon.

Le chapi^ d'Upsal avait d'abord fait de cette église sa métropole; maiseÛe fiit brûlée encore, et, comme le catho^ licisme avait grandi , on résolut de bâtir uoe cathédrale digne du premier diocèse de la Suède« C'était au xur siè* de, dans ce temps où la foi en&ntait des mirades , où les colonnes de pierre, les diapiteaux h âeurs, l^ tours me^ lées s'élânçaieat dans les airs , comme pour port^ au ciel les yœuz d'un peuple. Tout le pays se dévoua k rentre* prise sainte qui lui était proposée, et les papes, qui, du milieu de Rome , veillaient aux intérêts de la chrétienté, les papes vinrent au secours du chsrgé suédois. Boni* face Vin etCl&QC^Qt V accordèrent des indulgences à ceux qui contribueraient à ériger TégUse d'Upsal. Les grands apportèrent leurs offirandes, et le peuple promit de se met* tre à l'œuvre, il ne manquait plus qu'un architecte. On choisit un Fran^cûs. C'est un Français, Etienne de Bo** neuil, qui a bâti la cathédrale d'Upsal. On le fit venir de Paris en 12B7, et il amena avec lui dix compagnons et dix maîtres itex eompaignons et tex baehelers). Dans ce temps* là, les architectes les plus renommés n'avaient pas encore appris, avec l'art de construire des édifices, l'art de s'eajf^ ridûr. Le pauvre Boneuil, appelé en Suède par un clergé métropolitain, n'avait pas assez d'argent pour fedre son voyage et emmener ses compagnons. D^ix étudiaats sué* dois, qui se trouvaient alors à Paris, lui prêtèrent qua-rante livres, qu'il s'engagea à leur rendre sur sa foi de Boneuil , taMieur de pierres , maistre de fœire l'église dVpsaij en Sitèce.

L'église fat commencée à la fin du xm* siècle, et consâr crée en 1435 , en présence des princes, des comtes, des évêques. J'y ai cherché yaincjment quelque trace d'Etienne de Boneuil ; notre compatriote a été plus modeste qu'Ërvin

de Steinbach, Adam Kraft, Pierre Vischer. Il a édifié l'œuvre qui lui était confiée, et n'y a pas placé sa statue et n'y a pas inscrit son nom.

Le style de la cathédrale d'Upsal est remarquable par son élégance et sa simplicité. C'est le vrai style gothique dans sa noblesse et sa majesté primitives, l'ogive toute nue, le faisceau de colonnettes s'élançant librement jusqu'à la voûte. Point de figures emblématiques sur les chapiteaux, point de rosaces aux fenêtres ; partout la ligne pure, correcte, sans entrelacements et sans arabesques. La voûte du milieu est large et élevée , et les arceaux qui la soutiennent sont dessinés avec une grâce parfaite. Les nefs latérales renferment les tombeaux des rois et celui de sainte Brigitte, qui appartenait à l'une des plus anciennes familles de Suède. Dès le xm* siècle, les rois de Suède se faisaient couronner à Upsal ^ Ils revenaient ensuite avec le linceul de la mort dans le temple où ils étaient apparus avec le manteau de la royauté. Ils se couchaient dans leur lit de pierre au pied de l'autel, où ils s'étaient levés le diadème sur la tête. Le catholicisme a été la religion d'humilité par excellence. Il élevait l'homme sur le pavois, mais il lui montrait le tombeau ; il donnait la gloire , mais il la faisait expier. Plusieurs de ces tombeaux sont des monuments d'art curieux. Le roi est là, taillé sur le marbre, le glaive au côté, le globe à la main, comme s'il voulait retenir encore le monde qui lui échappe. Près de lui est sa femme, revêtue de ses habits de reine, toute droite et les mains jointes, comme si elle s'était endormie en priant.

La chapelle qui renferme le tombeau de Gustave Vasa est ornée de peintures à fresque représentant les principales actions de ce héros favori des Suédois. C'est un roman de

1. Ulrique, Éléonore et Christine y furent couronnées, non comme reines, mais comme rois, et c'est dans une des salles du château d'Upsal que Christine abdiqua la couronne.

