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A tm quart de lieue de Hambourg s'âèye Altosa. Le drapeau danois sépare les deux cités, mais les relations de commerce les réunissent. Il n^y a entre elles ni douane ai octroi. Elles sont liées par Fintérét, dles se rapprodient diaqae année par la construction de quelque nouvel édi* fice. Biles se touchent presque maintenant, et Tune ne s^a bientôt que la continuation de l'autre. Les négociants d'Aïtona n*ont point de Bourse à eux : ils viennent à Hambourg traiter leurs affaires , ils sont membres de la Borsenballe ; oû ks regarde ici comme des concitoyens ; n'était leur titre de Danois , on en ferait volontiers des sénateurs , voire même des syndics. Altona est bâtie au bord de l'Blbe ; les navires s'arrêtent au pied des maisons le long de la côte : quelques faisceaux de poutres les protègent; c'est un port formé naturellement, et pour lequel la science de l'architecte n'a rien fait. Il en est de même à Hambourg : il n'y a là ni bassin de pierre , ni quai , ni digue ; seulement qodques piliers de bois, une palissade en planches, et des miniers de navires y affluent toute l'année.
Altona , la capitale du Holstein , la seconde ville du royaume de Danemark , renferme environ trente mille ha« bitants. On ne trouve pas là le même mouvement, la même agitation commerciale qu'à Hambourg ; mais c'est une ville attrayante , bien bitie , habitée par de riches négociants. La rue de PallmaU peut être comparée aux plus beaux quartiers de nos plus belles villes de France. Elle a été construite en grande partie par un riche armateur, M. Bauer, qui par ses vastes relations a beaucoup contribué à la prospérité de sa ville natale.
A côté d' Altona est le village d'Ottensen. Ceux qui aiment la poésie vont là en pèlerinage saluer le tombeau de Klopstock; le chantre de la Messiade est enterré au pied de l'église. Sa femme lui a fait élever un monument , puis elle est venue se placer à côté de lui, et son frère et ses neveux reposent dans la même enceinte. Quelques fleurs
décorent le dernier asile du poète, et un tilleul majestueux l'entoure de ses longs rameaux. Je visitais cette tombe dans les premiers jours de mai. Le gazon qui la recouvre avait reverdi; les marguerites blanches, les violettes des champs qui la parsèment commençaient à s'épanouir. Le vieux tilleul avait repris son feuillage , et le long de ses rameaux quelques bourgeons pareils à ceux des orangers s'ouvraient déjà au vent du matin. Un rayon de soleil éclairait la belle figure de vierge qui s'élève au-dessus du monmnent de Klopstock. L'hirondelle , rasant le sol , s'en allait chercher un peu de terre pour bâtir son nid, et à quelques pas de là une linotte chantait sur une oroix. J'étais seul, je me penchai avec recueillement sur la balustrade qui entoure la tombe du poète, et dans ce réveil de la nature , dans ce printemps épanoui sur une tombe , dans ces rayons de soleil éclairant un grand nom, il me semblait voir une image de l'étemelle jeunesse, de l'éternelle gloire de la poésie, c'est-à-dire de la pensée humaine dans son plus haut essor et sa plus noble expression. Un homme s'approcha de moi , un vieillard ; il me parla de Klopstock , de sa famille qu'il avait connue , de ses vers qu'il avait appris par cœur. Puis il me tendit la main, et je lui donnai quelques schellings, heiureux de payer ce dernier tribut à la mémoire de celui dont les œuvres m'avaient souvent causé tant de joie , heureux de trouver dans ce village du Nord un homme qui demandait un acte de bienfaisance au nom de la poésie, comme ailleurs on le demande au nom d'une sainte.
LUBEGK.