ME ET DERNIÈRE LETTRE
Londres, le a5 septembre 1826.
Monsieur.
Après avoir, dans les deux précédentes lettres, présenté les traits principaux du nouveau plan social de M. Owen , l’exposé des motifs qui y ont conduit, ainsi que l’historique des tentatives faites jusqu’à ce jour pour le mettre à exécution , il ne me reste plus qu’à examiner les objections qui peuvent s’élever soit contre la possibilité d’établir un tel système, soit contre ses effets dans le cas où il sera possible de le mettre en pratique.
dans certaines hypothèses qui ne sont pas impossibles. »
Secondement, je ne puis regarder comme plus décisif l’argument tiré de ce que les communautés , dont on a vu des exemples , n’ont jamais existé avec toutes les conditions du système actuellement proposé, et indépendamment de quelque motif particulier, tel que celui d’une croyance religieuse qui en formait tout le lien ; car je pense, tout au contraire, que c’est précisément parce que ces communautés n’avaient pas entièrement adopté les vrais principes sociaux, et surtout parce qu’elles étaient entachées de l’esprit de secte, qui est toujours exclusif, qu’elles n’ont pu durer plus long-temps, ou influer davantage sur le sort général de leurs semblables; car tout est lié dans la machine sociale aussi bien que dans une machine mécanique, et l’omission d’un rouage nécessaire ou le vice d’un des rouages existans nuit aussi bien à l’une qu’à l’autre; mais qu’on suppose des sociétés entièrement formées sur le plan de M. Owen, plan qui me semble admettre toutes les conditions de la sociabilité, et tout porte à croire qu’une fois établies elles le se-
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raient d’une manière inébranlable, et s’étendraient sans beaucoup de peine au reste de la grande famille humaine.
Je conviendrai moi-même que les premiers établissemens de ce genre me semblent sujets à des difficultés, surtout dans les pays où les véritables idées sociales sont encore trop en arrière. Je pense que, même dans les pays les plus avancés de l’Europe , on peut encore avoir beaucoup d’obstacles à surmonter , soit de la part des gouvernemens ou des classes privilégiées, tant que tous les membres de la société n’auront pas vu qu’il s’agit du bonheur de tous, soit de la part des individus même qui voudraient entrer dans le système avec la persuasion de son excellence, mais qui n’auraient pu se dépouiller assez de certains préjugés, et de leurs ancienneshabitudes vicieuses. Cependant, en l’état actuel des idées etdes choses, je pense qu’il y a beaucoup à espérer ; nous sommes dans une de ces grandes époques de transition sociale , où tous les élémens sont disposés à une transformation, où tous les esprits tendent, même à leur insu, à de grands changemens, où tout le monde sent que la société n’est pas assise sur
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première série ïi 'abjections.
Des objections relatives à la supposition d’impossibilité dans î application du système.