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roi qui a dû étonner jadis ceux qui l'entendaient raconter. Depuis ce temps, nous en avons eu de plus étranges. Autour de ces tombes de souverains, on aperçoit celles des grands seigneurs qui les ont servis pendant leur vie, et à qui l'étiquette ordonnait peut-être de les suivre après leur mort. Pauvres malheureux courtisans que la mort n'a pas même pu aflfranchir de leur servitude , et qui sont venus prendre dans cette église la place secondaire qu'ils occupaient dans le palais ! Là sont aussi les reliques d'un des anciens rois de la Suède, saint Eric. On les invoquait jadis dans les temps de peste et de contagion. On les portait aux jours de bataille en tète des armées, et on croyait qu'elles devaient effrayer l'ennemi ; on les portait au printemps à travers les champs de blé, et on croyait qu'elles devaient protéger la moisson. Le nom d'Eric les a préservées du vandalisme des iconoclastes ; le sentiment de respect pour la royauté a vécu parmi les Suédois plus longtemps que le catholicisme : ils ont détruit les images qui ornaient leurs églises et les reliques de leurs saints, ils ont conservé celles de leur roi.

Plusieurs faits importants se rattachent encore à l'histoire d'Upsal. C'est là que les rois ont souvent appelé la diète du royaume et convoqué des conciles. C'est là qu'en 1593 une assemblée de vingt-deux théologiens et de trois cent six prêtres, présidée par quatre évèques , proclama solennellement la confession d'Augsbourg. La réforme était ^aite depuis longtemps parmi le peuple, mais elle attendait encore cette sanction.

Il y avait aussi à Upsal, dès le xm* siècle, une école la- ^. Le chapitre métropolitain des autres diocèses y envoyait les jeunes gens qui s'étaient distingués dans leurs premières études, et plusieurs maîtres renommés en Allemagne vinrent tour à tour y enseigner la science du moyen âge. Mais cette science était encore singulièrement restreinte : on apprenait aux élèves le plain-chant, Tof-

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fice religieux et quelques principes de tl^éologié. Les vrais savants suédois 4e ce teiups-Jà ^tai^ut ceux qui avaient puisé à une autj;*e source, ceux qui avaient été inscrits pçLrmi les scholares de notre université ^e France , ceux qu'on appelait les clercs de l^arn. L'une des quatre nations de l'université, la flatipn anglicana^ était divisée en trpis parties. Daus la première étaient coïupris les étudiants d'Angleterre, d'Ecosse et d'irjande ; da^s la seconde, les Hollauçl^is et les Westphaliens ; dans la troisiènae, les bpinmes de la bante Allemagne , et ]^s Danois, Suédois, Norvégiens.

En ^285, un riche Suédois, André And, acheta dans la rue Serpente, à Paps, u^e m^sçm pour ses compatriotes. Plusieurs peysoi\iies H dotèrent^ et l'archevêcjue d'Upsal lui accorda une p^irtie de la dîn^e des pauvrçs. Les élèves étaient là, au nombre de douze, soumis aux mêuies ^istitutiouSi astreint^ îiu même régime. En ^291, un autre iiççt^evèqu^ leur dpuna un r^gleuie^t qui leur prescrit les ruesure^ de discipline auxquelles ils doivent se conformer et les pratiques religieuses qu'ils doivent suivre. Ce règlement coiumence ainsi : « Considérant que l'université de Paris est semblable à un champ fertile oïi Ton recueille leî^ ^pis de la science ; que cette université a pjpduit un grand nombire d'hommes de yertu et de seivoir , dont les qualités heureuses se répandent sur Içs autres, que par là l'homme grossier a ^té ennoWl , l'homme avi cçeur hunable glOififié, frère J[ean, par la miséricorde de Pieu, chef de l'église d'Upsal, déclare, etc. »»

Mais le XY* siècle était venu, apportant avec lui le flambeau d'une époque nouvelle. La science s'était mise eu marche avec, l'imprimerie, et les études dont on s'était coutenté jusqu'alors parurent insuffisantes, L'Allemagne avait fondé plusieurs universités. Le Nprd vpulut suivre spn exemple. Steu Stu^e, régent ^c la Çuède , fouda Tuniversité d'ilpsal en U77 Les opm^encements 4^ cette

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institution ne furent pas heureux. Des troubles politiques, des guerres avec la Russie et le Danemark , ?,bsorbèrent l'attention des grands et du peuple. J^ies pauvres muses se retirèrent en silence derrière leur portique, l'école nais* santé fut oubliée. Quand Gustave Vasa, qui y avait passés cinq ans, monta sur le trto€>, il U prit sous son patronage ; mais tout œ qu'il avait tenté de faire pour elle fut paralysé ou anéanti par uu de s^s successeurs, Jean III. Ce roi avait épousé une princesse catholique de Pologne, Ca.-» therine Jagellop. Il voulut opérer en Suède la même réac^» tion que la reine Marie essayât d'opérer en Angleterre. Û proscrivit le dogme luthérien, et fonda à Stockholm, avec les dotations d'Upsal, un gymnase qui fut plaoé soua la direction des jésuites.

