VI PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION
derrière moi la côte d'Ystad , je répétais cet adieu du poète :
Farvai , i fiâllar, Der âran bor I blàa sjoar Jay k'ânt sa vâl , I sk'âr oeh oar Farvâl, farvâl. ^
Adieu, montagnes où l'honneur habite, lacs bleus que je connais bien, ties et rochers, adieu, adieu.
Ces lettres ne sont donc que l'expression d'une pensée sincère. Je les écrivais çà et là à mesure que j'entrais dans une nouvelle contrée , ou que je m'arrêtais dans un lieu intéressant , et je les adressais de loin à ceux qui , de loin , m'accordaient ou un affectueux ou un bienveillant souvenir. En les réimprimant, je n'ai point voulu changer la forme spontanée qu'elles ont reçue sous l'impression locale qui me les dictait , ni chercher à les renouer l'une à l'autre par un lien factice. Je ne les donne d'ailleurs au public que dans l'espoir de l'intéresser, par ce rapide tableau des contrées septentrionales , à une œuvre plus étendue et plus sérieuse , qui réunira aux dessins de MM. Mayer, Lauvergne , Giraud , les observations scientifiques des autres membres de notre expédition , et sera tout à la fois le pendant et le complément du voyage en Islande qui se publie en ce moment sous la direction de M. Gaimard.
En terminant cet avant-propos , j'éprouve le besoin