TOISON -D'OR ET SA FAMILLE
procès-verbaux des principaux chapitres de la Toison-d'Or tenus pendant qu'il en était roi d'armes. Ces procès-verbaux sont conservés dans le manuscrit n° 8447 de la bibliothèque impériale. On attribue aussi à Saint-Rémy, non sans quelque fondement, un traité des hérauts d'armes dont Du Cange cite un fragment dans son glossaire, et qui existe à la bibliothèque de la rue de Richelieu sous le n° 7905, 2, du fond Baluze. Le même volume contient encore un traité de blason dont Saint-Rémy se déclare l'auteur. Ces divers morceaux n'ont jamais été imprimés.
Jeau Le Febvre de Saint-Rémy avait épousé Marguerite de Pierrecourt et il eut d'elle Jean, qui suit, Nicolas, mort sans postérité, et une fille dont le prénom est inconnu : elle s'allia à M. de Machy, seigneur de Prouville.
Jean Le Febvre, écuyer, seigneur de Saint-Rémy, Heudelimont, Guisny, La Vacquerie, Blencourt et Vincheneul, surnommé Le Galois et Toison-d'Or, figure dans tous les actes sous le nom de Saint- Rémy : celui de Le Febvre, à partir de lui, disparait pour toujours de l'état civil de la famille, et cet usage, fort peu usité alors, a prévalu chez tous ses descendants. Jean était élu en Ponthieu, dès 1452, et il rechercha le poste de lieutenant du capitaine d'Abbeville : le 22 février 1464, le conseil de ville refusa de souscrire à sa demande en se fondant sur ce qu'il n'était pas bourgeois, et il donna avis de son refus au sénéchal de Ponthieu qui se
trouvait à Bruxelles. Le sénéchal intervint et, le 43 mars suivant, Saint-Hémy fut installé dans ses nouvelles fonctions. Il faut bien reconnaître ici l'influence de son père. — On ne comprend pas la difficulté qu'il faisait de se laisser agréger au corps de la bourgeoisie. La qualité de bourgeois, à Abbeville notamment, n'excluait aucunement la noblesse. « On trouve, — dit dom Caffiaux dans le discours préliminaire de son Trésor généalogique, — des titres où les personnes dont la noblesse est bien constatée, qui après avoir pris le titre d'écuyer ou de chevalier, ne prennent plus que celui de bourgeois. Il y a des états où toute autre qualification que celle de bourgeois est interdite dans les actes publics. Ces bourgeois en sont-ils moins nobles? Il y avait même alors des avantages considérables attachés à la bourgeoisie qui pouvaient tenter des gentilshommes. » A l'appui de ce que dit le savant bénédictin, ne voyons-nous pas Philippe de Queux, Firmin Le Flameng, Jean Malicorne, Claude Faffelin, Firmin de Cromont, Pierre Lenganeur, Jean et Pierre Roussel, bourgeois d'Abeville, tous anoblis de 1387 à 1391, conserver partout la qualification de bourgeois au lieu de celle d'écuyers à laquelle ils avaient droit, et cela tant qu'ils appartinrent à la magistrature municipale ? Le 24 août 4 459, on venait de renouveler cette antique loi de Téchevinage : « N'entrera pas dans l'échevinage et n'en occupera pas les places tout noble ou privilégié qui ne seroit pas reçu