Le beau temps de l'université d'Ups^l commence à Gustave-rAdolphe. Ce fut lui qui la releva de l'état d'abandon où elle était plongée et qui l'enrichit. Il l'avait adoptée comme sa fille ; il lui donna tous ses livres et tous ses hiens, tout le patrimoine des Yasa, c'est-à-dire trois cents pièces de terre et plusieurs prébendes. Dès cette épcn que de régénération, elle a prospéré, elle a grandi, elle est devenue l'une des écoles les plus célèbres et les plus imposantes à^. l'Europe. C'est là qu'a vécu Rud^ beck, l'auteur d'AUanHca; Yerelius le philologue ; Ihre, qui a écrit le glossaire Sveo-gùihicvm ; Celsius, qui accom-' pagna Maupertuis au cap Nord; Thuikberg le botai^iste, Linné et Bergmann, le prédécesseur de Berzélius. Dan$ la salle du consistoire, on conserve religieusement les portraits de tous les bienfaiteurs de l'univeri^ité;, et, dan$ les allées de saules du cimetière d'Ups^l, on rencontre à chaque^ pas une tombe mémorable ou un nom cher à la science. Aujourd'hui encore, il existe à cette université une péuniûn d'hommes qui suffirait pour l'illustrer, ai elle ne l'était depi^s longtemps. Là est Qeiier, historien et poète ; Atterbom, professeur de littérature, Tun des chefs

de la révolution littéraire en Suède ; Svanneberg, qui a déterminé l'arc du méridien en Laponie; Schrôder, quia publié plusieurs dissertations savantes sur rarchéologie suédoise et les antiquités du Nord. Le vice-chancelier de l'université, l'archevêque Wallin, est lui-même un écrivain fort remarquable, un poète distingué.

Il y a ici vingt-six professeurs ordinaires, douze professeurs adjoints , Y'mgt'-cmq prival'docent, L'imiversité est riche; elle paye elle-même toutes ses dépenses. Ses revenus se composent du produit des terres qui lui ont été léguées par Gustave-Adolphe et de l'intérêt de ses capitaux; ils s'élèvent chaque année à 75 000 rixdalers banco (150 000 £r.). Ses biens sont administrés par un intendant, sous la surveillance de deux professeurs qui changent tous les ans. Chaque professeur ordinaire reçoit 200 rixdalers et deux cent vingt-cinq tonnes de grain, àe qui équivaut à peu près à un traitement de 3500 fr. Les professeurs adjoints ne reçoivent que soixante-cinq tonnes de grain. Les privât- docent n'ont que le produit de leurs leçons.

En outre de ces revenus , il faut compter plusieurs legs institués pour des chaires particulières, par exemple pour une chaire de théologie, pour une chaire d'économie politique, etc. Enfin un grand nombre de stipendes sont distribués entre les étudiants. Les stipendes du roi et de l'Ëtat s'élèvent annuellement à la somme de 6300 francs, les stipendes des particuliers à 34 242. Plusieurs fois ces stipendes ont été accordés à des jeunes gens ayant fini leurs études, pour entreprendre au dehors de la Suède des voyages scientifiques.

On compte à Upsal environ huit cent cinquante étudiants, tous Suédois. L'élève qui désire être admis à l'université passe un examen devant la faculté de philosophie et cinq professeurs adjoints. On l'interroge sur les principes élémentaires de la théologie, sur l'histoire, l'histoire

naturelle, la géographie, la logique, les mathématiques, ITiébreu, le grec, le latin, le français, l'allemand. S'il est reçu, il prête serment de fidélité au roi et à la famille royale, et le recteur l'inscrit dans les registres de l'académie; sinon, il lui est permis de rester provisoirement à Tuniversité, mais sous la garantie d'un étudiant déjà immatriculé. Il peut assister aux cours, mais il ne jouit d'aucun des privilèges attribués à l'université.

Les principaux privilèges des étudiants sont d'être exempts de la milice, exempts d'impôts, et de ne reconnaître que la juridiction universitaire à six milles autour d'Upsal.

J'ai retrouvé ici la même organisation académique, les mêmes règles de discipline que j'avais observées à Lund. Les étudiants d'Upsal sont, comme ceux de Lund, divisés en nations ; mais les nations ici sont plus nombreuses et plus riches. Elles ont amassé des capitaux , elles ont acheté des propriétés. Dans une des parties de la ville qu'on appelle le quartier latin, on m'a montré une grande et élégante maison avec une cour, un enclos, un jardin. Elle appartient à la nation de Dalécarlie. Là est ime salle de gymnastique, une salle de conférences, une bibliothèque choisie; là sont réunis les portraits des honmies de la nation qui se sont distingués par leurs travaux ; là les élèves reçoivent leurs journaux, et viennent, à certains jours de la semaine, discuter, lire, ou faire de la musique.

L'université leur offre les moyens d'instruction que l'on ne trouve ordinairement que dans les grandes villes. Il y a ici un cabinet de monnaies et de médailles fort curieux, un musée d'histoire naturelle, un vaste jardin botanique, ^ observatoire, une bibliothèque qui renferme 100 000 volumes* et près de 6000 manuscrits. Cette bibliothèque a

l.Le catalogue des livres imprimés a été publié en 1814, 3 vol. in^*". M. Schrôder a fait celui des manuscrits , et doit aussi le publier.

22S LETTRÉS StTK tB NOHD.

6000 fr. éa rehte. Tous lès éditeurs dé jouiiiaui de Is Suède sont obligés de lui envoyer uù exemplaire de leurs publications. Elle était trop à l'étroit dans Tancieti bâtiment où elle avait d'abord été platée ; le roi vi^t de lui faire construire un vaste et superbe édifice où elle pourra désormais se déployer à son dise» Peu de villes ont une bibliothèque aussi importante j et cependant elle n'est pas ancienne. Elle fut fondée par Gustave-Adolphe et em^ichie parles couvents et les dotts des particuliers. La guerre de Trente ans lui a donné plusieurs livres d'un grand prix. Les officiers suédois qvu allèrent en Allemagne défendre la Réformation étaient, à ce qu'il paraît, très-bons bibliographes et très-déVoués à leur pays. Quand ils trouvaient un ouvrage rare, ils s'en emparaient par le droit de l'épée et le rapportaient en Suède. C'est dé là que proviennent quelques-uns des trésors littéraires de la bibliothèque de Stockholm : la Bible de Luther, annotée à chaque page de sa main même, et une magnifique Bible du xnr siècle, lé plus beau et le plus grand de tous les manuscrits européens S

Mais il est un homme qtii a plus fait pour la bibUothèque d'Dpsal quêtons les officiers et les bibliomanes de la guerre de Trente ans. Son nom doit être inscrit en caractères ineffaçables dans les annales de l'université, et les amis de la science doivent le prononcer avec Vénération : fe'est le comte Gabriel de La Gardie. C'est lui qui a donné à l'université sa riche collection de livres rares , de manuscrits islandais. Il lui a donné l'Ëdda de Snorri Sturleson et le

1. Ce manuscrit à deui pieds et demi dé longueur. Il renferme, outre la Bible, diffé;%nt6a prières et des formules d'ezordsme. La chronique rapporte qu'un moine condamné à mort pour avoir violé les lois de son ordre s'engagea à écrire toute la Èible en une nuit , si on voulait lui faire grâce. îï s'enferma dans une chambre et appela le diable à son secours. Le diable , qui est toujours prêt à prendre les &mes crédules qui veulent bien s'abandonner à lui , accourut aussitôt, écrivit l'énorme volume du soir au matin, et, quand le jour parut, emporta lé moine en enfer.

Codex argenteus. Pendant plusieurs siècles, le Codex argenleus resta oublié dans une bibliothèque de moines. A l'époque de la guerre de Trente ans, il fut transporté à Prague et tomba entre les mains du feld-maréchal Kônigsmark, qui l'offrit à la reine Christine. La reine, qui aurait probablement mieux aimé un livre latin, le donna à son bibliothécaire Isaac Vossius. Vossius l'emporta en Hollande, et en 1 662 Puffendorf l'acheta au nom du comte de La Gardie pour une somme de 40Ô rix. b. (èOO fr.). Le comte le fit revêtir d'une magnifique reliure en argent, et le donna en 1669 à l'université.

Ce manuscrit renferme, comme on sait, les quatre Évangiles traduits par Ulphilas en langue mésogothique. C'est un in-4* en parchemin viblet. Le texte est écrit en lettres capitales d'argent, et les citations de TAncien Testament en lettres d'or. Les caractères ont été en partie effacés par le temps ; on ne les distingue qu'en tournant le livre au jour. Une colonnade à pléin-cintré orne le bas de chaque page. L'ouvrage est incomplet; il compieiice au chapitre v de saint Matthieu, et finit à ââiht Jean, chapitre nx. Mais c'est le monument le plus ancien et le plus considérable qui nous reste de lalatigue mésogothique. La traduction fut faite au IV* siècle, et ce manuiscrit date du VI». J*ai vu à Paris Un bibliographe se découvrir là tète et s*incliner respectueusement devant le Code théodosieri, à la vente de la bibliothèque de Roshy ; si jamais ce bibUomane est venu à Upsal, il a dû se mettre à genoux, les mains jointes, devant le Codex argenteus.

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